La dernière destruction du temple

En 70 après Jésus Christ, l’armée de l’empereur romain Titus détruisit le temple de Jérusalem. Les juifs estiment que cet acte est le point de départ de leur diaspora en Europe et en Afrique du Nord. Les conséquences de cet événement sont toutefois contestées par certains historiens, en particulier au sein de la communauté juive, qui soulèvent qu’à l’époque, des communautés juives existaient déjà tout autour du pourtour méditerranéen.

Une fois l’effroi passé et les morts enterrés, on pourra se poser la question de ce que représente le carnage de ce début d’octobre 2023.

Bien entendu, on essaiera de comprendre comment un Etat sensé disposer des meilleurs services secrets du monde a-t-il pu laisser agir ainsi le Hamas. Les fake news qui n’ont pas tardé à inonder la toile insinuant qu’Israël avait laissé faire en disent long sur l’état d’incompréhension générale fasse à la survenance d’un tel événement.

On se demande ce que peut gagner le Hamas avec cette action. Au premier regard, on pourrait penser « pas grand-chose ». La répression d’Israël sera certainement toute aussi violente et sanglante. Au pays des tables de la loi, la loi du talion est encore de mise.

Pour comprendre ce que peut gagner le Hamas, il faut regarder au-delà de l’horreur du moment. Comme pour tout acte terroriste, le message n’est pas adressé aux victimes mais aux survivants.

Je ne pense pas seulement au camouflet reçu par l’administration Netanyahu, mais à un message adressé à tous les juifs présents en Israël et aussi à ceux de la diaspora.

En 1948, lors de la création de l’Etat, la destruction de 70 était dans la tête des premiers Israéliens : après presque 19 siècles d’errance au cours desquels il fût persécuté, le peuple juif retrouvait enfin la mère patrie, un havre de paix où tous les juifs du monde pourraient vivre librement. Depuis le 7 octobre, on peut se demander ce qu’est devenu ce havre de paix et s’il n’est pas aujourd’hui l’endroit du monde où les juifs ont le plus de risques de trouver la mort.

Qu’adviendra-t-il maintenant, une nouvelle diaspora ?

On devine la suite. Un déséquilibre démographique énorme entre la Palestine et Israël très défavorable à l’état juif en dehors des ultra-nationalistes qui font beaucoup d’enfants. On peut parier sur une fuite continue des Israéliens modérés ayant les moyens de s’implanter en occident. Trois hypothèses : La disparition de l’Etat juif qui semble peu probable compte tenu de sa supériorité technologique et du soutien des Etats-Unis, la création d’un Etat palestinien distinct d’Israël semble beaucoup plus probable ou, soyons fou, la création d’un Etat unique qui regrouperait juifs et musulmans. Rien n’est impossible, l’Ukraine a bien aujourd’hui un président juif et un premier ministre musulman.

En France, les jeunes juifs ont aujourd’hui moins peur du RN que de LFI. Bien entendu, il y a un fond d’antisémitisme dont le RN ne se débarrassera jamais mais la Shoah commence heureusement à s’éloigner, un temps qui a concerné leurs grands-parents et arrières grands-parents alors que l’antisémitisme de la France Insoumise est visible au quotidien sans parler de Zemmour qui est venu brouiller les cartes.

Quoi qu’il en soit, il semblerait que l’idéologie qui motivait les premiers israéliens doive aujourd’hui évoluer. Il est peut-être temps de repenser Israël.

Edouard

Yahvé, Dieu et Allah

J’aime bien écrire sur la religion. Il est vrai cependant que quand je parle de religions, je parle surtout des trois monothéismes. Bien entendu, loin de moi l’idée de minorer les autres religions mais, compte tenu de ma subjectivité culturelle, elles sont plus difficiles d’accès pour moi. Et puis, sur un blog dédié aux livres et à l’écriture, il est normal que je m’intéresse tout particulièrement à un livre dont l’effet en occident aura été pour le moins spectaculaire.
Mes articles qui évoquent la religion sont aussi les plus lus, les plus likés et les plus commentés. .
La première partie introductive regroupe des posts qui s’attachent au phénomène religieux pris dans sa globalité. J’ai ensuite décidé de classer les religions selon un ordre chronologique en fonction de leur apparition historique avec donc le judaïsme en premier, le christianisme en second et l’islam en troisième.
Comme vous le verrez si vous vous aventurez dans la lecture de ces textes, ils concernent bien souvent plus d’une religion et parfois même les trois. Dans ce cas, j’ai pris l’initiative de classer l’article dans la partie concernant la religion la plus ancienne. Par exemple « le chat du Rabbin » qui parle des communautés juives d’Afrique du Nord évoque souvent la communauté musulmane et, dans une moindre mesure, la communauté chrétienne. Comme la religion juive est la plus ancienne des trois, j’ai mis « le chat du rabbin » dans « judaïsme ». A l’intérieur de chaque partie, les articles apparaissent selon leur ordre chronologique de publication, du plus récent au plus ancien.
Les habitués du blog le savent, j’ai pris l’habitude depuis quelques années de visiter différentes villes occidentales à la recherche d’une identité culturelle européenne. Le phénomène religieux est une constante et on ne peut comprendre l’Europe qu’en étant convaincu de la relativité du phénomène religieux. Il n’y a pas de religion qui oppresse plus qu’une autre. La religion qui oppresse est toujours celle du pouvoir dominant et ce qui est vrai à Dublin ne l’est plus à Prague. À part à Séville, je n’ai pas trouvé beaucoup de traces de l’islam alors qu’elles auraient pu être présentes à Athènes et Budapest.
Ne nous leurrons pas, le sarrasin n’était pas considéré par les Occidentaux comme un grand copain et l’islamophobie est fixée dans l’ADN des Européens, même si cela ne se manifeste pas forcément. Heureusement, aujourd’hui, tout le monde sait qu’à plus ou moins brève échéance, il ne sera plus impossible de modifier un génome.
C’est notre challenge à tous de construire aujourd’hui une France laïque dans une société  qui n’est plus celle de 1905, exclusivement chrétienne. Depuis les années 60, la France est postcoloniale. Les indigènes sont devenus des immigrés et les enfants de leurs enfants peinent parfois aujourd’hui à trouver leur place. À eux de le dire pacifiquement sans être fermés au dialogue. Ils seront écoutés et ils trouveront leur place.
Édouard