La faille souterraine

La série d’enquêtes du commissaire Wallander a séduit de nombreux lecteurs
Pour l’auteur, sa série est ‘le roman de l’inquiétude suédoise’.
Après le dernier épisode, l’auteur s’est amusé à imaginer les premiers pas de Wallander dans la police.
En six histoires, il schématise son personnage, avec déjà ses qualités et ses défauts.
Un travail d’archéologue sur un personnage fictif, un beau travail de mémoire. Amitiés Scandinaves,
Guy.

Henning Mankell – Seuil

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Sept histoires qui reviennent de loin

L’auteur a ramené de son passé de médecin, d’humanitaire, de diplomate, ces petites histoires parfois drôles, parfois tragiques, émouvantes toujours. De façon étonnante, en feuilletant le livre quelques semaines après la lecture, les destins des personnages reviennent facilement en mémoire, comme de bons moments de fraternité.
Amitiés partagées,
Guy
J.C. Rufin –
Folio – 184 p.

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La mort à Venise

Un écrivain vieillissant se rend à Venise, et tombe sous le charme d’un éphèbe de 14 ans qui séjourne dans le même hôtel que lui. Une épidémie de choléra règne en ville et finira par emporter le vieux poète.
Me souvenant du film homonyme de Visconti avec la musique lancinante de Mahler, j’ai retrouvé le même pouvoir hypnotique chez Thomas Mann.
Par moment – misère – le style ferait penser à Marcel Proust. Le style de Thomas Mann est tarabiscoté, les phrases sont malgré tout suffisamment brèves pour ne pas en avoir oublié le début quand on arrive au bout.
Tout cela est fort beau, par moments (emm…) ennuyeux.
La deuxième histoire se passe dans un sanatorium, et raconte la maladie d’une pianiste vivant avec un rustre en essayant de se convaincre qu’elle est heureuse. Un fort beau cas d’hystérie, qui se terminera mal.
La troisième histoire finit près d’un cimetière.
Trois nouvelles donc, pas très folichonnes, qui ne me donnent pas trop envie de lire la montagne Magique, un énorme boulet du même Thomas Mann.
Amitiés essoufflées,
Guy
Thomas Mann
Poche – 189 p.

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Coupables

Quinze (15) nouvelles en 187 pages.
L’auteur est né en 1964 au pays qui inventa le ‘Blitzkrieg’. Son style d’une efficacité redoutable fait mouche à tous les coups. Les histoires défilent au pas de l’oie. Encore des comparaisons militaires?
À dire vrai, on a froid dans le dos en lisant: un viol collectif, des rites sataniques dans un internat, l’assassinat d’un sadique, un couple dans un sauna avec l’irruption d’un étranger qui (la suite dans le livre). Aucun des personnages n’est innocent, mais tous bénéficient de circonstances atténuantes. Ou aggravantes.
Monsieur von Schirach nous a déjà troublé avec ‘Crimes’, un autre recueil incendiaire, et un court roman ‘L’affaire Collini’, inédit en français à ma connaissance.
Voir http://www.tdg.ch/15592237/print.html
Amitiés frissonnantes,
Guy
Ferdinand von Schirach
Gallimard – 187 p.

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Alice

Une voix nouvelle dans la littérature allemande.
Cinq nouvelles autour du thème de la mort. Avec des moyens d’une simplicité émouvante, Judith Hermann arrive à saisir le côté irrémédiable de ces départs, prévisibles et pourtant chaque fois différents. La vie quotidienne prend une autre tonalité, la vie continue, on ne pleure pas, on subit, on survit.
Un envoûtement en mineur. Une petite musique qui ne s’oublie pas.
Amitiés endeuillées,
Guy
Judith Hermann – Albin Michel – 180 p.

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Les Jeux de la nuit

Trois longues nouvelles:
La fille du fermier Sarah, violée à 15 ans, deviendra prédatrice afin de se venger .
Chien Brun, petit délinquant exilé à Toronto, rejoint clandestinement les États-Unis.
Les jeux de la nuit, une formidable histoire de loup-garou (lycanthrope en termes savants).
Le jeune Samuel, fils de deux universitaires américains, devient absolument incontrôlable les nuits de pleine lune.
Sa puberté précoce fait de lui un authentique prédateur sexuel. Ses crises de violence incoercibles le forcent à prendre des sédatifs deux jours par mois.
À l’origine des symptômes, une agression par un colibri(!), et une morsure infligée par un louveteau.
Jim Harrison s’est emparé de ce thème mythologique, et en fait une histoire hallucinante, d’une intelligence rare.
La vie dans la nature, la bestialité (dans le sens générique) des humains, la vie en société, le vécu de la différence, tout cela avec une vitalité époustouflante, m’a convaincu que Jim Harrison est et restera un géant de la littérature américaine.
Une amie lectrice eut un jour l’occasion de rencontrer cet auteur lors d’un salon du
livre.
Elle fut profondément déçue par la grossièreté et le côté ours mal léché de l’écrivain.
Peut-être est-il rougarou acadien?
Si nous voulons bien connaître un auteur, lisons ses livres 😉
Amitiés anthropomorphes,
Guy.
Jim Harrison – Flammarion – 334 p.

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Douze contes vagabonds

En ces temps de prix Nobel de littérature, un petit retour à celui de 1982.
Douze petits bijoux, travaillés et retravaillés par ce Colombien vagabond et cosmopolite.
Il promène le lecteur de Genève à Naples, à Paris, Barcelone, avec toujours ce regard d’enfant fasciné par la magie du monde. Dans chacun de ses livres, on retrouve le réalisme magique qui ressemble à une marque de fabrique des Caraïbes.
Un travail d’orfèvre.
Amitiés joaillières,
Guy.
Gabriel Garcia Marquez – Poche

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Les contes de la folie ordinaire

Titre original: Erections, ejaculations, exhibitions and general tales of ordinary madness.

Bukowski (1920-1994) eut son heure de célébrité en France lorsque, invité par Bernard Pivot à Apostrophes, il se présenta avec ses bouteilles de Chardonnay qu’il but au goulot, avant de se mettre à lutiner une des dames présentes au débat. Cette goujaterie se retrouve dans ce livre. Grossier, vulgaire, macho, il n’est heureusement pas que cela. On trouve ici un véritable écrivain, parlant des plaies de sa société, décrivant un monde de miséreux et de paumés. Alcool, sexe, courses de chevaux, écrivains ratés…Pour peu que l’on passe au-dessus de ses prétendues audaces (on a vu pire avec moins de talent), on peut passer un moment agréable, et même rigoler (jaune) par moments.

Ce drôle de bonhomme a fait graver sur sa tombe: ‘Don’t try’

Amitiés provocatrices,

Guy

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ZORN

Le billet d’aujourd’hui se situe à la charnière entre plusieurs rubriques du blog. Ne sachant à laquelle le rattacher, mes visiteurs le trouveront dans « blog », « nouvelles » et « psy ».

Certains d’entre vous ont peut-être cliqué sur le lien « zornproject » dans la colonne de droite.
Il s’agit d’un site dont j’ai eu connaissance il y a environ deux ans qui publie des nouvelles qui tournent autour de la schizophrénie. Le sujet m’intéresse et j’ai plusieurs fois tenté l’exercice, sans beaucoup de succès. J’avais même acheté un petit bouquin qui était censé vulgariser la chose, mais qui ne me parlait pas beaucoup.

Il se trouve que cette semaine, ZORNproject a proposé en téléchargement gratuit un petit recueil de 13 nouvelles que j’ai dévorées en quelques heures.

Les deux premières sont assez académiques, dans des styles grand public. Dans la première, une intrigue à la docteur Jekyll et myster Hyde et dans la deuxième, une histoire de folie douce.

Avec les n° 3 et 4 et 6, on monte d’un cran et on passe à l’aspect autodestructeur de la maladie.

La nouvelle 5 aborde le thème de l’impact de la maladie pour les proches. Thème qui sera développé dans les nouvelles 7 et 8. La nouvelle 7 évoque aussi rapidement la question de l’incarcération des schizophrènes « dangereux ».

La n°9 s’attache à la perception du schizophrène « léger » par l’homme de la rue. Elle a des accents d’ « éléphant man » et me touche tout particulièrement.

Les nouvelles 10 et 11 décrivent la schizophrénie sous un angle poétique : j’ai du mal à accrocher.

La n° 12 revient sur l’autodestruction, mais fait aussi un focus sur la difficulté que peut avoir l’entourage proche à percevoir et accepter la maladie.

La dernière nouvelle est écrite à quatre mains par une schizophrène (ce n’est pas celle qui m’a le plus marqué).

Bref, à l’issue de ma lecture, j’ai l’impression de cerner un peu mieux cette pathologie aussi célèbre que difficile à comprendre. Tous ne sont pas dans des hôpitaux psychiatriques ou dans des quartiers de haute sécurité. Souffrent-ils tous de leur maladie ? Peut être pas, mais il n’y a pas de témoignage dans ces nouvelles d’un schizophrène à l’aise dans ses baskets…

Qu’est-ce finalement ? La perception de plusieurs réalités en même temps. Ne sommes-nous pas tous un peu schizophrènes ? N’est-ce pas le propre de l’homme et en particulier de l’artiste de chercher une autre réalité ? Beaucoup de nouvelles mettent en scène des écrivains. Je ne pense pas qu’on devienne schizophrène en écrivant, mais peut-être que beaucoup de schizophrènes trouvent un salut dans l’écriture. Peut-être suis-je schizophrène sans le savoir.

Edouard

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