Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils

« Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine durant des mois, il en vient à découvrir qui est le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît hautement suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix, Antonio et sa femme, Sylvia, Jean-Pierre, l’assassin et son épouse, Christine se noue un ballet macabre sur le thème de la justice personnelle, au rythme crescendo d’une question qui fera basculer leur destin à tous : qui Antonio tuera-t-il ce soir ? »
Régulièrement, une page est dédiée à la préparation du meurtre qui nous raconte en détail… dans le désordre, ce que fait Antonio, « ce soir-là ». Tous les personnages sont caricaturés : le macho qui a toujours une bonne excuse, la Portugaise bornée qui, pire qu’une Corse, demande « vingince ! » inlassablement, la frustrée chipie et aigrie (normal puisqu’elle est l’épouse du macho), le chômeur vinifié et loqueteux, sans oublier le père manœuvre et manœuvré. Tout ce qui est prévu pour entretenir le suspense m’a paru mièvre et exagéré au point que l’auteur est totalement passé à côté du mystère requis.
Oserais-je dévoiler la fin qui est laissée à l’imagination du lecteur.
Donc, une fois de plus, nous pourrions échanger sur notre vision optimiste ou négative de la fin.
À vous de voir si cela en vaut la peine.
La Martine écœurée
EXPERT Jacques

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Cyanure

Quelques jours avant Noël, une famille de riches industriels suédois se retrouve sur une île. Le patriarche passe l’arme à gauche après avoir tiré les oreilles de ses enfants et petits-enfants. Tout ce petit monde doit rester sur place pour cause de météo : le policier Martin Molin qui devait être présenté à la famille par sa fiancée mène l’enquête.

Défi ambitieux de vouloir nous transporter avec un scénario de base aussi académique. Depuis Stieg Larsson, les familles de riches industriels suédois n’impressionnent plus grand monde et en matière de huis clos policiers, le filon est épuisé depuis longtemps (Agatha, on t’a reconnue). C’est donc un « who done it » classique avec les sempiternels interrogatoires individuels des coupables potentiels…à la page 67, j’avais deviné la fin. Il faut dire qu’à force de bouffer du polar, je développe des capacités extra-lucides. J’ai tout de même continué ma lecture en espérant avoir fait fausse route. Il y a à un moment une très belle description du sentiment affectif d’une mère pour son fils, mais malheureusement, ça n’a rien à voir avec le crime.

Finalement, il faut lire ce petit roman à la lueur du quatrième de couverture. Camilla Läckberg est visiblement un auteur reconnu dans l’univers du polar qui a créé le personnage d’Erica Falck (jamais entendu parler). Il faudrait comprendre cette histoire comme un extra pour les fans.

Le quatrième de couverture s’adresse d’ailleurs aux fans en précisant que Martin Molin est un collègue de Patrick Hederström sans doute bien connu des chères têtes blondes suédoises.

Pour faire un bon polar il aurait fallu :
– un bon enquêteur. Bon, si les auteurs de polars pouvaient nous servir autre chose que des quinquagénaires divorcés, dépressifs et alcooliques avec une fille droguée, on ne s’en porterait pas plus mal, mais au moins, ça leur donne un peu d’épaisseur. Là, Martin Molin (quel nom pourri, mais peut être que prononcé à la suédoise, ça rend mieux) est plus fade qu’une assiette de pâtes sans sel ;
– Une bonne intrigue. Bon, il ne faut pas rêver, on ne peut pas éternellement innover, surtout dans les huis clos de 135 pages. Ce n’est pas pour moi l’élément essentiel.
– Un bon univers avec la vie du pays, du QG (commissariat, journal, agence…), la vie privée de l’enquêteur, ses petits travers, ses obsessions. En ce moment, j’aime bien l’univers d’Erlendur, en partie parce que je connais pas bien l’Islande, mais aussi à cause du parfum onirique qu’on y respire. Là on se dit « mouais, ça reste du sous-millénium ».

Edouard

 Camilla Läckberg

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Le chien des Baskerville

Mystère dans la lande anglaise.
Sir Baskerville meurt dans des conditions étranges.
Son héritier fait appel à Sherlock Holmes et son inséparable comparse, le Dr Watson
On rencontre un chien gigantesque, un manoir lugubre géré par un majordome étrange.
Les nuits sont noires, l’assassin machiavélique.
Un modèle du genre.
Amitiés spectrales,
Guy
Arthur Conan Doyle – Poche

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La nuit du carrefour

Un des tout premiers Maigret, un des huit (!) romans écrits par Simenon en 1931.
C’était le temps où les voitures cornaient, où l’on payait en bank-notes, où le téléphone ne fonctionnait pas entre midi et 14 heures. Les voitures fonçaient à 80 kilomètres à l’heure sur les routes nationales.
Et pourtant, ce texte reste étonnamment moderne.
L’intrigue est bien ficelée, les personnages sont plus vrais que nature.
Comme on comprend les responsables de la Pléiade d’y avoir admis Simenon,
Amitiés enquêteuses,
Guy

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Inferno

Le mouvement brownien existe 😉
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_brownien
On peut se demander si Dan Brown se fout du monde dans ce ‘page turner’ invraisemblable.
Grand bien lui fasse: voilà au moins une retraite confortable assurée.
http://fr.wiktionary.org/wiki/se_faire_des_couilles_en_or
Tout le monde s’agite de la première à la dernière page.
L’alibi culturel y est: le lecteur visite Florence, Venise et Istanbul.
Si on vous prête le livre, ou si vous disposez de l’édition électronique – piratée si possible – jetez-y un œil.
Cela vous donnera peut-être envie de retourner en Toscane.
Amitiés gigoteuses,
Guy

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Fausses pistes

« Modeste fonctionnaire de la municipalité de Nottingham, Peter Williams mène une vie fade et sans passion.
Sa vie tout entière va basculer le jour où une jeune femme qu’il côtoie tous les jours (sans lui adresser la parole) dans le bus perd son journal intime. Peter s’en empare et, dès lors, la vie de Sophie n’a plus de secrets pour lui.
Le jour même, la propriétaire du cahier disparaît et la police commence son enquête. »
Mais qu’ont-ils tous ces gens à jouer les fouilles merde en se mêlant de ce qui ne les regarde pas ? D’autant que ça finit par leur retomber sur le nez.
Une vie fade et sans passion, je me suis ennuyée. Celle de Sophie n’est pas mieux. Tous deux ont en commun de ne jamais savoir quoi faire, de prendre de grandes décisions et de faire le contraire ou de choisir la fuite.
Sa vie chamboulée avec toutes ces fausses pistes devient complètement paranoïaque. Comment connaître la vérité s’il en change toutes les 10 pages ? Je n’ai même pas compris la fin.
Bien évidemment : « Un premier roman étonnamment maîtrisé, salué par la critique d’outre-Manche, qui marque la naissance d’un nouveau talent : C. L. n’a pas encore 30 ans, mais à l’évidence, un brillant avenir devant elle. » Dans le fouilli ».
Encore un auteur A N P L (à ne pas lire)
Qu’est-ce que j’ingurgite sous prétexte que l’été est chaud et le neurone en bouillie !
La Martine anesthésiée
LITTLEFORD Claire
Sang d’encre, 2003 (2003), 292 p

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Un avion sans elle

Prix 2012 – Maison de la Presse
Comment faire confiance à la Presse !!!
Un avion se crashe sur le Mont Terrible (déjà, le nom donne le frisson) un 23 décembre 1980, dans le Jura. (Frissons plus que garantis.)
Pendant 18 ans un privé va enquêter pour savoir si c’est la petite Lyse-Rose ou Émilie qui est la seule rescapée de l’Airbus. Deux familles se disputent la garde de la gamine : les Carville (riches) et les Vitral (pauvres et malades). Après avoir écrit l’histoire dans un cahier de 100 pages, Crédule Grand-Duc (c’est le privé – !!!) décide de se suicider sur l’Est républicain ouvert à la page du crash. Et, là, Eureka !
Pour arriver aux 5 dernières minutes qui nous donnent la solution, il faudra nous taper tout le reste. Un roman qui se veut bâti comme un polar à suspense.
J’ai surtout été agacé par ce mélo très banal ou l’on ne cherche pas au bon moment ou au bon endroit. L’auteur nous égare sur de fausses pistes dramatiques, attendues et à l’eau de rose.
« À la recherche du temps perdu » Yess ! Je sais comment on fait !
La Martine à l’eau de rose.
BUSSI Michel
Presses de la Cité, 2012, 533 p.

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Prison avec piscine

Le professeur Filippo Ermini est le fils d’une honorable famille de Rome qui habitait la « villa Magnolia », un groupe de petits immeubles chics, barricadés sous haute surveillance. « Chercheur, la tête dans les nuages », Filippo habitait dans un quartier chic de Rome. Ses parents meurent et il hérite de l’appartement. Il y fait faire des travaux de rénovation quand il a un accident de moto et devient paralytique à 38 ans.
Isidro, « l’Indispensable », serviteur de longue date de ses parents, reprend du service et s’occupe de lui jour et nuit.
Filippo s’est refermé sur lui-même ; son égoïsme va croissant. Il ne se pose aucune question sur ce que fait son domestique en dehors de ses heures de service (une vague association de Péruviens en exil), ne se demande pas comment les gens vivent. S’il ne s’occupe de personne, tout le monde sait tout ce qui se passe dans la résidence.
Un nouveau locataire vient habiter l’appartement en face de la terrasse de Filippo. Il devient le centre de toutes les conversations. Petit à petit, nous apprenons que c’est un ancien mafieux en résidence surveillée par la police. Filippo et Rodolfo deviennent amis au bord de la piscine. Rodolfo arbore, dans le dos, 3 magnifiques cicatrices mal recousues.
Qui est Rudy ? Qu’a-t-il fait ? Et surtout que va-t-il faire ?
Le suspense va croissant d’autant que tout le monde devient amis, mais jusqu’à quel point !
Un polar qui change des polars habituels et qui est très divertissant.
Ce livre est bien écrit (nous sommes entre gens bien. Même Rudy a fait des études d’ingénieur avant de virer de bord.). Les personnages sont bien étudiés. Filippo, le narrateur, utilise l’humour et l’autodérision malgré son handicap.
Pour passer un bon moment sans se prendre la tête. Je le conseille aux futurs vacanciers.
La Martine qui lit « Alias Caracalla », 1144 p. (?!) pour ne pas regarder la télé trop tard…
CARLETTI Luigi
Liana Levi, 2012, 248 p.

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Le concierge

Un polar original puisque l’histoire nous est racontée par le concierge d’un grand palace, le Parker Regency de New York.
Roger Paladine, distingué et efficace est le chef concierge de cet hôtel. Il exerce son métier avec une discrétion qui laisse ses riches clients pleinement satisfaits. Jusqu’au jour où un client de l’hôtel est retrouvé pendu dans la cave. On croit d’abord à un suicide, mais la suite de l’enquête penche pour un meurtre. Le comte Gobbo, diplomate italien, était le parrain de Paladine.
Jusqu’où peut aller « l’amnésie d’un bon concierge » et le dévouement à la parole donnée ?
Un code de l’honneur régissait l’ancienne profession de concierge de grand palace comme chez les mafieux.
« C’est du grand art et, somme toute, un très beau roman, bien plus qu’un banal polar. » Le Point.
Je suis entièrement d’accord. Pour une fois j’ai trouvé qu’un polar pouvait apporter autre chose ; quelques connaissances sur plusieurs sujets.
Je n’ai pas sauté une seule ligne attendant patiemment la suite.
Passionnant !
La Martine BCBG
LIEBERMAN Herbert
Points, 2011 (1998), 459 p.

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Les mystères de sainte Freya

Une histoire plutôt plaisante, mettant en scène un évêque confronté à un corbeau qui doute la sainteté d’une religieuse belge.
Il manque tomber de son siège quand il reçoit un e-mail ‘Freya était une salope’.
Un représentant du sinistre Opus Dei s’occupe des contacts avec le Vatican, et voilà le lecteur embarqué dans une enquête policière bien ficelée, quoiqu’un peu faiblarde vers la fin. Un livre bien écrit, régionaliste (tout cela se passe à Liège), avec des allusions politiques belgo-belges qui probablement passeront au-dessus de la tonsure des franco-français ou des Helvéto suisses.
Un bémol de taille: l’auteur est enseignant, et même directeur d’un petit séminaire (collège catholique), et me laisse un peu l’impression de cracher dans la soupe (ou dans le bénitier). Quelques réflexions intéressantes sur l’hypocrisie de la hiérarchie religieuse ne m’enlèveront pas l’idée qu’il s’est généreusement servi au passage.
Amitiés au nom du père, etc.
Guy
Armel Job – Robert Laffont – 282 p.

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