De là, on voit la mer

Attention nouveauté 2013 !
Moui, bof !!!
Voilà un livre à succès « qu’il faut absolument lire » – les critiques sont dithyrambiques et ont vu monts et merveilles où je n’ai vu que banalité et ennui.
Le ménage à trois n’a rien de nouveau.
Le mari, humble et soumis pour ne pas perdre sa femme.
La femme, écrivain, qui ne voit que par ses livres (médiocres, mais à succès), insensible et égoïste qui part, une fois de plus, pour écrire tranquillement. Une amie lui a prêté une maison et la femme de ménage qui va avec à Livourne.
Et là, v’là-t’y pas qu’elle s’amourache du jeune fils de sa femme de ménage (un macho italien.) qui a 20 ans de moins qu’elle. Adieu prudence et liberté ! Elle se soumet à son tour.
D’autant que l’auteur nous en fait une tartine épaisse, faussement analytique, compliquée et insipide.
C’est ce que l’on appelle « un magnifique portrait de femme ».
N’est pas Wynd, Tevis ou Rahimi qui veut !
Lu en diagonale.
La Martine qui, décidément, n’aime pas les histoires d’amour alambiquées.
BESSON Philippe
Julliard, 2013, 204 p.

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Les derniers jours de nos pères

« Londres, 1940. Soucieux de pallier l’anéantissement de l’armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill a une idée qui va changer le cours de la guerre : créer une branche noire des services secrets, le Special Operation Executive (SOE – juillet 1940 – juin 1946), chargée de mener des actions de sabotage et de renseignement à l’intérieur des lignes ennemies et dont les membres seraient issus des populations locales pour être insoupçonnables.
Quelques mois plus tard, le jeune Paul-Émile quitte Paris pour Londres dans l’espoir de rejoindre la Résistance. Rapidement recruté par le SOE, il est intégré à un groupe de Français qui deviendront ses compagnons de coeur et d’armes. Entraînés et formés de façon intense aux quatre coins de l’Angleterre, ceux qui passeront la sélection se verront bientôt renvoyés en France occupée pour contribuer à la formation des réseaux de résistance. Mais sur le continent, le contre-espionnage allemand est en état d’alerte.
L’existence même du SOE a été longtemps tenue secrète. Soixante-cinq ans après les faits, Les Derniers Jours de nos pères est un des premiers romans à en évoquer la création et à revenir sur les véritables relations entre la Résistance et l’Angleterre de Churchill. »
J’avais entendu parler d’Anglais parachutés, mais je ne connaissais pas le SOE. Le livre est un peu (beaucoup) romancé, mais, surtout, très bien documenté. J’ai transpiré lors des entraînements, tremblée lors des largages, frémie lors des actions, preuve que ce livre m’a passionnée.
Une page d’Histoire intéressante à connaître que j’ai lue d’un bout à l’autre, mais que j’ai été contente de quitter parce que la guerre est toujours une barbarie sans nom.
La Martine désarmée
DICKER Joël
Éditions de Fallois, 2012, 333 p.

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Les Cahiers d’un tueur

Un tueur à gages à la retraite forcée devient tueur pour la « petite justice ».
C’est un homme sans aucun sentiment qui tue, en apparence, pour rien. Ses sentiments se réveillent à la vue d’un enfant de 8 ans qui vient pêcher au bord du canal avec son grand-père. Thomas et Thomas vont s’apprivoiser.
Au fil du remplissage de 3 cahiers « petit format, grands carreaux », nous découvrons leur histoire.
« Fort d’une écriture limpide et percutante, ce roman nous immerge dans l’univers d’un criminel perturbé et pourtant attachant, un calculateur froid et raisonné qui ne se contente pas de tuer pour de l’argent.
Partagé entre empathie et répulsion, le lecteur partira à la découverte d’un personnage qui ne le laissera pas indifférent. »
Aucune répulsion. J’ai senti dès le début que les meurtres n’étaient qu’une partie du décor (d’autant qu’ils sont tous bien faits, bien propres, rapides et soignés.). Tout est dans cette histoire d’amitié entre un enfant et un adulte qui a souffert.
Un joli livre d’amour paternel, sans le savoir, un peu déroutant au début, mais très attachant et original.
La Martine insolite.
GRUHN Gérald
TDO, 2012, 306 p.

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Chronique d’une mort annoncée

« Le jour où il allait être abattu, Santiago Nasar s’était levé à cinq heures et demie du matin pour attendre le bateau sur lequel l’évêque arrivait ».
Plusieurs années après l’événement, un homme – le narrateur du récit – recueille les témoignages et raconte les circonstances du meurtre du jeune Santiago Nasar, son ami, dans un village des Caraïbes.
Acaso sea Crónica de una muerte anunciada la obra más «realista» de Gabriel García Márquez, pues se basa en un hecho histórico acontecido en la tierra natal de escritor.
Une perle, par un auteur colombien récompensé par le prix Nobel en 1982.
Il arrive à combiner tragédie et dérision dans cette pseudo-enquête policière d’une humanité et d’une densité étonnantes.
Dans la scène de l’autopsie, il sublime l’esprit carabin tel que je ne l’ai jamais rencontré.
Beso amistoso,
Guy
Gabriel Garcia Marquez – Poche

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La Liseuse

Il s’agit plus d’un livre sur l’édition que sur la Liseuse.
Robert Dubois, célèbre éditeur sur le déclin, se voit imposer une liseuse par son associé, plus jeune et plus moderne.
L’aventure commence mal. En s’endormant sur le texte, il reçoit la Liseuse sur le nez. 730 gr. le marquent pour un moment.
« Il y a une foule de livres qu’il faut avoir lus, que tout le monde a lus, que je n’ai pas lus, estimant sans doute qu’ils avaient été assez lus sans qu’ils aient besoin que je les lise : pendant ce temps-là, je lisais d’autres livres. » François Caradec.
Voilà une pensée qui me convient très bien.
J’ai eu l’impression d’avoir déjà lu ce livre ou du moins quelque chose sur l’édition avec de l’humour qui lui ressemblait.
« Massacre pour une bagatelle » de Brami Émile.
La Liseuse est mieux écrite. Il y a, peut-être, un humour plus fin, mais…
La Martine refroidie
FOURNEL Paul R Mars.-13
P. O. L., 2012, 218 p.

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Vous plaisantez monsieur Tanner

Un livre sans prétention si ce n’est celle de nous distraire et je trouve cela très bien.
« Paul Tanner, documentariste animalier, menait une existence paisible avant d’hériter de la maison familiale. Décidé à la restaurer du fond en comble, il entreprend des travaux. Tandis qu’il s’échine sur les sols, les corps de métier défilent. Maçons déments, couvreurs délinquants, électriciens fous. Tous semblent s’être donné le mot pour lui rendre la vie impossible.
Récit véridique d’un chantier, chronique d’un douloureux combat, galerie de portraits terriblement humains. Une comédie menée par un narrateur qui ressemble fort à son auteur. »
Par moment, le livre m’a paru un peu exagéré, mais si peu quand on pense à la galère que nous font vivre les artisans. C’est bien vrai que quand un vient vous réparer quelque chose, il en casse 5 autour de lui.
Ce livre m’a souvent fait rire.
Je le recommande à tous ceux qui ont fait faire de gros travaux chez eux et plus particulièrement à ceux qui ont en projet d’en faire. Ce livre ne les aidera pas à choisir un artisan (il y en a de sérieux, mais aucun gratuit), mais à mieux se préparer psychologiquement à la future catastrophe. Peut-être.
La Martine
DUBOIS Jean-Paul
Ed. de l’Olivier, 2006, 199 p.

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Le démon de minuit

Hervé Bazin (1911-1996), l’auteur de « Vipère au poing », « La tête contre les murs », « Au nom du fils », écrivit ceci sur le tard, en 1983.
J’avais gardé le souvenir d’un imprécateur, fort peu sympathique par ailleurs.
Le démon de minuit, c’est l’histoire de Gérard, 77 ans (mal) marié à deux reprises. Il se retrouve à l’hôpital après un infarctus. Par la suite, il se marie pour la troisième fois, avec une admiratrice comptant 40 ans de moins que lui. La pauvre…
Bof…
Tout cela a fort vieilli (forcément).
Que ceux qui lisent encore Hervé Bazin lèvent le doigt.
Voilà quelqu’un que je vais remiser parmi les semi-classiques.
Amitiés poussiéreuses,
Guy
Hervé Bazin – Poche – 287 p.

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Le jeu de la dame

Beth a 8 ans lorsqu’elle découvre les échecs, en « fraude », dans la chaufferie, avec le concierge peu loquace de l’orphelinat où elle vient d’entrer. Sans amies, les échecs deviennent vite toute sa vie. Elle est surdouée et a la grande faculté de voir, d’imaginer, l’échiquier dans son ensemble et les différents coups à jouer ou pas. Dans ce jeu, elle dépasse rapidement son maître qui fait appel à un homme venu de l’extérieur. Elle obtient de sa directrice l’autorisation d’aller se battre dans une autre école de la ville. Elle remporte haut la main tous les tournois. Las ! Les filles étaient droguées avec des petites pilules vertes pour qu’elles ne fassent pas de vagues. Beth avait pris l’habitude de les garder et d’en prendre plusieurs à la fois pour dormir quand elle était angoissée. Jusqu’au jour où elle est prise en flagrant délit de vol de ses fameuses pilules. Interdiction de jouer aux échecs pendant 3 ans. Beth est enfin adoptée et en volant dollar après dollar elle peut s’acheter des livres et un échiquier. Et puis, à 13 ans elle s’inscrit à un concours et le gagne. Son premier argent. Mineure, elle a besoin d’un adulte pour ouvrir un compte. Sa mère adoptive, délaissée par son mari, a besoin d’argent. Elle va devenir son agent et organiser ses voyages, la soutenir quand il le faudra et lui faire découvrir l’alcool.
D’abord ignorée parce que femme, elle va battre tous les champions, un à un jusqu’à l’inquiétant champion russe qui lui faisait si peur.
Un livre sur l’opiniâtreté, le courage, l’intelligence, la supériorité, le pouvoir de concentration, mais aussi les faiblesses d’une femme.
Un livre très positif puisque pendant 10 min je me suis sentie toute puissante, invincible et intelligente. Preuve que le livre m’a plu et que je suis bien rentrée dedans au point de faire un dédoublement de la personnalité.
Las ! Une lettre administrative incompréhensible m’a remise sur les rails. Non ! Je ne suis vraiment pas une surdouée !
La Martine dépitée.
TEVIS Walter
10/18, 1994 (1983), 330 p.

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Le blé en herbe

Une lecture recommandée du bout des lèvres par nos maîtres spirituels.
Parue d’abord sous forme de feuilleton – en 1923 – la publication fut interrompue à la suite des protestations des lecteurs. L’histoire de Vica (nom latin de la pervenche) et de
Philippe se passe en Bretagne pendant les vacances d’été. Ils ont 15 et 16 ans. Ils sont promis l’un à
l’autre. Une ‘dame en blanc’ séduira Philippe et lui fera découvrir les plaisirs de la chair…
Ce roman naturaliste sent bon la mer. Il déborde des couleurs de la fin de l’été. Colette semble y avoir mis beaucoup d’elle-même. Elle fut l’initiatrice de son beau-fils, Bertrand de Jouvenel. Pas étonnant que les censeurs aient levé le sourcil.
Une grande dame de la littérature française.
Amitiés sensuelles,
Guy
Colette – Poche

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Deux petits pas sur le sable mouillé

Une histoire vraie, sordide, racontée par la mère.
Loïc et Anne-Dauphine forment un couple heureux. Ils ont deux enfants, un garçon, Gaspard, 4 ans et une fille, Thaïs, 2 ans et un 3e enfant à venir. Famille aisée, bourgeoise et catholique.
Et la tuile. Thaïs est atteinte de « leucodystrophie métachromatique », une maladie orpheline, et va mourir. La mère, en accord avec son mari, décide d’ « ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie. » C’est beau et bien dit comme tout dans ce livre.
La 2e fille, Azylis est, elle aussi, atteinte de la même maladie, mais grâce à une transfusion pourra être, en partie, sauvée.
Ce livre est bien écrit, mais m’a gêné.
La mère passe par des phases de profond désespoir et reprend espoir en voyant des miracles partout. On sent bien qu’elle est accro à sa religion.
Elle trouve des faux fuyants à chaque phase de détérioration de Thaïs et s’accroche à des détails qui me paraissent exagérés. Comment une enfant de 3 ans, paralysée, sourde, muette, aveugle et shootée à la morphine peut-elle exprimer de l’amour, de la joie ou de la sympathie à quelqu’un ?
L’amour de la mère est-ce Marie Imbert ou Anne-Dauphine ?
Je rends un hommage à la solidarité, au bénévolat qui s’est développé et organisé autour de cette famille.
La Martine pas convaincue
JULLIAND Anne-Dauphine
Les Arènes, 2011, 228 p.

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