Les voix du Pamano

Antérieur à Confiteor, que j’avais adoré, ce livre-ci en présente déjà toutes les qualités narratives.
Le petit village (imaginaire) de Tolena, en Catalogne, a connu des jours fort sombres pendant la période phalangiste suivant la guerre civile d’Espagne.
Années 2000: Une jeune institutrice découvre dans l’école 4 cahiers cachés derrière un tableau. Ces cahiers vont faire revivre l’histoire de ce village et plus particulièrement celle d’Oriol Fontelles , instituteur phalangiste . Comment ce jeune instituteur tout nouveau
dans la région avec son épouse en est-il arrivé à fréquenter l’ancien maire franquiste pendant les années 40?

Une nuée de personnages demande un effort constant de lecture pendant les 200 premières pages.
Les dialogues font des bonds de plusieurs années dans le temps. Une fois ce procédé assimilé, le lecteur peut vraiment déguster une histoire qui passe du tragique à la dérision sans temps morts.

Le personnage le plus fascinant: la belle et sulfureuse Elisenda qui se met en tête de faire béatifier Oriol. Rien de moins. Même le pape Paul VI est obligé de s’accrocher à son trône quand Elisenda le rencontre en audience.

Dans Confiteor également, on fréquente le Vatican de façon très peu catholique.
Si Jaume Cabré bouffe du curé, il le fait de façon particulièrement assaisonnée.
La Catalogne n’a pas encore dit son dernier mot.

Amitiés dominus vobiscum,

Guy
Jaume Cabré
Poche – 762 p.

Fidèle au poste

Chloé, la trentaine, jolie, extravertie, coach dans un club de sport
Gabriel, même âge, beau garçon, introverti, employé de banque
Emma, même âge, plutôt garçon manqué, photographe sans emploi

Gabriel et Chloé s’installent à Saint-Malo.
Chloé se noie. Plouf.
Enterrement et grand tralala.
Gabriel est dévasté.

Il prend part à un groupe de parole destiné aux endeuillés.
Devinez qui est chargée d’un petit travail dans le groupe. Mais oui, Emma.
Ils vont se plaire, ils vont s’aimer.

Un petit grain de sable
Tout part en vrille.
Une fin glauque. Glouglou.

Je n’aime pas qu’une auteure prenne ses lecteurs pour des abrutis.
Incohérences, maladresses de style, et manipulations.
À quand un groupe de parole pour entubés?

La colère est un des péchés capitaux. Comme pénitence, je m’engage à révéler à ceux
qui me le demandent le fin mot de l’histoire.
Une indication: le titre du livre.

Amitiés de profundis,

Guy
Amélie Antoine – Poche – 320 p. (c’est plus que suffisant)

Si ce livre pouvait me rapprocher de toi

Je reste un chaleureux supporter de Jean-Paul Dubois, mon quasi-voisin de Toulouse.

Cette histoire-ci, mettant en scène un xième personnage prénommé Paul, date de l’an 2000.
Paul Peremülter, la cinquantaine, est un homme arrivé au point mort dans presque tous les domaines :
orphelin, le passé de son père disparu est un mystère ; écrivain, la parution de son dernier roman le laisse insatisfait,
sa femme l’a quitté, son chien vient de mourir et son spermogramme est complètement plat…
La dépression n’est pas loin. Après avoir ainsi fait l’inventaire de ses désillusions, Peremülter décide donc de partir vers d’autres horizons.
Ce parcours initiatique le conduit de l’autre côté de l’Atlantique. Là, il va vivre de tous les métiers et de toutes les situations, de
chauffeur pour milliardaire à Miami, en passant par pilote d’air-boat dans les Everglades ou confident pour un businessman new-yorkais désabusé,
avant d’atteindre les terres canadiennes et se baigner dans le lac Flamand (oui, il existe), où son père s’est noyé des années auparavant.
Son voyage se terminera par une résurrection, quand il apprendra le passé véritable de son père.

Amitiés revigorées,

Guy

J.P. Dubois – Points – 224 p.

Les fantômes du vieux pays

On a comparé Nathan Hill à Philip Roth et John Irving pour cette imposante fresque américaine couvrant
une période de 50 ans, de 1960 à nos jours. Il y aurait travaillé pendant 10 ans.
Je serais moins enthousiaste que les critiques américains.

Aux États-Unis, le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, est agressé en public par une femme d’âge mûr,
Faye Andresen-Anderson. Les médias s’emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson,
professeur d’anglais à l’université de Chicago, passe à côté du fait divers, trop occupé à jouer en ligne. Pourtant, Calamity Packer n’est autre que sa mère !
Cette mère qui l’a abandonné quand il avait 10 ans, pour faire sa vie à Chicago.

Retour en arrière: nous sommes en 1968, année de la contestation violente aux États-Unis comme ailleurs. Les assassinats de Martin Luther King et de
Robert Kennedy bouleversent une partie de la population. La guerre du Vietnam est fortement rejetée par une jeunesse universitaire subvertie par les
mouvements idéalistes hérités de la contre-culture hippie. Faye se trouvera mêlée un peu malgré elle à ce mouvement. Elle se retire de toute vie publique,
dans une tentative de reconstruction.

Saut en avant: Samuel retrouve sa mère, accusée d’agression contre un candidat à la présidence.

La construction du livre est complexe, quoique maîtrisée. L’auteur est prof de littérature.

Le plus grand reproche: trop de personnages secondaires. Des digressions infinies (les jeux en réseau pratiqués par Samuel, les détails sur la grande
manifestation à Chicago, les rapports ambigus de Samuel avec une de ses élèves).

Beaucoup d’ambition dans ce livre, beaucoup d’espoir aussi.

Amitiés amphigouriques,

Guy
Nathan Hill – Gallimard – 720 p.

Soumission

En 2022, en France, un parti islamiste arrive au pouvoir.
J’avais adoré « les particules élémentaires ». Je ne suis souvent pas d’accord avec lui, mais il a un style, il lance des pistes intéressantes… Je connaissais ses positions islamophobes et je m’attendais donc au pire en ouvrant « soumission ». Un genre d’ouvrage à la Céline dans lequel le mot « musulman » aurait remplacé le mot « juif ». Je resterai sur ma faim, son éditeur l’a peut-être encouragé à mettre de l’eau dans son vin. Pour tout dire, j’ai un peu l’impression d’être passé à côté, comme si j’avais lu sans imprimer. Sur le fond, au lieu de Céline, ce serait plutôt du Proust pour son caractère snob, prétentieux et mondain, la beauté de l’écriture et la finesse psychologique en moins. Je ne comprends pas trop non plus l’intérêt d’étaler tous les détails de la misérable vie sexuelle du personnage principal à part pour dire « ne vous inquiétez pas, tonton Houellebecq est là, y aura du crado pour tout le monde ».
Y faut dire que faire de la politique fiction, c’est un peu comme la roulette russe avec toutes les balles dans le barillet. Le livre ayant été publié en 2016, Houellebecq prédisait la réélection d’Hollande avec un second tour Hollande/Le Pen. À sa décharge, il faut reconnaître que les dernières élections ont été riches en rebondissements. Difficile de prédire la défection d’Hollande, le lynchage de Fillon, la percée spectaculaire de Macron et la pitoyable prestation de Marine Le Pen lors du débat de l’entre-deux tours. J’imagine mal cependant l’élection en France d’un président appartenant à un parti qui se réclame ouvertement d’une appartenance religieuse particulière. Cela serait sans doute possible dans d’autres démocraties occidentales comme le Canada et la Belgique. Là où il avait vu juste, c’est sur l’essoufflement de la bipolarité droite/gauche, quoi qu’après un an, il est difficile de faire un jugement tranché concernant la révolution opérée par LREM. Aujourd’hui, seul Mélenchon semble s’être relevé.
L’intrigue se déroule essentiellement dans les arcannes du milieu universitaire, l’éducation étant devenu la préoccupation numéro un du nouveau gouvernement.
La « soumission », c’est tout ce qu’on devine du nouveau statut de la femme et la remise en cause de tout ce qui a été fait depuis 50 ans en France pour asseoir l’égalité des sexes. L’un des protagonistes évoque « histoire d’O », le classique de la littérature érotique publié en 1952 et écrit par Dominique Haury (alias Pauline Réage) pour Jean Paulhan dont elle était amoureuse, dans lequel la « soumission » quasi masochiste de la femme tient une place majeure.
Je ne pense pas que l’on puisse réduire l’islam à la place de la femme dans la société même si cette confrontation entre les valeurs revendiquées par Daesh et celles défendues par l’occident est la plus médiatisée et la plus compréhensible par tous.
Les mouvements « me too » et « balance ton porc » de 2017 n’ont pas désigné de religions particulières, mais des comportements masculins qui s’apparentaient à une situation de « soumission », ce qui prouve bien que l’islam n’a pas le monopole de la soumission.

Édouard

Michel Houellebecq
2016
J’ai lu

Dans L’ombre

Au début de la Seconde Guerre mondiale, à Reykjavik, un cadavre est retrouvé dans un appartement avec une croix gammée sculptée sur le front.
Cet ouvrage est la première partie d’une trilogie. La seconde partie est sortie fin 2017. Bon, je l’avais ratée, mais je pense qu’il doit être possible de lire le n°2 après le n°1. D’ailleurs, en lisant le quatrième de couverture de « la femme de l’ombre », je me suis demandé s’il y avait un réel fil conducteur entre les volets en dehors de la Deuxième Guerre mondiale.
Dans la collection « Points », une publicité est faite pour les autres romans d’Indridason « fan d’histoire et de polar ? Retrouvez aussi en poche ». Heuuu… je ne sais pas si la vocation première de l’auteur est initialement le polar historique. La Deuxième Guerre mondiale s’est en effet imposée très progressivement dans les intrigues de son personnage favori « Erlendur », à côté de la tempête de neige au milieu de laquelle, enfant, l’enquêteur avait perdu son frère. C’est bien de parler du deuxième conflit mondial vu de l’Islande, de comprendre l’hostilité réciproque des Islandais et des « occupants » (Anglais et Américains), de voir ses jeunes islandaises qui voyaient en se donnant aux soldats, une chance d’échapper à leur condition sociale et à l’austérité de leur île. Il y avait une expression pour ça, on disait que celles qui avaient réussi à se trouver un petit ami anglais ou américain étaient « dans la situation ». Le phénomène devait être assez important pour qu’on y consacre une expression particulière. Ne connaissant rien à l’Islande, je salue l’initiative de vulgarisation historique engagée par Arnaldur Indridason, mais j’aimerais bien qu’il nous parle aussi d’autres périodes de l’histoire.
Cela dit, c’est toujours aussi agréable à lire Indridason est doué pour aller en profondeur dans la psychologie des personnages et en particulier dans celle des femmes. « Bettý », lu il y a quelques années, était un très beau portrait de femme fatale. Là, c’est Vera, pas vraiment femme fatale qui est pour moi mi-ange, mi-démon. Véra semble essentiellement démoniaque, plutôt une manipulatrice, une charmeuse, une ensorceleuse, bref, une sorcière. Une femme qui n’utilise les hommes que pour parvenir à ses fins en leur accordant des faveurs sexuelles. Vera m’a fait penser au personnage campé par Bernadette Lafont dans « une belle fille comme moi » de Truffaut. Ça m’a intrigué ce personnage, à l’heure du Me Too où la femme est présentée comme une éternelle victime des prédateurs masculins. Les Parisiens auront certainement remarqué ses affiches de prévention contre le harcèlement sexuel où l’homme est représenté sous la forme d’un ours, d’un requin, d’un loup. Bon, je comprends bien qu’il faut faire de la prévention contre le harcèlement sexuel, mais que c’est tout de même un peu stigmatisant. C’est vrai, le sexe de l’ours, du requin et du loup ne sont pas clairement identifiés et que ça peut être aussi des femmes. Je reconnais aussi qu’avec un poney, un lapin et une biche, cela aurait été plus difficile de faire passer le message.
Quoi qu’il en soit, je me procurerai les autres volets de la trilogie, mais après, Arnaldur, j’aimerais bien que tu nous parles d’autre chose que de la Seconde Guerre mondiale.

Édouard

Arnaldur Indridason
2018
Points

Histoire du juif errant

À Venise, un couple rencontre un étrange personnage qui semble avoir eu une existence hors du commun.
Je n’avais jamais rien lu de Jean d’Ormesson et n’avait entendu que vaguement parler du mythe du juif errant. J’ai donc commencé à lire sans aucune base solide, l’histoire d’un homme qui avait tout vu, connu tous les grands de ce monde à travers l’histoire et couché avec toutes les plus belles femmes de l’ère chrétienne. Ça faisait penser à « le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » avec une dimension spatio-temporelle extensive. Par moment, ça ressemblait pas mal aussi à Baudolino, Eco et d’Ormesson affectionnaient visiblement des périodes identiques de l’histoire. Je trouve tout de même qu’Eco est supérieur en tant que romancier. D’Ormesson n’est pas mauvais, mais ça reste un écrivain moyen, peut-être un peu paresseux.
Au bout d’un moment, j’ai tout de même joué du Google pour en savoir un peu plus sur ce mythe et faire la part des choses entre l’imagination de l’ex-académicien aux yeux bleus et la réalité mythologique et il m’est apparu que d’Ormesson s’était efforcé de rester fidèle à la tradition. Pour avoir refuser de porter assistance à Jésus sur le chemin du Golgotha, Ahasvérus, cordonnier et/ou portier de Ponce Pilate (selon les versions) est condamné à errer à travers le monde jusqu’au retour du christ. D’Ormesson en profite pour lui faire visiter toutes les périodes de l’histoire qu’il affectionne, en premier lieu l’Empire romain et le XIXe siècle. L’ancien régime est quasi absent ainsi que l’Afrique noire. Pour l’Amérique le juif errant accompagne Christophe Colomb, mais bien avant, il accompagne les vikings au Vinland sous le nom de… Ragnar Lodbrok, ce qui permettra au lecteur du XXIe siècle, fan de la série « Viking », de donner à notre héros les traits de l’acteur australien Travis Fimmel qui serait parfait pour le rôle.
Né au moyen âge, on pourrait dire que le juif errant est l’enfant terrible du judaïsme et du christianisme. Pour les chrétiens, il a bien entendu symbolisé le peuple déicide, concept qui n’a plus trop le vent en poupe aujourd’hui. Pour les juifs, il symbolisait la diaspora, concept indispensable à l’identité juive en supposant son unicité ethnique et géographique originelle.
Il est très peu question de judéité. J’ai pensé d’abord que, politiquement correcte oblige, d’Ormesson s’était bien gardé de s’attarder sur la religiosité du personnage pour ne pas être accusé d’antisémitisme, mais, comme il le suggère à la fin, le mythe dépasse aujourd’hui largement la sphère religieuse et l’on a plus besoin d’être juif pour être un juif errant.
Pour ceux qui n’auraient ni le temps ni le courage de lire les 621 pages de l’ouvrage pour savoir ce qu’est devenu aujourd’hui le juif errant, il suffit de réécouter la chanson d’un beau spécimen de « juif errant » mort en 2013 et réellement juif pour le coup. En 1969, avec sa gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et ses cheveux aux quatre vents, Moustaki avait parfaitement cerné le mythe de l’homme sans attache, assoiffé d’aventure et de liberté.

Édouard
Jean d’Ormesson
1990
Folio

Apocalypse bébé

J’suis plongée dans Virginie Despentes en ce moment. Tu connais ?
– Le nom me parle, mais j’ai jamais rien lu d’elle. Tu me conseilles lequel ?
Un peu plus tard, je passe un coup de Wikipédia. Ah, d’accord, c’est celle qui avait écrit « baise-moi ». J’me souviens, j’étais au lycée à l’époque, ça avait fait du buzz. J’me souviens plus comment c’était le buzz avant internet, mais il y avait déjà du buzz. Je sais pas si c’est très malin un titre comme pareil. Ça te colle au cul une étiquette « provoc » dont il doit être difficile de se débarrasser.
17 ans plus tard, Despentes reçoit le prix Renaudot pour « apocalypse bébé ». Du sexe, il y en a encore pas mal, un peu trop à mon goût, mais il n’y a pas que ça. Les hommes sont quasi absents et ce sont donc des histoires de lesbiennes qui pimentent le roman. Ceci dit, ça change de l’univers très sexué de « balance ton porc » et « me too ».
Ceci dit, Virginie Despentes est un vrai écrivain.
Valentine, fille d’un écrivain en mal de reconnaissance, quitte le nid. Deux détectives privées sont chargées de la retrouver.
J’aime bien cette description des années 2010 avec l’explosion d’internet, ce monde à la recherche de nouveaux repères dont les adolescents sont les premières victimes.
Ceci dit, Lucie, l’une des deux détectives, ne semble pas y voir tellement plus clair que Valentine. « La hyène », sa coéquipière, une sorte de cousine de Lisbeth Salander y semble beaucoup plus à l’aise : elle vit pour le chaos, il est fait pour elle.
J’aime cette construction du roman à travers une galerie de portraits qui vont en profondeur dans chaque personnage principal.
J’aime la fin apocalyptique comme il se doit. La notion de réalité a explosé. L’individu, pour survivre dans cet univers, ne peut plus compter sur une réalité toute faite et doit se construire sa propre réalité.
Aujourd’hui, les fakes news font partie de notre quotidien et, en voyant l’annonce de la mort de Stallone sur Facebook émanant d’un site douteux, on va automatiquement la recroiser via Google avec une source plus officielle. Je rassure mes lecteurs, Stallone n’est pas mort, je ne vois pas trop quel peut être l’intérêt d’annoncer sa mort, mais bon, il y en a sans doute un. Sinon, il n’y aurait pas eu de fake new. Maintenant, je ne vais pas chercher plus loin. Sans doute notre cerveau s’est-il formaté avec internet. Sans doute des clapets « pas la peine d’essayer de comprendre » ce sont-ils mis en place pour nous permettre de naviguer dans notre univers quotidien. En 2010, les esprits n’étaient peut-être pas complètement formatés.
Édouard
Virginie Despentes
2010
Le livre de poche

La servante écarlate

Déception.

Le livre qui ferait trembler l’Amérique de Trump, pas moins.

Les éditeurs n’en sont pas à une exagération près.

Dans une république du futur, la fécondité est confiée sous haute surveillance à des servantes devenues esclaves sexuelles présumées fertiles.

Les éditeurs:
« Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche,
nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal,
a été unanimement saluée par la critique. »

Votre serviteur:
C’est aussi long qu’emmerdant.
Moi peut-être pas compris.
Si cela ne tient qu’à ce livre, Donald Trump peut dormir tranquille.

Amitiés on passe à autre chose,

Guy

Les bottes suédoises

La suite des chaussures italiennes, ce livre représente une manière de testament pour Mankell, décédé en 2015 à l’âge de 67 ans.

Fredrik Welin, médecin à la retraite, vit reclus sur son île de la Baltique. Une nuit, une lumière aveuglante le tire du sommeil. Au matin, la maison héritée de ses grands-parents n’est plus qu’une ruine fumante.
Réfugié dans la vieille caravane de son jardin, il s’interroge : à soixante-dix ans, seul, dépossédé de tout, a-t-il encore une raison de vivre? Mais c’est compter sans les révélations de sa fille Louise et, surtout, l’apparition d’une femme, Lisa Modin, journaliste de la presse locale.

Méditation sur la solitude, la vieillesse, l’amour et la mort, sans l’air d’y toucher, l’auteur suédois nous laisse un livre linéaire, passionnant, et très humain.

J’ai lu ce livre après un titre de Victor Del Arbol, dont je vous parlerai bientôt. Cet auteur écrit des livres catalogués de choraux. La simplicité de Mankell fait merveille, comparée aux effets de manche du prénommé Victor.

Amitiés baltes,

Guy (15/11/2017)

Henning Mankell – Seuil – 368 p.

Suite et fin des aventures de Fredrik Welin, le chirurgien déchu des « chaussures italiennes », sur son île de la mer Baltique.
Le premier opus de ce diptyque avait fait l’objet d’un post sur ce blog il y a maintenant un peu plus de 7 ans. J’ai gardé un très bon souvenir de ce roman. A l’époque, j’avais effectivement noté qu’il devait y avoir une suite, mais à force d’attendre, j’avais fini par l’oublier. Et puis, le 5 octobre 2015, Henning Mankell est mort d’un cancer avec lequel il se bâtait depuis deux ans. En août 2016, Seuil a publié la traduction française des « bottes suédoises ».
Sur la forme, je trouve que le roman n’est pas très bien écrit. Il y a des lourdeurs et des scènes qui tombent comme un cheveu sur la soupe. Je n’ai jamais considéré que Mankell était un très grand écrivain, mais tout de même, c’était un écrivain confirmé et ses erreurs de débutant sont surprenantes. Ça sent un peu le bouquin ficelé à la va-vite, comme si son éditeur lui avait forcé la main alors qu’il agonisait. Peut-être même que d’autres mains se sont glissées dans l’ouvrage, ce qui expliquerait les erreurs.
Sur le fond, on retrouve l’univers des chaussures italiennes, c’est certain, mais les directions de l’intrigue s’entremêlent, nous plongent dans la confusion, tant est ci bien que l’on finit par ne plus savoir où l’auteur veut nous mener. Le titre est par contre bien trouvé. Esthétiquement, le roman est effectivement au premier opus ce que les bottes de jardinage sont aux Berluti.
Bref, « les bottes suédoises » a tout du succès de librairie assuré et publié dans l’urgence.
Je ne vais pas cracher sur les éditeurs : c’est leur métier, il faut bien vivre. Je peux comprendre Mankell et son souhait de laisser ses royalties à ses ayants droit.
Toutefois, « les bottes italiennes » ne sont pas la dernière image que je veux garder de Mankell. Il y a le commissaire Wallander bien entendu, mais je n’étais pas un grand fan. Je pense surtout à l’homme politiquement engagé, un engagement que l’on ressentait notamment dans l’excellent « tea-bag ». Et puis, « les chaussures italiennes », bien entendu. Je ne veux pas croire qu’il y ait une fin. D’ailleurs, « les bottes suédoises » n’en est pas vraiment une. Je pense que je vais essayer d’oublier ce livre, de penser qu’il n’était qu’un conglomérat de brouillons avec plusieurs pistes qui auraient pu être suivies par l’auteur, mais en aucun cas un roman finalisé. Je préfère continuer à attendre la suite des « chaussures italiennes »
Seuil
Août 2016
Édouard (10/07/2017)