Papa Néandertal?

En prévision de la sortie, mercredi prochain d’ « AO, le dernier Néandertal » de Jacques Malaterre, France 3 a programmé hier soir à une heure impossible (22h45), un documentaire présentant la grande découverte de l’année : la preuve génétique de l’interfécondité entre Sapiens et Néandertal. Télérama, un magazine que je respecte beaucoup, cassait complètement cette émission en se focalisant sur un extrait du film dans lequel on voit papa/Néandertal et maman/Sapiens…jouer au papa et à la maman. C’est vrai, cette scène n’a absolument aucun intérêt (on sait comment ça marche). De même, l’idée de faire déambuler un faux néandertalien dans Paris pour démontrer que personne n’y fait attention est un peu débile. Enfin, la présentation idéalisée de Néandertal en « gentil sauvage », ainsi que la conclusion sur l’acceptation de la différence, est assez niaise.

Ceci dit, ces grosses ficelles permettent de faire passer une réalité scientifique (la coexistence aujourd’hui entre des espèces de Sapiens différentes sur la surface du globe) sur laquelle il est délicat de communiquer puisqu’elle touche à la notion de « race ». Elles permettent aussi de tordre le cou à l’idée reçue du massacre de Néandertal par Sapiens. Malgré toutes ses imperfections et maladresses, cette émission a donc eu le mérite de dire la vérité.
À mon avis, cela lui donne une valeur beaucoup plus grande que des présentations plus brillantes, mais qui nient cette découverte majeure, comme la vidéo de 6 minutes du très médiatique paléoanthropologue Pascal Picq, que l’on trouvait hier sur le site du journal « Le Monde ».

Edouard

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Edition et chatterton

Je viens d’en parler, je suis allé poster vendredi dernier mon manuscrit afin de pouvoir bénéficier d’une protection juridique minimum grâce au cachet de la poste. Dans « j’ose éditer mon livre » de Lorenzo Soccavo que je suis en train d’éplucher (le livre, pas l’auteur), ils disent de ne pas oublier de mettre du scotch sur le rabat de l’enveloppe: ce que je n’ai pas manqué de faire. En allant fiévreusement chercher mon recommandé hier soir, j’ai trouvé mon enveloppe à moitié déchirée sur l’un des côtés. Que c’est il passé exactement ? Quels événements dramatiques ont bien pu aboutir à ce résultat ? Sans doute l’œuvre d’un facteur maladroit et violent ? Le fils improbable de Jacques l’éventreur et de Pierre Richard. On peut tout imaginer…peut-être une idée pour un prochain roman.
Donc, premier enseignement de mes aventures éditoriales : en envoyant un manuscrit par la poste, ne pas oublier de scotcher aussi les côtés de l’enveloppe. Je progresse…

Edouard

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Faire sortir le petit oiseau

J’en ai rêvé pendant des années, je l’ai enfin terminé. C’est vrai, terminer un roman, ce n’est pas encore être écrivain, mais quand même… c’est un début. Un roman après le premier point final, c’est encore un bébé dans le ventre de sa mère. Certains le gardent toute leur vie comme un journal intime. D’un certain côté, je peux comprendre : on peut passer sa vie à retravailler le même roman. D’autres réservent la lecture uniquement à leurs proches. D’autres enfin décident de chercher un éditeur. J’appartiens à cette catégorie.
Pourquoi chercher un éditeur ? Pour devenir riche et célèbre ? S’il est rare de devenir célèbre grâce à la littérature, il est encore plus rare de devenir riche et, si l’on veut écrire, mieux vaut avoir un autre boulot pour rester zen. À cet effet, la lecture d’ « illusions perdues » de Balzac apparaît comme un antidote salutaire contre tous les fantasmes qui entourent la littérature et qui, pour ma part, me bercent depuis mon adolescence. Bref, autant me le dire tout de suite : « je ne serai jamais riche et célèbre grâce à l’écriture ». Ce que je recherche tout de même, c’est une reconnaissance littéraire, au moins par un éditeur. Bon, il ne faut pas me voiler la face, au fond de moi-même, je sais que je continuerai toujours un peu à me faire des films…c’est humain.
Donc, chercher un éditeur, c’est décider un jour de se séparer de sa progéniture et, rapidement, comme l’on met des vêtements chauds à un enfant pressé d’aller jouer dans la neige, on pense à la protection de l’ouvrage. Dès cette étape, il faut trouver le juste milieu entre naïveté et paranoïa.
Tant que le roman n’a pas quitté le disque dur, ça ne semble pas nécessaire de le protéger ou alors, on est déjà dans la paranoïa. L’astuce dont on m’avait parlé et que j’ai revue depuis sur internet est de s’envoyer une version papier de l’ouvrage. D’accord, ce n’est pas le dépôt légal, mais c’est quand même mieux que rien. Pour moi, c’est chose faite et j’irai récupérer mon recommandé lundi.
Pour une protection un peu plus solide, il y a le dépôt à la société des gens de lettres (SGDL), rue du Faubourg Saint Jacques à Paris, en face de l’hôpital Cochin. J’y suis hier passé pour voir. C’est un lieu superbe et un peu intimidant, surtout pour un écrivain en herbe. Déposer à la SGDL, n’est-ce pas un peu être un homme de lettres ? Non, bien entendu, mais j’espère y trouver des gens qui pourront me donner des conseils. C’est un début de réseau : un harpon sur l’univers du livre dans lequel l’éditeur n’est qu’un personnage. Donc, probablement le mois prochain, je déposerai mon manuscrit à la SGDL.
Depuis huit jours, l’oiseau s’est envolé vers mon premier relecteur (qui est une relectrice). Je sais seulement qu’il est bien arrivé. Il me manque déjà…

Edouard

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L’univers impitoyable de l’édition

Je viens de terminer mon premier roman et compte bien un jour le faire publier.
Cet article ouvre la rubrique « édition » de « général Lee ». Elle me permettra de mettre mes idées en ordre, de faire partager mes découvertes d’un monde que je ne connais aujourd’hui qu’à travers « la petite marchande de prose » de Daniel Pennac et « illusions perdues » de Balzac. J’espère aussi apporter des réponses à d’autres auteurs qui se posent les mêmes questions que moi.
Cette rubrique commence donc par le commencement : la réalisation de la première version d’un roman et se terminera, je l’espère, par la publication. Peut-être aussi qu’elle ne se terminera jamais.
À très bientôt

Edouard

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Salade de coudes

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L’été est enfin là (un peu trop peut-être). À nous soleil, barbecues, farniente, coquillages, crustacés, plages abandonnées et…salades de coudes.
Et oui, depuis quelques semaines, je voue un amour passionné pour ses grosses pâtes qui semblent surgies de l’atelier d’un plombier nain.
Recette du jour pour 2/3 personnes.
Ingrédients :
100 g de coudes
1 Oignon
1 Citron
2 tomates
1 boîte de maïs
100 g de feta
Menthe, cerfeuil…
Sel
Huile d’olive
Faites cuire les pâtes et, dans une poêle, faites dorer l’oignon coupé en rondelles dans un peu d’huile d’olive.
Dans un saladier, ajoutez les tomates coupées en morceaux, le jus du citron et tous les autres ingrédients.
Mélangez bien le tout après y avoir incorporé les pâtes et l’oignon, laissez refroidir quelques minutes.
Laissez le saladier deux heures au frigidaire.
Dégustez, c’est divin.
PS : si vous avez pratiqué une activité physique juste avant : c’est encore meilleur.

Edouard

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Eric Woerth: un homme « sportif »

Cette année encore, j’ai assisté aux rencontres de la modernisation de l’État. Eric Woerth, un habitué des « rencontres », devait initialement intervenir mardi matin. Lundi, on me donne un nouveau programme à l’entrée qui reportait d’un jour cette intervention.
Ce matin, compte tenu de la violence des assauts politico-médiatiques qui l’avaient encore frappé la veille, un doute sérieux quant à son éventuelle participation planait au-dessus de l’amphi principal de la maison de la chimie.
Finalement, il est arrivé (presque à l’heure), au milieu d’un essaim de photographes et de journalistes.
Une fois sur l’estrade et avant même d’avoir ouvert la bouche, il fut unanimement applaudi par l’assemblée, sans doute soulagée de ne pas s’être déplacée pour rien.
Eric Woerth n’était pas venu parler de l’affaire Bettencourt et était là pour donner sa vision du fonctionnaire de 2020. Après un bref exposé « adaptabilité-mobilité », se fût au tour des « questions-réponses » :
– Que pensez-vous de la votation helvétique ?
– Ne me parlez pas de la Suisse…pas en ce moment. Je ne connais pas ce pays.
(rires)
Un peu plus tard.
– Avez-vous peur d’engager une réforme globale du statut des fonctionnaires ?
– Oh, vous savez, il y a peu de choses qui me font peur.
(rires)
Il y avait quelque chose de presque magique chez cet homme attaqué de toute part et jonglant avec son public, les journalistes et les photographes qui le mitraillaient sans cesse. C’était presque beau : une magie pareille à celle qu’on voit parfois chez les vraies équipes de foot.
Cet homme, sans doute pas aussi noir que le prétendent ses détracteurs, mais peut-être pas aussi blanc que l’imaginent ses supporters, je l’ai trouvé simplement « sportif ».

Edouard

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Suicide collectif

2-0, un score qui sonne comme une claque monumentale et qui risque de faire oublier le fameux 3-0 de 98.

On sent que Raymond retient ses larmes : il n’a pas les mots. Que dire ? Certes, le Mexique n’est pas l’Allemagne, l’Italie ou le Brésil, mais tout de même une équipe jeune, dynamique et pleine d’avenir. Est-ce si honteux de se faire battre par les Mexicains ? Non, si cela avait été plus loin dans la compétition. Non, si la défaite n’intervenait pas après un 1-0 de mauvais augure contre la Chine et un nul contre l’Uruguay.

Pour comprendre, il faut peut être remonter à la source, c’est-à-dire la qualification et à la triste main de Thierry Henry. Et si depuis cette main, un sentiment diffus de culpabilité s’était emparé de l’équipe de France, accusée de tricherie par toute la planète ?

Et si, sachant que de toute façon elle serait attendue au tournant, l’équipe de France avait décidé de ne pas prendre le tournant ?

Ces hypothèses, si elles ont une quelconque réalité, ne sont probablement pas conscientes, mais on y pense fortement en se remémorant la deuxième mi-temps : des joueurs sans volonté et qui sont là sans être là. Manque de cohésion, certainement, mais pas seulement.
Ce phénomène anormal, Domenech l’a ressenti probablement lui aussi. Déboussolé, il ne trouve rien à dire de plus au journaliste que ces six mots qu’il répète plusieurs fois comme pour essayer de leur trouver un sens qu’il ne saisit pas lui-même : « c’est plus qu’une déception ».

Mais pour l’entraîneur, cette défaite a aussi une autre signification. Difficile de trouver une sortie de piste plus offensante. Entre les deux mi-temps, il a dû briefer ses joueurs et on sent un mieux au début de la deuxième… qui retombe vite comme un soufflet , comme s’ils avaient voulu le sanctionner.

Il reste tout de même un match contre l’Afrique du Sud, mais on n’y croit plus. On voit déjà les joueurs descendre l’oreille basse de l’avion à Orly.

Que faire ? Oublier la coupe du monde 2010, oublier Domenech, penser à Laurent Blanc qui va prendre le relais, penser à 2014 et souhaiter au Mexique d’aller très loin dans la compétition pour que la blessure soit moins profonde.

Edouard

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On a tous en nous quelque chose de Neandertal

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En ce début de XXIe siècle, l’homme blanc s’était enfin trouvé une place dans l’histoire de l’humanité. En réaction aux théories racistes qui voulaient faire de lui le représentant d’une race supérieure et qui en avaient fait la honte de l’humanité, il avait fini par accepter qu’il n’était pas différent des Africains et des Asiatiques. Du suédois au pygmée en passant par le canaque et l’Amazonien, nous étions tous les mêmes. Il y avait quelques différences physiques, c’est vrai, mais si peu…

S’il était un meurtrier, il en était de même pour ses cousins des autres continents. La génétique était là pour le prouver, l’homo sapiens était le seul survivant de la race homo.
Comment expliquer cette situation ? Pour la plupart des disparitions, il n’y était pour rien puisqu’elles avaient eu lieu bien longtemps avant qu’il hante les continents. Mais pour les autres, les contemporains de sapiens, comment expliquer ? Sans répondre, on pensait à une extermination perpétrée par nos ancêtres. En Europe, le débat tournait autour de Neandertal découvert en 1856. Ce cousin plus grand, plus fort et doté d’une volumineuse boîte crânienne avait disparu mystérieusement. Nous avions peut être échangé avec ce voisin, peut être même plus, mais en tout cas, selon toute vraisemblance, il n’y avait pas eu d’union fertile et les deux espèces ne s’étaient pas métissées.
Sapiens aurait-il exterminé Neandertal ?

Plusieurs relents bibliques dans cette hypothèse. Caïn et Abel, tout d’abord. Les Sapiens, enfants de Caïn, ne pouvaient être que des graines de meurtriers. David et Goliath ensuite. Si Sapiens avait survécu, ce n’était peut être pas seulement parce qu’il était un tueur, mais aussi parce qu’il était plus malin et qu’il avait su mieux s’adapter que son lourdaud de cousin.

Et puis, patatras, l’info est tombée dans Le Monde du 8 mai 2010, on a enfin la preuve que Neandertal et Sapiens se sont mélangés. Que penser ? Étant donné que les néandertaliens sont une espèce made in Europe, peut-on parler d’une race européenne ? Ca fait froid dans le dos, d’autant plus que cela fait 70 ans que l’homme blanc tente de penser le contraire. Et s’il y avait des races génétiquement différentes ? Et si les Européens appartenaient réellement à un même ensemble métissé qui les différenciait des autres humains ?

Dans les années 50, une telle théorie n’aurait pu émaner que de nostalgiques des chemises brunes, des claquements de bottes et des croix gammées. Mais aujourd’hui, que penser ? Le « tous pareils » difficilement tenable devra-t-il laisser la place au « tous différents » même si « les gens qui ne sont pas comme nous, ça nous dérange ».

Edouard

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