Un vote pour une vie

L’objet du scrutin du 23 avril ne sera pas uniquement de présélectionner deux candidats pour le second tour de l’élection présidentielle. La question à laquelle nous devrons répondre est « quelle vie politique voulez-vous pour demain ? »

En effet, sur les quatre candidats qui, au dire des médias, semblent à même de pouvoir se maintenir au second tour, un seul se raccroche à la bipolarité traditionnelle de la vie politique française : François Fillon.

S’il arrive au second tour, il est possible que la traditionnelle répartition gauche/droite demeure. Contre Marine Le Pen, on retombera dans le cas de figure de 2002 avec un Front National qui semble faire moins peur, mais tout de même assez, je l’espère, pour ne pas faire sombrer la France dans le populisme d’extrême droite. Contre Jean-Luc Mélenchon, les choses seront différentes et bon nombre d’électeurs de gauche n’estimeront peut-être pas qu’il est nécessaire de faire barrage à ce candidat qui, pour ma part, n’est pas moins dangereux que Marine Le Pen.

J’espère de tout cœur un second tour Fillon-Macron qui poserait une réelle question de choix de société. Les détracteurs d’Emmanuel Macron lui reprochent de s’inscrire dans la continuité de François Hollande et de n’être qu’un socialiste déguisé. Cette attitude a bien entendu pour but de faire peser sur le candidat d’ « En Marche », le bilan d’un quinquennat que personne ne souhaite défendre, mais elle révèle aussi une incapacité de ces derniers à comprendre que le projet d’Emmanuel Macron s’inscrit dans une vision complètement rénovée de la vie politique française qui apparaît de plus en plus indispensable dans un monde en évolution permanente dans lequel la France n’est rien sans l’Europe.

Les sondages, depuis un bon moment, misent sur un second tour Macron/Le Pen. Contrairement à beaucoup d’électeurs de ma génération si j’en crois les nombreux articles du Monde à ce sujet, je n’ai pas évolué depuis 2002 et je continue à penser que la présence du Front National au second tour serait une honte pour notre pays. Je ne pense tout de même pas que je retournerai manifester place de la Bastille, je n’ai plus le même punch et puis il y avait l’effet de surprise en 2002 qui n’existerait plus aujourd’hui.

Un second tour Macron-Mélenchon serait peut-être aussi intéressant, mais j’ai des doutes concernant  un report massif sur Macron dans cette configuration : de nombreux électeurs de gauche qui se rabattront sur Mélenchon et ceux de droite se réfugieront dans l’abstention.

Reste la configuration Le Pen-Melenchon qui me plongerait dans l’embarras. Ce serait une caricature de débat gauche/droite, une partie de catch politique aussi ridicule que dangereuse : rien que d’y penser…brrr

Édouard

La fin de l’ère primaire

Mis en examen le 15 mars, il maintient sa candidature et tient à nous le faire savoir après nous avoir dit qu’il se retirerait en cas de mise en examen. Il apparaît donc comme un homme incapable de respecter une parole donnée, ce qui achève de le décrédibiliser. La question qu’il faut se poser est « avait-il le choix de faire autrement ? » ou plutôt, « avaient-ils le choix ? »

Il sera mis en examen huit jours avant la clôture des candidatures. En cas de désistement aujourd’hui, les républicains n’auraient plus eu que trois semaines pour trouver un nouveau candidat. Je me demande si, administrativement, cela serait possible. En tout cas, faute de remplaçant, il est condamné à se maintenir.

Une partie de ses électeurs iront vers Macron, le FN ou rejoindront le camp des abstentionnistes. Demeurera la vieille garde, ceux qui sont décidés à le défendre coûte que coûte, ceux qui voudront croire à la théorie du complot dont leur poulain, évidemment innocent, serait victime.

Comme le chevalier noir de sacré Graal des Monty Python, il continuera à se battre jusqu’au bout sans jambes et sans bras, parce qu’il n’a pas le choix.

Absent du second tour, il ne donnera peut-être pas de consigne pour le report des voix : on l’imagine mal demander à ses électeurs de se reporter sur Marine Le Pen. Ou alors, à l’issue d’une émouvante intervention télévisée, il nous expliquera qu’il faut tout faire pour faire barrage au Front national. Aura-t-il encore un auditoire ? Sa voix portera-t-elle assez dans le brouhaha général ? Intéressera-t-elle encore un électorat sachant très bien ce qu’il a à faire ? Rien n’est moins évident.

La victoire de François Hollande en 2012 était largement liée au désamour des Français pour Nicolas Sarkozy et aussi, au succès des primaires à gauche qui donnèrent au candidat une légitimité sans précédent. Cinq ans plus tard, les primaires à droite comme à gauche se sont révélées être des pièges décrédibilisant le système de bipolarité politique sur lequel reposait toute la vie politique française. Quel crédit accorder à une primaire si le candidat élu est noyé dans des affaires judiciaires peu après son élection ? Quel crédit accorder à une primaire de la gauche dont sont absents le centre gauche et l’extrême gauche ?

Finalement, les primaires auront été comparables à cette météorite qui fit disparaître les dinosaures et qui permettra indirectement aux mammifères de se développer et à l’être humain de voir le jour.

C’est peut-être enfin l’opportunité de reconstruire une vie politique déjà à bout de souffle depuis des décennies. En marche !

Edouard.

 

0,22€

Ma vie d’auteur a commencé en février 2011 avec la publication de mon premier ouvrage aux éditions universitaires européennes : « la rédaction de mémoires contentieux en droit de l’urbanisme » (voir « édition et rectangle »). Je le reconnais aujourd’hui, le titre était certainement un peu osé pour l’époque, cela expliquerait pour partie qu’il n’ait pas trouvé son public. Pour des raisons qu’il serait trop long d’expliquer, je n’arrive plus à accéder à mon compte sur le site des éditions universitaires européennes, je ne sais donc pas à ce jour si je suis devenu millionnaire, mais aux dernières nouvelles, je n’avais pas vendu un seul exemplaire. Ceci dit, ce petit ouvrage (j’avais reçu un exemplaire gratuit) m’a tout de même permis de me la péter un peu au boulot.

J’étais alors sur l’écriture d’un premier roman qui n’a pas trouvé non plus son public, faute de trouver un éditeur et en juillet 2012, mes fantasmes financiers en prenaient un coup (voir « édition et pognon »).

En juin 2013, ce fut le début de la gloire avec la publication de la première aventure de Georges sur Shortédition (voir « Georges édité »). Cela a été l’origine d’une collaboration certes sympathique, mais financièrement infructueuse, n’étant jamais allé très loin dans la compétition.

Début 2016, je reçois une petite boîte de bonbons Shortédition pour me remercier de ma fidélité, étant entre-temps devenu membre du comité éditorial. J’entrais incontestablement dans un processus commercial. De plus, cet outil s’est avéré d’une grande utilité professionnelle, coiffant au poteau trombones, agrafeuse et autres tampons (je ne parle pas de la gomme, car je n’utilise pas de crayon à papier). En effet, un « vous voulez un bonbon ? », judicieusement placé dans une discussion délicate, peut permettre de dénouer bien des situations.

Mais ce n’est pas tout. Ce matin, en allant sur le site de Shortédition, je trouve un document certifiant que ma nouvelle « Aux origines de l’Union européenne » m’a rapporté la coquette somme de… 0,22€ !! Certes, je ne toucherai pas ce pactole puisque les droits d’auteurs ne peuvent être perçus qu’à partir de 10€, mais tout de même, ce n’est pas rien, d’autant plus que la nouvelle en question est extraite du fameux roman qui n’avait pas trouvé d’éditeur. Le retour sur investissement était en marche ( voir « édition et impression »).

Conclusion : si l’aventure de l’écriture vous tente, ne perdez jamais espoir, sachez vous contenter de peu et surtout, profitez de l’instant présent, car en définitive, il n’y a que cela qui compte.

Edouard

Pour un monde populaire

Je n’ai pas été surpris par l’élection de Donald Trump. Hier après-midi, je suis resté coincé une heure dans l’ascenseur de mon immeuble : j’ai bien compris que c’était un mauvais présage.

Vision fantasmée et sanguinolente de l’islam, Brexit, élection de Donald Trump,… et après, qu’elle suite logique ?

Dans un monde incertain en perpétuelle mutation, emporté dans une machine infernale qu’il ne sait plus arrêter, l’homo sapiens du XXIe siècle se désintéresse des sages, des raisonnables, de ceux qui connaissent les dossiers pour se tourner vers ceux qui ont du punch, qui le font rêver, rire, qui le valorisent, lui donnent envie de se lever le matin pour aller travailler et lui font miroiter un avenir meilleur…

Faut-il comprendre que l’homo sapiens est un imbécile méprisable qui ne comprend rien ? Je ne le pense pas. Les populistes ne sont pas uniquement des clowns, des menteurs et des irresponsables, ils donnent aussi un sens à cette transformation de la planète. L’homo sapiens, comme son nom l’indique, est un animal condamné à la rationalité, un animal harcelé par le stress dès que le sens de son environnement lui échappe. Sa soif de sens est telle qu’il est prêt à tout accepter pour que son univers reste compréhensible. Peu importe que celui-ci soit sérieux, l’essentiel est qu’il existe.

Dans le monde insensé du XXIe siècle, sommes-nous condamnés au populisme ? La suite logique pour la France de Deash-Brexit-Trump est elle nécessairement « Marine Le Pen » ? Je ne le pense pas. Cependant, au lieu de stigmatiser les populistes, nos politiciens feraient mieux de les observer et de tirer des leçons de leur succès. Quand je parle de tirer les leçons, je ne parle pas d’une triste imitation qui consisterait à faire un copier/coller  des thématiques populistes régressives, mais de la capacité à obtenir l’adhésion des foules.

Le prochain président de la République française sera charismatique, il saura parler à l’émotivité des Français, toucher leurs pulsions irrationnelles. Il devra savoir se faire aimer et leur donner l’envie de l’adopter.

Le prochain président de la République française donnera du sens à son action et devra rendre celle-ci intelligible. S’il veut être issu d’un parti « de gouvernement », sa mission sera bien plus compliquée que pour les ténors des partis populistes. Ceci dit, rien n’est impossible. Churchill disait « Tout le monde savait que c’était impossible jusqu’au jour où est arrivé quelqu’un qui ne le savait pas et qui l’a fait ».

Pour résumer, l’homo sapiens a besoin de se sentir aimé et de comprendre son environnement.  Si aucun candidats, à gauche comme à droite ne le comprend, Marine Le Pen sera la prochaine présidente de la République.

Edouard

Pour en finir avec le snobisme

Il y a trois ans sur ce blog, je qualifiais de snobs, les visiteurs d’une exposition Giotto , blessant ainsi beaucoup d’admirateurs du peintre dont Pierre qui m’avait ce jour là fait sortir de ma caverne et Martine qui me renvoya l’ascenseur deux mois plus tard lorsque je faisais part de mon admiration pour Miró. Ceci dit, Martine avait tenu des propos en 2011 sur les lecteurs de Zweig qui n’étaient pas très éloignés du procès en snobisme.

Cette histoire de Giotto m’a beaucoup marqué et depuis trois ans, je me dis qu’il faudrait que je creuse cette affaire de snobisme.

Guy, mon cher coblogueur, me donne aujourd’hui l’occasion de m’exprimer sur le snobisme en art puisqu’il accuse Borges de snobisme, ce qui me blesse, étant moi-même un grand admirateur de l’écrivain.

Qui de Giotto, Miró, Zweig, Borges et de leurs admirateurs sont les plus snobs ? Bien entendu, la réponse à cette question ne peut être que subjective et je me garderai bien d’en donner une.

Il y a 3 ans, mon papa (comme quoi, il faut toujours écouter son papa) m’avait donné une piste en citant un vers de Paul Valéry (Paul Valéry était-il snob ?) « Voyageur! il ne tient qu’à toi que ce monument soit un tas de pierres ou un tombeau . Ami n’entre pas sans désir ! »

J’ai mis un certain temps à comprendre que tout cela ne tournait en définitive qu’autour d’une affaire de sensibilité personnelle. Je le reconnais, je n’étais pas préparé pour admirer Giotto et je le jure, j’ai été réellement bouleversé par Miró. Pourquoi ? Une psychothérapie me permettrait sans doute de trouver des réponses…une attirance plus prononcée pour l’Espagne que pour l’Italie, plus forte pour l’art abstrait que pour la peinture religieuse. L’incapacité que l’on peut avoir à ressentir une émotion devant une œuvre peut nous faire penser qu’il ne peut en être autrement pour ceux qui disent l’admirer et qui ne pourraient donc que simuler leur émotion.

Cependant, je ne dis pas que les vrais snobs n’existent pas, ceux qui simulent leur admiration pour telle œuvre ou tel artiste avec le seul objectif d’occuper une posture sociale d’élite ou populiste. Pour que la simulation soit parfaite, encore faut-il que le vrai snob ne ressente aucune émotion, ce qui le rapproche de l’inquisiteur ès snobisme. Peut-on dire qu’il faut être un peu snob pour accuser de snobisme ses semblables ? Je ne suis pas loin de le penser et je veux bien reconnaître que j’ai fait preuve de snobisme populiste en traitant de snobs les admirateurs de Giotto. Je m’excuse platement auprès d’eux. Cependant, tout en admirant Proust , je le trouve très snob, même s’il est lui même un grand pourfendeur du snobisme (et surtout pour cela peut être).

Edouard

Dublin

Je ne gardais de mon premier passage à Dublin que l’image splendide de la bibliothèque de Trinity College. Le souvenir de mon second passage, quelques années plus tard, est bien meilleur. Toutefois il s’inscrivait dans le cadre d’un road movie camping/pubs/Guinness entre potes à travers le pays qui ne m’avait pas permis de m’imprégner pleinement de l’esprit de la ville. Ceci dit, je garde de ce second voyage le goût du charme incomparable des pubs irlandais, bien plus palpable dans les villages isolés du Connemara que dans la capitale, même s’il est possible d’en retrouver un zest en s’écartant un peu du centre.

L’animal n’est pas d’abord facile, à commencer par son nom. Créée par les Vikings au IXe siècle, « Dubh Linn » signifierait « bassin aux eaux noires ». Mais que penser alors de l’ »Eblana » citée par Ptolémée au IIe siècle ? La vérité est ailleurs, dans la crypte de St. Michan’s qui aurait inspiré l’univers de Dracula, dans la simplicité des habitants, dans la rusticité du Irish Stew, dans l’âpreté de la Guiness, dans les cris des mouettes qui retentissent très loin du Liffey.

Swift, Stoker, Wilde, Shaw, Joyce, Beckett…Dublin est la ville du « livre », en tant qu’outil de création, en tant que diffuseur d’imaginaire et de savoir. Le « livre », c’est bien entendu la bibliothèque du Trinity collège mais ausi le livre de Kells, joyaux de l’enluminure médiévale, sans oublier la richesse éblouissante de la Beaty library. Mais Dublin est aussi une ville d’inspiration littéraire avec ses restes de folklore celtique que l’on trouve ici et là, ses paysans affamés du XIXe siècle immortalisés au « famine Memorial » et qui monteront à bord du Jeanie Johnston pour traverser l’Atlantique et changer le destin de l’Amérique du Nord.

Dublin est une ville pauvre. La pauvreté est visible dans la vétusté des immeubles et dans le regard des SDF, mais elle fait aussi partie du Folklore. C’est celle que rappellent les pains des pauvres exposés à Saint Ann’s Church, celle de Molly Malone, personnage populaire écossais adopté par les Irlandais (le 13 juin est la journée Molly Malone) et chanté par U2, The Dubliners et Sinéad O’Connor.

Dublin, c’est aussi une religion catholique longtemps en résistance, c’est cette longue lutte contre l’occupant anglais qui ne trouvera une issue qu’au XXe siècle. La république d’Irlande n’existe que depuis 1949, Dublin est à ce titre une jeune capitale. Les travaux importants engagés pour l’agrandissement du réseau de tramway témoignent de cette vivacité. Le centre dédié à la révolution irlandaise a ouvert ces portes en avril, permettant ainsi de tourner une page, de poursuivre sur de nouvelles bases. Quand on fait entrer l’histoire dans les musées, c’est qu’on commence à avoir peur d’oublier et donc, que le passé ne nous obsède plus. « The Spire », cette aiguille de 120 mètres de haut, construite en 2003 à l’emplacement d’une statue de Nelson dynamitée par l’IRA en 1966 est le symbole de cette Irlande en devenir. L’histoire n’est pas terminée et le casse-tête du statut de l’Irlande du Nord dans la mise en œuvre du Brexit pourrait bien aboutir à une réunification de l’île. Une affaire à suivre…

 

Edouard

DAESH est en nous

Comme notre société de consommation, DAESH se nourrit de nos frustrations. Il donne un sens à la vie de tous les détraqués de la planète, tous ceux qui n’ont plus de repères, qui n’ont plus rien à perdre. Comme notre société de consommation, DAESH se nourrit du spectaculaire, des clichés faciles et présente la vie comme un jeu vidéo. Certains chassent les Pokémons, d’autres chassent les infidèles. Le concept est juste un peu différent et ceux qui jouent à DAESH sont juste un peu plus fêlés que les premiers.

La machine est lancée et on ne sait plus comment l’arrêter. Je doute que DAESH en soit capable. Il continuera à revendiquer les attentats et finira par ne plus connaître ses « amis DAESH », ne pourra plus les contrôler, fera semblant et se contentera de les « liker ».

A-t-on déjà perdu le pilote de l’avion DAESH? Peut-être. On l’a d’abord cru avec le chauffeur de Nice puis il s’est avéré que l’ « islamisation rapide » était moins évidente. A ce titre, les médias se sont bien gardés d’insister sur leurs contradictions. Ceci dit, l’attentat était prémédité, mais y a-t-il un lien avec DAESH ? Et l’égorgement du prêtre de Saint Étienne de Rouvray, qu’a fait DAESH ? Ce qui me semble clair, c’est que ces jeunes paumés cherchent un label DAESH qui leur donnera quelques minutes de « gloire » posthume.

Je ne vois pas quel pourrait être l’intérêt de DAESH à commanditer l’égorgement d’un prêtre dans une petite ville de province. Ce qui est clair, c’est qu’à chaque étape dans l’horreur, il se coupe de plus en plus de la communauté musulmane qui, je l’espère, va enfin se soulever pour écraser ce cancer qui la ronge. Aurait-il pu dire « Ah non, celui-là, c’est pas moi » ? Pouvait-il se taire ? Je ne pense pas. Avec un meurtre d’une telle puissance symbolique, DAESH était obligé de revendiquer sous peine de reconnaître implicitement qu’il ne maîtrisait plus rien.

Je veux m’opposer à tous ceux et toutes celles qui vomissent sur « les gouvernements successifs ». C’est bien français de tout faire porter par le gouvernement quand les choses ne vont pas, ça permet de ne pas se remettre en question, de ne pas se demander si nous n’avons pas notre part de responsabilité. Les gouvernements successifs, qui ont su très bien aussi nous faire croire qu’ils maîtrisaient une machine emballée, ont bien entendu eux aussi leur part de responsabilité, mais ne leur mettons pas tout sur le dos.

Ce n’est pas uniquement aux dirigeants de combattre DAESH, mais à nous tous, musulmans, chrétiens, juifs, bouddhistes, agnostiques, athées ; quelles que soient nos professions, nos convictions et nos origines.

Quand le label DAESH ne sera plus, quand tous les désorientés de la Terre s’apercevront que leurs crimes ne garantira plus la « Une » au JT du 20h, quand DAESH ne rendra plus « populaire », sans doute arrêteront-ils.

Edouard

You shall not pass !!

Ce serait faire trop d’honneur à Deach de le comparer à Sauron, je trouve que l’image du Balrog lui va bien. Ne baissons pas la garde, ne nous laissons pas envahir par la lassitude, par le « à quoi bon » ? Poursuivons la lutte, en premier lieu pour les victimes et leurs familles, mais aussi pour les forces de sécurité qui ne baisseront pas la garde, pour les militaires qui se battent en Syrie, pour les étrangers et binationaux qui vivent dans notre pays, qui n’ont rien à voir avec l’islamisme et sont pourtant eux aussi éclaboussés à chaque attentat.

Ne nous laissons pas envahir par la haine et par les schémas simples. J’invite tous les lecteurs de ce blog à se procurer « qui est l’ennemi ? », l’ opuscule très clair et très didactique écrit par Jean-Yves Le Drian qui explique pourquoi la guerre ne sera pas éclair et pourquoi la victoire définitive restera toujours incertaine.

Combien de camions encore, combien de kamikazes, combien de victimes innocentes ? Combien de temps encore ? Des mois ? Des années ? Personne ne le sait, mais ce qui est certain, c’est que nous sommes dans une guerre d’usure. Le perdant sera celui qui aura abandonné le premier.

Alors, ne nous détournons pas de l’horreur et regardons les choses en face. Ne les laissons pas voler le 14 juillet. Ne sombrons pas non plus dans le populisme et je salue à ce titre l’initiative de Teresa May consistant à mettre les Brexiteurs aux commandes, on verra s’ils continuent à dire que tout est simple (mettre aux affaires étrangères, Boris Johnson qui a insulté la quasi-totalité des chefs d’État de la planète, il fallait le faire).

 

Ne doutons pas de nous, préférons le « We’ll do it » au « Yes we can ».

La question du terrorisme aura une place majeure dans la campagne présidentielle de 2017. Puissent les chefs des partis de gouvernement être inspirés. On ne lâche rien !

 

Edouard

Une Europe pour quoi faire ?

Il y a presque un an, les Grecs votaient massivement pour la sortie de l’€. C’est cette année au tour des Britanniques d’exprimer leur défiance. Ce qui change avec l’Angleterre, c’est que contrairement à la Grèce, tout le monde imagine le pays capable de s’en sortir sans l’Europe et peut être même mieux, cela reste à prouver. En tout cas, ce qui est certain, c’est que ça va fragiliser le Royaume-Uni. Le Brexit, c’est peut-être une chance pour l’Écosse, l’Irlande du Nord et le pays de Galle. Est-ce un réel changement ? Hier, les Anglais étaient dans l’Europe sans y être. Demain, ils n’y seront plus tout en y étant. Qu’est ce que cela va changer? peut-on vraiment sortir de l’Europe ? L’Angleterre va-t-elle demander de dépendre de l’Asie, de l’Afrique ou de  l’Amérique voire de l’Océanie ? Ce serait amusant, voilà une idée pour Boris Johnson qui ne peut maintenant plus pester contre l’Europe.

Ce qui m’intéresse dans cette affaire, c’est le rejet persistant de l’Europe par les Européens. Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, l’Europe apparut comme une solution pour mettre fin aux conflits qui secouaient le continent depuis trois quarts de siècle. Puis, le bloc de l’Ouest semblait nécessaire pour faire face au danger russe. Dans les années 90, l’Europe était le symbole de la victoire de l’Ouest, de la réunification du continent, suite à l’effondrement du bloc communiste.

Et aujourd’hui, quelle est l’utilité de l’Union européenne ? Les moins de 25 ans n’ont pas connu la guerre froide, ils sont nés dans une Europe pacifiée et les querelles de voisinage paroxystiques du XXe siècle les dépassent largement. L’Europe est elle pour eux un gage de prospérité ? Leur permet-elle de mieux être éduqués et de mieux s’insérer dans la vie professionnelle ? Permet-elle de lutter contre le chômage ? Leur permettra-t–elle d’être mieux soignés ? Permet-elle une plus grande sécurité des Européens ? Un europhile bien au fait des rouages des institutions européennes pourra répondre par l’affirmative à ces questions en fournissant un argumentaire détaillé.

Cependant,  pour l’Européen moyen, les réponses à la plupart d’entre elles seront hésitantes : un « plutôt oui » ou un « plutôt non ». Un vague ressenti sans conviction.  C’est sur le terrain de la sécurité que l’Européen de 2016 pourra être le plus catégorique. L’Europe a été peu efficace dans le règlement de la crise syrienne. Elle n’a pas non plus su éviter les attentats islamistes. Bien pire qu’une inefficacité, l’ouverture des frontières peut être perçue comme un danger. Personne n’imagine plus aujourd’hui de guerre entre voisins. L’ennemi est en même temps plus loin et plus proche, insaisissable, imprévisible, inquiétant. La solution miracle brandie par l’extrême droite, le repli derrière les frontières, apparaît a beaucoup comme la meilleure  solution.

Dès lors, à quoi sert l’Europe ? Est-ce un concept has been ? A-t-elle atteint ses limites ? peut-on lui demander plus ? Sa mission était d’unifier le continent, elle a été réalisée avec succès. Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle ère. L’Europe n’a jamais beaucoup parlé au citoyen européen. Pendant des décennies, elle a tiré sa légitimité des circonstances géopolitiques du continent. L’Europe ne disparaîtra pas, mais le monde d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui qui l’a vu naître ni avec celui dans lequel elle a grandi. Le Brexit lui permettra j’espère de faire son introspection. Peut-être que dans deux ans, les Anglais réaliseront qu’ils ont eu tort de se retirer…ou pas. Ce qui est certain, c’est que les Européens les regarderont attentivement et cet exemple les aidera peut-être à réinventer l’Union européenne. Les Anglais viennent peut-être de sauver l’Europe.

Édouard

Jet d’encre

Comment avoir un blog à la fois très personnalisé et ouvert à d’autres contributeurs ? Je me suis posé très tôt cette question avec « cultureDoud », puis avec « Général Lee », sans vraiment trouver de réponse satisfaisante. « Jet d’encre » tente d’apporter une réponse en traitant les deux questions séparément. Les deux faces de « Jet d’encre » reprennent l’intégralité des articles présents sur le blog, mais font un choix de présentation différent.
« Le coin des critiques »
Cette facette est totalement ouverte à tous ceux et bien entendu à toutes celles qui souhaiteraient publier des critiques de livres ou de cinéma. Les catégories ont aussi été développées pour mieux donner aux visiteurs d’y flâner ou d’y trouver des idées. La catégorie cinéma comprend 20 subdivisions qui correspondent aux thématiques de classement du site « allociné ». La catégorie « livres » comprend 7 subdivisions : BD, Biographies, essais, jeunesses, nouvelles, romans, tourisme. La rubrique « romans », de loin la plus volumineuse du blog et à laquelle je n’ai contribué que très partiellement est elle-même divisée en 8 catégories.
« Le coin de l’auteur »
Ce côté est composé de 10 thématiques qui, selon moi, résument ce qu’est un auteur. L’auteur, c’est moi, mais pas seulement, n’importe quel auteur devrait pouvoir s’y reconnaître. Les habitués du blog remarqueront peut-être la disparition d’un certain nombre de rubriques : expos, télé, gastronomie, Web/tech… Jet d’encre coupe les ponts avec l’ambition d’universalité du blog. Finalement, il y a peu de choses qui m’intéressent vraiment et en tant qu’auteur, il n’y a qu’une seule question qui me passionne : comment écrire la place de l’individu dans la société ? Les quatre rubriques « Écriture », « Psy », « Histoire » et « Société » apportent des éléments de réponse. Viennent ensuite deux thématiques qui tournent autour de l’écriture. La première est philosophique : qu’est-ce que la « création » artistique ? La deuxième est économique et technique : comment diffuser une œuvre ( « édition ») ? Viennent ensuite ceux qui accompagnent l’auteur: le totem (Georges pour moi) et les maîtres regroupés dans la rubrique « Mentor ». Et puis, enfin, l’ère culturelle de l’auteur (France et Europe pour moi).
Il n’y a pas de séparation hermétique entre les deux côtés et « le coin de l’auteur » est très largement alimenté par « le coin des critiques ». Si l’aventure vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter en cliquant sur « écrivez-moi », à droite, juste au-dessus des archives.

Edouard

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