Sur la route

Road movie de Sal et Dean dans les États-Unis d’après guerre.

Les juifs ont la Thora, les musulmans le Coran, la beat generation a eu « sur la route ».

À en croire les médias, on se demande si cette géneration n’était pas un ramassis de machos violents homophobes et pédophiles. Pourtant, il semblait bien joli dans mon enfance au début des années 80, le ciel de la révolution sexuelle avec toutes ses couleurs et toutes ses paillettes, avant que les nuages du SIDA ne viennent l’obscurcir.

C’est donc tout d’abord pour revenir aux sources de cette génération que je me suis plongé dans la lecture de « sur la route ». Sexe, drogue et Jazz sont effectivement les trois piliers des activités de Sal et Dean lorsqu’ils ne sont pas sur les routes. Les filles sont toutes faciles (au début en tout cas) et les protagonistes ne semblent pas particulièrement apprécier les homosexuels. MLF devait être un courant parallèle. À aucun moment, la contraception n’est évoquée et les deux gars sont totalement irresponsables, comme il se doit.

Je me suis bien ennuyé pendant la première moitié, peut-être parce que je cherchais à tout prix à dégager la thématique sexuelle de cette lecture. Et puis, à force de m’ennuyer, j’ai fini par abandonner cette recherche et c’est là que la vraie profondeur a commencé à apparaître. Bien plus que le sexe, le thème principal de « sur la route » semble être l’amitié démesurée entre Sal et Dean qui ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre. C’est cette relation fusionnelle dont par Georges Bernanos dans « journal d’un curé de campagne » quand il dit « je comprends maintenant que l’amitié peut éclater entre deux êtres avec ce caractère de brusquerie, de violence que les gens du monde ne reconnaissent volontiers  qu’à la révélation de l’amour ». Croit-on encore à l’amitié aujourd’hui ?

« Sur la route », c’est aussi une ode aux États-Unis que les deux amis traversent d’est en ouest et du nord au sud un nombre incalculable de fois et à toutes ces petites villes du Middle West dont on ne parle jamais. C’est bien entendu aussi un hommage à la voiture devenue l’égal du cheval au XIXe siècle, dans la conquête de l’ouest du XXe.

Et puis, il y a la route, cette fuite permanente face à la société, aux responsabilités, au monde du travail, au vieillissement…bref, à l’âge adulte qui finira fatalement par les rattraper. La route, c’est aussi la quête du « it », terme emprunté au jazz, mais qui renvoie plus généralement à la recherche de l’extase, de l’expérience sensuelle. Sal se mariera, Dean se mariera trois fois, divorcera deux fois et finira par vivre avec sa deuxième femme. Leurs épouses verront d’un mauvais œil cette amitié exclusive. Elle finira par se rompre. La beat generation était jeune et voulait reconstruire un monde ruiné par la Seconde Guerre mondiale, Kerouac leur a apporté une mythologie.

Jacques Kerouac

Folio 1972 (1re édition en 1960)

Edouard

Ainsi, Dieu choisit la France

Histoire du vieux couple franco-catholique depuis le baptême de Clovis (496 ou 498) jusqu’à la loi de séparation de l’Église et de l’État (1905).

Je le reconnais, le titre ne m’a pas particulièrement séduit de prime abord et si cet ouvrage ne m’était pas singulièrement arrivé entre les mains, je ne me serai jamais demandé ce qu’il y avait à l’intérieur.

Écrit à la manière des historiens du XIXe siècle, empreint d’un romantisme échevelé que l’auteur s’amuse parfois à surjouer, le livre résume en 9 tableaux, les rapports entretenus entre la France et la papauté pendant plus de 1400 ans.

Après la chute de l’Empire romain d’occident en 476, l’Église catholique se trouvait dépourvue du soutien de la puissance séculière qui avait permis son expansion pendant plus de 150 ans. À côté, le chef Franc,Clovis, avait tout à gagner d’un rapprochement avec une institution qui lui conférait une légitimité spirituelle dans une Europe en cours de christianisation. Pendant plus de 800 ans, se construisit, à côté des dogmes chrétiens, la conviction des souverains Français d’être investis d’une mission divine visant à protéger la chrétienté. Philippe Le Bel marqua un tournant décisif en 1303 en voulant instituer une certaine autonomie de l’Église de France vis-à-vis des institutions romaines. C’est le début du gallicanisme qui allait durer 600 ans. Avec Jeanne d’Arc, la mission divine de la France n’est plus seulement celle des puissants, mais elle devient celle de tout un peuple (en 1920, la canonisation de Jeanne d’Arc rassemblera les catholiques, les royalistes et les classes populaires après le traumatisme de la grande-guerre).

Le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) illustre bien les dimensions politiques et populaires de cette mission. Quelques décennies plus tard, les soldats français pourfendront les protestants à La Rochelle et combattront les Espagnols à leurs côtés en Flandre : comprenne qui pourra. La révolution tentera une nouvelle religion, mais on ne change pas comme ça l’ADN d’un peuple. Avec le concordat, Napoléon reviendra au gallicanisme assorti d’un contrôle étroit exercé sur les évêques. Loin d’être ressentie comme une catastrophe par les institutions romaines, la loi de 1905 sera plutôt considérée comme une libération, mais en habile politique, Pie X se gardera bien de crier victoire trop ouvertement.

Certes, la passion médiévale pour le merveilleux et le surnaturel a aujourd’hui largement laissé place à la rigueur scientifique et les églises ne sont plus aussi pleines. On peut toutefois se demander ce qu’est devenue la « mission divine de la France ». La Déclaration universelle des droits de l’homme en découle clairement et on sait combien cette conviction a pu justifier les velléités colonialistes. L’arrogance française, souvent décriée par les étrangers, consistant à penser que notre pays est la mesure de toute chose, en découle certainement aussi.

Édouard

Camille Pascal

Presses de la renaissance

2017

Encres de Chine

Une écrivaine dissidente est retrouvée morte. Yu, l’adjoint de l’inspecteur Chen, mène l’enquête, suivi de loin par son supérieur.

J’ai été très perturbé dans ma lecture par la dernière version de Windows que je n’ai d’ailleurs toujours pas réussi à installer sur mon PC. Lisant entre les différentes et laborieuses étapes du téléchargement, j’avoue que j’ai eu du mal à m’accrocher à l’intrigue.

La qualité du roman ne m’a d’emblée pas semblé à la hauteur des espoirs que j’avais pu nourrir à la lecture de « Visa pour Shanghai », mais c’est vrai qu’on y retrouve en revanche une certaine authenticité que la dimension trop américanisée du précédent opus fragilisait. Les fans retrouveront donc leurs lots de poèmes et de récits culinaires.

« Encre de Chine » s’intéresse moins à la politique qu’à la « Chine d’en bas » qui, toute populaire qu’elle était, n’en a pas moins souffert du maoïsme que les couches supérieures. D’une certaine manière, « encres de Chine » est un polar social qui insiste beaucoup sur la vétusté de la vie à Shanghai dans la première moitié des années 90 qui s’oppose à la montée de l’enrichissement du pays et à son ouverture au capitalisme. Même pour Chen qui semble maintenant dans les hautes sphères de la société, l’arrivée d’une chaudière semble un événement extraordinaire.

Yu est plus proche du petit peuple. Il se débat encore et toujours avec ses problèmes de logement. Il commence aussi à jalouser un peu son supérieur qui lui laisse faire tout le boulot pour récolter in fine les lauriers.

Chen semble peu s’intéresser à cette enquête, à la mort de cette écrivaine médiocre et aux motivations très terre à terre du meurtrier. On ne tue plus pour l’idéologie communiste dans les années 90, mais pour des préoccupations bassement matérielles : le décor a bien changé, mais les comportements restent les mêmes.

Chen semble lui aussi soucieux de se trouver des sources de revenus complémentaires et est plongé dans des travaux de traduction qui lui ont été confiés par Gu. Gu représente l’antichambre des Triades et tend maintenant à s’imposer sur Li, le secrétaire du parti qu’on ne voit presque plus. Gu est étrangement bien intentionné à l’égard de Chen : il lui donne une secrétaire, lui offre une chaudière, paie les soins médicaux pour sa mère, l’aide à résoudre l’enquête… Chen ne semble toutefois pas avoir le sentiment de se faire acheter et apparaît maintenant résigné à se laisser porter par les événements et par cette nouvelle Chine en quête d’identité.

Une grande mélancolie se dégage du roman, peut être que cela reflète aussi des préoccupations plus personnelles de l’auteur.

Édouard

Points

2006

Astérix et la transitalique

Afin de mettre en valeur la qualité de l’entretien des voies romaines, le sénateur Bifidus Lactus décide d’organiser une course de chars à travers la péninsule italienne rassemblant des concurrents venus des quatre coins de l’empire. Astérix et Obélix sont à la fête.

Une fois de plus, apparaissent sur la couverture en gros caractères, les noms de « R.Goscinny » (décédé en 1977) et « A.Uderzo » (retiré des aventures d’Astérix depuis « Astérix chez les Pictes). En dessous, en plus petit, les noms des réels auteurs « Jean-Yves Ferri » et « Didier Conrad ». Sur la page de garde, il est bien précisé que « Goscinny et Uderzo présentent une aventure d’Astérix ». Cela va donc beaucoup plus loin qu’une filiation. Les réels auteurs ne revendiquent pas un « à la manière de… » ou un « avec les personnages de… », mais prétendent incarner les démiurges originels.

Pari réussi. L’album « Astérix et la transitalique » n’est peut-être pas aussi bon que « le papyrus de César », mais incontestablement bien meilleur qu’ « Astérix chez les Pictes ». Les pages traditionnelles « quelques Gaulois » ainsi que la carte de France avec la loupe sur le petit village d’Armorique n’apparaissent plus. Les puristes s’en désoleront peut être, mais pas moi. Il faut je pense que l’Esprit des créateurs évolue quelque peu pour ne pas qu’Asterix perdre son âme. Le contexte national et international n’a plus rien à voir avec celui des années 60 et une ouverture s’impose. Très bien cette « Foire Itinérante de l’Artisanat Celte (FIAC) » (je n’avais même pas remarqué l’allusion à la première lecture) à Vannes. Il y a donc un quotidien de nos héros qui ne se cantonne pas au village, à la chasse aux sangliers dans la forêt et aux bagarres avec les Romains des camps retranchés. C’est rassurant.

L’intrigue n’est pas trop mal non plus, elle ne renvoie pas à l’actualité immédiate comme dans le Papyrus, mais explore une contrée dans laquelle il est vrai que les deux inséparables gaulois ne s’étaient jamais aventurés. De la péninsule italienne, ces derniers ne connaissant que Rome. Bien entendu, les anachronismes pleuvent et c’est toujours ce qui a fait le charme de la série. Ceci étant dit, c’est intéressant historiquement de voir que Rome n’était pas la péninsule italienne et que les habitants du Latium avaient des modes de vie semblables à ceux des Gaulois.

Les gags sont bien dosés avec les gros gags visuels qui ne sont pas trop nombreux, les jeux de mots bien appuyés avec explications pour que tout le monde puisse comprendre et les gags plus subtils que les plus jeunes auront du mal à comprendre comme ce personnage qui parle de « proposition qu’on ne pourra pas refuser » ou cet autre pour lequel « Capri, c’est fini ».

Pour terminer, merci aux petits clins d’œil pour les fans comme la présence discrète du chef du bateau pirate et de sa vigie Baba (qui avait fait l’objet d’une polémique lors de la sortie du « papyrus de César » et qui, comme il se doit, ne prononce toujours pas les « R »). ou celle d’un des Helvètes de mon album favori.  J’attends les prochaines aventures avec impatience.

Édouard

Seul sur Mars

La science-fiction n’est pas ma tasse de thé.
Je me suis quand même laissé tenter par cette histoire d’un homme non pas seul contre tous, mais seul tout court.
On pourrait sous-titrer le livre ‘Manuel du bricolage sur Mars’.

Lors d’une mission sur la planète Mars, une tempête de sable force l’équipage à s’envoler, sauf Mark, laissé pour mort.
Blessé, il se retrouve seul dans un environnement hostile et glacé.
Botaniste de formation, il a plus d’un tour dans son sac.
Il arrive à rétablir le contact avec la Terre. Ceci ne se passe pas comme avec nos téléphones portables.
Chaque message dure plusieurs minutes avant d’arriver à destination. Mars se trouve, selon les saisons, entre 8 et 22 minutes-lumière de la Terre. Peu de chose en comparaison des milliards d’années-lumière de l’univers.
Notre intrépide explorateur aura à affronter une série de contretemps, auxquels il remédiera avec une ténacité surprenante. Il arrivera même à produire des pommes de terre, n’étant pas botaniste pour rien.
Le lecteur halluciné est entraîné dans une série d’explications scientifiques qui tiennent la route.
Un suspense à l’américaine, avec une foison d’acronymes, fatigante par moments.
Pour sauver notre homme, même les Chinois vont s’y mettre.

il faut un minimum de connaissances en physique, chimie, astronomie, électricité, géométrie dans l’espace, botanique, physiologie pour tout capter.

Sauvera-t-il sa peau?

Amitiés interplanétaires,

Guy

Andy Weir

Bragelonne

472 p.

Les tribulations d’un lapin en Laponie

Un hommage appuyé à Arto Paasilinna, compatriote de l’auteur finlandais. Lisez plutôt le lièvre de Vatanen du précité Paasilinna.

Le dénommé Vatanescu quitte sa Roumanie natale pour devenir mendiant professionnel à Helsinki.
Exploité par la mafia russe, il se révolte et se trouve isolé en Laponie, en compagnie de son lapin fétiche. On sourit par moments, mais la grâce n’y est pas.

Passez donc votre chemin, et restez dans nos contrées plus tempérées.

Amitiés en terrasse,

Guy

Tuomas Kyrö

Folio

359 p.

Helsinki

Dans la mesure où il n’existe pas de guide Hachette dans la collection « un grand week-end à », je me suis rabattu sur le « petit futé » dont je ne suis pas entièrement satisfait. À ce titre, je remercie l’internaute d’avoir précisé sur le Web qu’il fallait prendre le T3 pour se rendre au « Sibelius monument ». Il faut aller tout au bout de la ligne et marcher un peu après. C’est à gauche, à droite, enfin, je visualise plus très bien… le mieux est de rentrer dans GoogleMaps l’adresse donnée par le guide. C’est incroyable comme cette application révolutionne le concept du tourisme. En lieu et place d’un être humain qui va essayer de se rendre indispensable, on a maintenant avec nous une sorte de cyborg qui nous donne la direction à prendre.

Et on peut même lui parler! J’ai d’abord pensé qu’il se foutait de ma gueule en me disant que j’étais à l’emplacement de l’église du Temppeliaukio alors même que je ne voyais sous mes pieds qu’un champ de lave en plein milieu de la ville. J’ai fini par penser que je devais être sur le toit d’une sorte de bunker. En descendant, j’ai un peu hésité à entrer dans ce qui me semblait être l’accès à un parking. La découverte de ce temple luthérien creusé dans la roche aura été en grand moment.

Il faut dire que les Finlandais n’en mettent pas des couches pour identifier les lieux touristiques. Protestantisme oblige, l’austérité est la règle. Cette recherche de l’épure, du minimalisme, se retrouve bien entendu aussi dans le design finlandais. À Stockholm, je l’avais plutôt vu comme un art de vivre domestique permettant de faire face à un climat pour le moins hostile. Ici, le design semble plus répondre à une quête intérieure visant à s’extraire du réel. Pas étonnant que le jeu vidéo fleurisse dans ce pays et qu’ « Angry Birds » y ait vu le jour. Cette recherche de l’épure fait un peu penser au zen, comme ces coussins en forme de galets amoncelés dans la chapelle du silence, sorte de mug en bois gigantesque construit en 2012. D’ailleurs, les Moumines, personnages à l’allure d’hippopotames des neiges qui semblent tout droit sortis d’un dessin animé de Miyasaki font un malheur au Japon.

Cette discrétion institutionnalisée n’est sans doute pas sans lien avec la situation géopolitique  de ce pays, pris en tenaille entre les deux grandes puissances que sont la Russie et la Suède, comme le rappellent la cathédrale orthodoxe Uspenski et la cathédrale luthérienne Tuomiokirkko qui semblent se regarder en chiens de faïence.

La Finlande, comme bon nombre de pays européens coincés entre plusieurs empires, a dû construire son identité à la force du poignet. Le finnois en constitue bien entendu un élément majeur ainsi que le Kalevala, recueil de mythes et légendes locales publié en 1835. Son indépendance ne date que de 1917 et son appartenance à l’Union européenne est bien entendu aussi un gage de stabilité. Malheureusement, les empires sont aujourd’hui moins géographiques  qu’économiques et industriels, en témoigne les difficultés du « miracle  finlandais » Nokia  mis en péril par Microsoft et Androïde qui menacent aujourd’hui 600 emplois en France (affaire à suivre le 2 octobre).

Édouard

La rentrée « jet d’encre »

Je ne sais pas pourquoi, je sens que j’ai été bien inspiré en rebaptisant mon blog l’année dernière. Tout le monde sait aujourd’hui qui était le général Lee historique et de moins en moins de personnes se souviennent de la voiture des frères Duke.

Comme expliqué dans un précédent post, la découverte de Google Analytics m’a non seulement permis de retrouver une visibilité sur les articles consultés, mais m’a aussi permis de faire la part des choses entre les simples clics et les vraies lectures.

Il m’a permis de voir aussi d’autres activités sur le Blog dont je ne soupçonnais pas l’existence. Ainsi, j’ai eu la surprise de voir que la rubrique « histoire d’un blog » était lue, ce qui m’a incité à la toiletter un peu.  Je continuerai bien entendu à l’entretenir . J’ai vu qu’il y avait beaucoup de nouveaux arrivants sur le blog et qu’il fallait que je fasse un effort pour le rendre lisible.

J’ai vu aussi avec émotion que des visiteurs avaient entré le mot « Georges » dans le moteur de recherche en haut à droite. C’est vrai que je l’ai beaucoup délaissé ces derniers temps, le pauvre. Ces aventures étaient noyées dans les différentes rubriques. Pour ceux qui voudraient retrouver ses aventures et ceux qui voudraient les découvrir. J’ai créé une page juste au-dessus de « blog à part » (ex « histoire d’un blog ») intitulé « du côté de chez Georges » qui permet d’y accéder plus facilement.

J’ai réalisé que la dichotomie entre « coin de l’auteur »et « coin du critique » était un peu compliquée et largement faussée par le fait qu’il y avait beaucoup de critiques de livres dans le « coin de l’auteur ». Il devient « Raconter l’humain, l’espace et le temps » : l’objectif poursuivi par les différentes sous-rubriques.

« Le coin du critique » est maintenant bien séparé entre « Livres » et « ciné critiques ».

Cela faisait longtemps que je souhaitais que « jet d’encre » soit aussi pour le visiteur une petite bibliothèque dans laquelle il pouvait trouver des idées de lecture. Le fait que les critiques de livres soient noyées tout au fond d’un menu déroulant n’aidait pas le visiteur à trouver son bonheur et même à savoir qu’il pouvait le trouver. L’arborescence des livres sur la colonne de droite est maintenant bien visible.

Les critiques de cinéma sont toujours accessibles par un menu déroulant. Dans la mesure où cette rubrique n’est quasiment plus nourrie, je la fais discrète en attendant de trouver un contributeur (une contributrice) qui voudra bien reprendre le bébé. Moi, ça me prend trop de temps de faire en plus le ciné. Avant, je ne sais pas où je trouvais le temps.

Certains aventuriers découvriront peut-être qu’en allant tout au fond des critiques de ciné, on retrouve aussi les livres. Pour être franc, je n’ai pas encore trouvé le moyen de les faire disparaître sans affecter l’arborescence des livres placée au-dessus. Je cherche…si quelqu’un sait comment je peux faire, je suis preneur.

Edou@rd

Visa pour Shanghai

Le cadavre d’un homme criblé de coups de hache est retrouvé dans un parc à Shanghai. Au même moment, l’inspecteur Chen doit accueillir une policière américaine venue chercher et protéger l’épouse d’un homme vivant aux États-Unis amené à témoigner en justice contre une Triade.

Pour ce qui concerne la construction de l’intrigue, il n’y a pas photo avec « mort d’une héroïne rouge ». Rebondissements, enquêtes croisées, action… tous les ingrédients du polar à l’occidentale sont là. Xiaolong remercie de nombreux amis et son éditeur. Son humilité l’honore de prime abord. Il a écouté les conseils et c’est très bien. Voilà un écrivain qui ne nous fait pas croire qu’il est sorti tout casqué de la cuisse de Jupiter.

Sur le fond, un gros doute tout de même concernant l’usage du téléphone portable en 1991. En France, il ne me semble pas qu’il ait été utilisé à grande échelle avant les années 95-96 (je me souviens d’avoir envoyé un message sur un Tatoo en 96). C’est très possible qu’il ait été utilisé pus tôt aux États-Unis et encore plus tôt par la police…mais en Chine ! Enfin, je ne sais pas, toujours est-il que cette histoire de portable m’a perturbé. C’est là que je vois que je vieillis. Pour les lecteurs nés dans les années 90 ; le téléphone portable a toujours existé et ils ne voient pas où est le problème.

Sinon, comme dans le premier opus, on parle beaucoup de bouffe. Il y a de la poésie aussi, toujours beaucoup de citations, mais moins. C’est pas trop mon truc la poésie, mais bon, passons. Par contre, il n’y a plus une pointe d’érotisme, on est dans la guimauve dégoulinante et pour le moins écœurante. L’éditeur a peut-être pensé que le lectorat, généralement constitué de femmes jeunes, devait apprécier des niaiseries du genre « leurs mains se frôlèrent et ils échangèrent un regard furtifs. Elle lui sourit ». Donc, exit les descriptions limite hard de « mort d’une héroïne rouge ».

Le poids du politique passe ici au second plan, derrière les Triades et les scènes d’action. C’est un peu dommage. Le secrétaire du parti Li apparaît de plus en plus comme un vieux gâteux. Quelques années plus tard, le communisme commencera à rentrer dans le folklore, on trouvera des petits livres rouges sur les étals des marchés aux puces, coincés entre une poupée Barbie débraillée et un petit chat en porcelaine qui lève la patte.

Finalement, Xiaolong est comme la Chine d’aujourd’hui. Avec l’appropriation des canons occidentaux, c’est aussi une certaine naïveté et une certaine fraîcheur pour le moins attachantes qui s’en vont. Espérons qu’il ne finira pas par vendre son âme aux Yankees et qu’il restera toujours un chinois, certes d’outre-mer (« le chinois d’outre-mer » est le surnom d’un personnage récurant de la série), mais un Chinois tout de même.

Édouard

Points

2004

Une illusion Facebook

Sur Facebook, nombreuses sont les personnes qui publient leur production littéraire et artistique, espérant y trouver une forme de reconnaissance.

Moi-même, j’ai pensé, certainement comme beaucoup d’autres, qu’en augmentant le nombre d’ « amis FB », j’augmenterai le nombre de lecteurs de posts publiés sur mon blog et diffusés sur FB, d’autant plus que je ne suis en mesure de maintenir la cadence de production que j’avais il y a encore deux ans.  C’est comme ça qu’en acceptant très largement les demandes d’ « amitiés » que je me suis retrouvé avec 2054 amis FB. À noter tout de même que j’ai perdu 17 « amis » en un mois, soit un ou deux qui partent à chaque fois que je m’insurge contre les fachos et les islamistes.

Assez rapidement, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas une corrélation exacte entre le nombre d’amis FB et le nombre de lecteurs pour chaque article publié sur FB. Tout de même, il y avait une correspondance qui n’était pas nulle, en témoignaient les « like », les réactions sur mon mur et un certain nombre d’échanges sympathiques avec des inconnus. Bref, avec le temps, j’ai eu tendance à imaginer FB comme le principal organe de diffusion de ma production blogueuse et que sans Marc Zuckerberg, je n’étais plus personne.

J’aurais pu en rester là longtemps, d’autant plus que mon profil administrateur sur « le monde » ne me donnait aucune indication sur l’origine des connexions. Toutefois, la semaine dernière, mon profil « administrateur » m’invitait sans équivoque à relier mon blog à Google Analytics. J’ai eu un peu de mal à trouver, mais j’ai fini par y arriver (aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de vivre sans compte GMAIL).

C’est en effet un très bel outil qui permet en particulier d’avoir une visibilité sur les articles consultés, sur l’origine informatique des connexions (connexions directes, réseaux sociaux, recherche google…), sur les supports informatiques utilisés par les visiteurs (ordinateur, tablette, téléphone portable) ainsi que sur l’origine géographique (pays, villes) des personnes connectées. Enfin, cette application permet d’avoir une visibilité en direct des connexions.

Il se trouve que j’ai eu 124 connexions hier depuis une dizaine de pays répartis sur plusieurs continents (ça ne m’arrive pas tous les jours) suite à la publication d’un article hier matin. 90 connexions étaient relatives à l’article publié. Sur ces 124 connexions, 2 seulement provenaient de FB dont une, je pense, correspondait au « like » de ma cousine Mathilde que j’embrasse à l’occasion. Rendons à Facebook ce qui appartient à Facebook.

Je précise que je n’ai pas d’action « Google » et que je n’ai rien contre Marc Zuckerberg ni contre Facebook où je continuerai à diffuser mes posts de blog.

Édouard