Ainsi, Dieu choisit la France

Histoire du vieux couple franco-catholique depuis le baptême de Clovis (496 ou 498) jusqu’à la loi de séparation de l’Église et de l’État (1905).

Je le reconnais, le titre ne m’a pas particulièrement séduit de prime abord et si cet ouvrage ne m’était pas singulièrement arrivé entre les mains, je ne me serai jamais demandé ce qu’il y avait à l’intérieur.

Écrit à la manière des historiens du XIXe siècle, empreint d’un romantisme échevelé que l’auteur s’amuse parfois à surjouer, le livre résume en 9 tableaux, les rapports entretenus entre la France et la papauté pendant plus de 1400 ans.

Après la chute de l’Empire romain d’occident en 476, l’Église catholique se trouvait dépourvue du soutien de la puissance séculière qui avait permis son expansion pendant plus de 150 ans. À côté, le chef Franc,Clovis, avait tout à gagner d’un rapprochement avec une institution qui lui conférait une légitimité spirituelle dans une Europe en cours de christianisation. Pendant plus de 800 ans, se construisit, à côté des dogmes chrétiens, la conviction des souverains Français d’être investis d’une mission divine visant à protéger la chrétienté. Philippe Le Bel marqua un tournant décisif en 1303 en voulant instituer une certaine autonomie de l’Église de France vis-à-vis des institutions romaines. C’est le début du gallicanisme qui allait durer 600 ans. Avec Jeanne d’Arc, la mission divine de la France n’est plus seulement celle des puissants, mais elle devient celle de tout un peuple (en 1920, la canonisation de Jeanne d’Arc rassemblera les catholiques, les royalistes et les classes populaires après le traumatisme de la grande-guerre).

Le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) illustre bien les dimensions politiques et populaires de cette mission. Quelques décennies plus tard, les soldats français pourfendront les protestants à La Rochelle et combattront les Espagnols à leurs côtés en Flandre : comprenne qui pourra. La révolution tentera une nouvelle religion, mais on ne change pas comme ça l’ADN d’un peuple. Avec le concordat, Napoléon reviendra au gallicanisme assorti d’un contrôle étroit exercé sur les évêques. Loin d’être ressentie comme une catastrophe par les institutions romaines, la loi de 1905 sera plutôt considérée comme une libération, mais en habile politique, Pie X se gardera bien de crier victoire trop ouvertement.

Certes, la passion médiévale pour le merveilleux et le surnaturel a aujourd’hui largement laissé place à la rigueur scientifique et les églises ne sont plus aussi pleines. On peut toutefois se demander ce qu’est devenue la « mission divine de la France ». La Déclaration universelle des droits de l’homme en découle clairement et on sait combien cette conviction a pu justifier les velléités colonialistes. L’arrogance française, souvent décriée par les étrangers, consistant à penser que notre pays est la mesure de toute chose, en découle certainement aussi.

Édouard

Camille Pascal

Presses de la renaissance

2017

Tous les matins du monde

Relecture de ce petit bijou que les amoureux de musique baroque ne peuvent ignorer.
Monsieur de Sainte Colombe pratique la viole de gambe avec une maîtrise telle que sa réputation parviendra à la cour de Louis XIV. Cela se passe en 1650. Un jeune musicien, Marin Marais, demande à Sainte-Colombe de lui apprendre son art. Mais celui-ci refuse tout contact depuis la mort de sa jeune épouse. Seules ses deux filles restent à ses côtés. Elles apprendront la musique, faute de recevoir l’affection à laquelle elles aspirent.
La langue d’une simplicité monastique de Pascal Quignard fait merveille dans ce livre qui sent bon la campagne, où l’inconscient affleure à chaque page, où le lecteur est entraîné dans un monde surnaturel.

Le film raconte la même histoire, avec le son et l’image en plus (j’assume le truisme).
Et pourtant. Marin Marais le jeune (Guillaume Depardieu), et le mûr (Gérard Depardieu) semblent débarquer d’un autre siècle. Fatalement, c’est le nôtre.
Poudrés et en perruque, ils frisent le ridicule. Jean-Pierre Marielle, en Sainte Colombe, est parfait: retenu, digne, pleurant son épouse.
La musique omniprésente ajoute un supplément au livre qui frise pourtant la perfection.

Amitiés planantes,

Guy
Pascal Quignard – 119 p.

Encres de Chine

Une écrivaine dissidente est retrouvée morte. Yu, l’adjoint de l’inspecteur Chen, mène l’enquête, suivi de loin par son supérieur.

J’ai été très perturbé dans ma lecture par la dernière version de Windows que je n’ai d’ailleurs toujours pas réussi à installer sur mon PC. Lisant entre les différentes et laborieuses étapes du téléchargement, j’avoue que j’ai eu du mal à m’accrocher à l’intrigue.

La qualité du roman ne m’a d’emblée pas semblé à la hauteur des espoirs que j’avais pu nourrir à la lecture de « Visa pour Shanghai », mais c’est vrai qu’on y retrouve en revanche une certaine authenticité que la dimension trop américanisée du précédent opus fragilisait. Les fans retrouveront donc leurs lots de poèmes et de récits culinaires.

« Encre de Chine » s’intéresse moins à la politique qu’à la « Chine d’en bas » qui, toute populaire qu’elle était, n’en a pas moins souffert du maoïsme que les couches supérieures. D’une certaine manière, « encres de Chine » est un polar social qui insiste beaucoup sur la vétusté de la vie à Shanghai dans la première moitié des années 90 qui s’oppose à la montée de l’enrichissement du pays et à son ouverture au capitalisme. Même pour Chen qui semble maintenant dans les hautes sphères de la société, l’arrivée d’une chaudière semble un événement extraordinaire.

Yu est plus proche du petit peuple. Il se débat encore et toujours avec ses problèmes de logement. Il commence aussi à jalouser un peu son supérieur qui lui laisse faire tout le boulot pour récolter in fine les lauriers.

Chen semble peu s’intéresser à cette enquête, à la mort de cette écrivaine médiocre et aux motivations très terre à terre du meurtrier. On ne tue plus pour l’idéologie communiste dans les années 90, mais pour des préoccupations bassement matérielles : le décor a bien changé, mais les comportements restent les mêmes.

Chen semble lui aussi soucieux de se trouver des sources de revenus complémentaires et est plongé dans des travaux de traduction qui lui ont été confiés par Gu. Gu représente l’antichambre des Triades et tend maintenant à s’imposer sur Li, le secrétaire du parti qu’on ne voit presque plus. Gu est étrangement bien intentionné à l’égard de Chen : il lui donne une secrétaire, lui offre une chaudière, paie les soins médicaux pour sa mère, l’aide à résoudre l’enquête… Chen ne semble toutefois pas avoir le sentiment de se faire acheter et apparaît maintenant résigné à se laisser porter par les événements et par cette nouvelle Chine en quête d’identité.

Une grande mélancolie se dégage du roman, peut être que cela reflète aussi des préoccupations plus personnelles de l’auteur.

Édouard

Points

2006

Astérix et la transitalique

Afin de mettre en valeur la qualité de l’entretien des voies romaines, le sénateur Bifidus Lactus décide d’organiser une course de chars à travers la péninsule italienne rassemblant des concurrents venus des quatre coins de l’empire. Astérix et Obélix sont à la fête.

Une fois de plus, apparaissent sur la couverture en gros caractères, les noms de « R.Goscinny » (décédé en 1977) et « A.Uderzo » (retiré des aventures d’Astérix depuis « Astérix chez les Pictes). En dessous, en plus petit, les noms des réels auteurs « Jean-Yves Ferri » et « Didier Conrad ». Sur la page de garde, il est bien précisé que « Goscinny et Uderzo présentent une aventure d’Astérix ». Cela va donc beaucoup plus loin qu’une filiation. Les réels auteurs ne revendiquent pas un « à la manière de… » ou un « avec les personnages de… », mais prétendent incarner les démiurges originels.

Pari réussi. L’album « Astérix et la transitalique » n’est peut-être pas aussi bon que « le papyrus de César », mais incontestablement bien meilleur qu’ « Astérix chez les Pictes ». Les pages traditionnelles « quelques Gaulois » ainsi que la carte de France avec la loupe sur le petit village d’Armorique n’apparaissent plus. Les puristes s’en désoleront peut être, mais pas moi. Il faut je pense que l’Esprit des créateurs évolue quelque peu pour ne pas qu’Asterix perdre son âme. Le contexte national et international n’a plus rien à voir avec celui des années 60 et une ouverture s’impose. Très bien cette « Foire Itinérante de l’Artisanat Celte (FIAC) » (je n’avais même pas remarqué l’allusion à la première lecture) à Vannes. Il y a donc un quotidien de nos héros qui ne se cantonne pas au village, à la chasse aux sangliers dans la forêt et aux bagarres avec les Romains des camps retranchés. C’est rassurant.

L’intrigue n’est pas trop mal non plus, elle ne renvoie pas à l’actualité immédiate comme dans le Papyrus, mais explore une contrée dans laquelle il est vrai que les deux inséparables gaulois ne s’étaient jamais aventurés. De la péninsule italienne, ces derniers ne connaissant que Rome. Bien entendu, les anachronismes pleuvent et c’est toujours ce qui a fait le charme de la série. Ceci étant dit, c’est intéressant historiquement de voir que Rome n’était pas la péninsule italienne et que les habitants du Latium avaient des modes de vie semblables à ceux des Gaulois.

Les gags sont bien dosés avec les gros gags visuels qui ne sont pas trop nombreux, les jeux de mots bien appuyés avec explications pour que tout le monde puisse comprendre et les gags plus subtils que les plus jeunes auront du mal à comprendre comme ce personnage qui parle de « proposition qu’on ne pourra pas refuser » ou cet autre pour lequel « Capri, c’est fini ».

Pour terminer, merci aux petits clins d’œil pour les fans comme la présence discrète du chef du bateau pirate et de sa vigie Baba (qui avait fait l’objet d’une polémique lors de la sortie du « papyrus de César » et qui, comme il se doit, ne prononce toujours pas les « R »). ou celle d’un des Helvètes de mon album favori.  J’attends les prochaines aventures avec impatience.

Édouard

Une vie française

En légère panne de lecture, j’ai relu ‘une vie française’ de Jean-Paul Dubois.
Prix Fémina 2004, ce roman rassemble toutes les qualités de l’auteur toulousain.
En exergue de son premier roman (Tous les matins je me lève (1988), on peut lire:
« Si on avait une perception infaillible de ce qu’on est, on aurait tout juste encore le courage de se coucher, mais certainement pas celui de se lever » (E.-M. Cioran)

On retrouve ici plusieurs thèmes ou personnages récurrents: Paul, le narrateur, Anna son épouse, les tondeuses à gazon, les bagnoles (ici la Simca), le rugby, un dentiste sadique nommé Edgar Hoover. Le livre est scandé par les divers présidents français, qui en quelque sorte patronnent un ou deux quinquennats.
La première partie du livre est absolument tordante. Les études de Paul, sa découverte de la sexualité, le début de la vie adulte, son mariage avec une battante, l’éducation de ses deux enfants, son succès comme photographe des arbres. Puis vient une série de malheurs: krach boursier, faillite, accident d’avion, le suicide de son psychanalyste, la schizophrénie de sa fille adorée.
Une série noire qui fera de Paul un jardinier nostalgique, se consolant tant bien que mal avec son petit-fils chéri.

L’humour est la politesse du désespoir, voilà qui peut s’appliquer à ce magnifique écrivain.

Amitiés aigres-douces,

Guy.

Jean-Paul Dubois – Éd. Olivier – 357 p.

Balance ta chienne

Je veux tout d’abord saluer l’excellent article de Libération critiquant « balancetonporc ». Le harcèlement est une pratique qu’il faut punir et condamner, mais aucun sexe ne doit être stigmatisé. Des hommes sont aussi victimes de harcèlement, d’agression ou de viol. Cette pratique existe certainement aussi dans des rapports homosexuels.

Quand j’étais jeune, on parlait de « promotion canapé », on en parlait en souriant, c’était une chose admise qui existait. On ne pensait pas à l’époque à la violence qui pouvait parfois se cacher derrière ces pratiques et qui doit à juste titre être condamnée.

La violence sexuelle ne faisait pas partie des priorités de l’esprit de 68. Il s’agissait surtout de « libération » et de « jouissance ». Oui, mais pour lequel des partenaires ? Peut-être y avait-il dans les années 70 des comportements sociétaux que les femmes acceptaient parce que c’était l’air du temps et qu’elles considèrent aujourd’hui comme du harcèlement et de l’agressivité.

Élève à l’école de la république laïque et mixte des années 80, je n’ai jamais eu aucun questionnement concernant l’égalité d’accès des hommes et des femmes aux études et au monde du travail. Je n’ai eu que tardivement conscience d’être arrivé juste après la bataille de l’égalité des sexes gagnée à la force du poignet par les femmes.

La pratique de la « promotion canapé » est vieille comme le Monde. Je pense en particulier à toutes ces mères sous l’ancien régime qui s’empressaient de mettre leurs filles dans le lit du roi pour obtenir tet ou tel privilège. Dans une société dans laquelle les femmes n’avaient aucun droit, je peux comprendre que le monnayage des faveurs sexuelles pouvait être le seul moyen leur permettant de se hisser socialement et je ne blâme personne.

Je ne sais pas ce qu’il faut penser aujourd’hui de la « promotion canapé » dans un monde où les femmes peuvent, il me semble, aussi bien réussir par leurs talents que les hommes sans avoir à coucher.

Combien d’hommes et de femmes ont-ils utilisé leurs charmes pour obtenir ce qu’ils voulaient ? Combien d’hommes et de femmes naïfs sont tombés dans le panneau, ont cru au grand amour, se sont fait larguer une fois le privilège convoité obtenu et ont sombré dans la dépression ?

S’il revient aux hommes de balancer les porcs qui sommeillent en eux, c’est aussi aux femmes de se débarrasser de la part de chienne qui sommeille en elles. Ce n’est qu’à ce prix qu’on se débarrassera de pratiques qui n’avaient lieu d’être que dans des sociétés sexuellement inégalitaires. C’est à ce moment que l’on pourra se focaliser sur les vrais harceleurs(ses) qui doivent être condamnés et punis.

Édouard

Seul sur Mars

La science-fiction n’est pas ma tasse de thé.
Je me suis quand même laissé tenter par cette histoire d’un homme non pas seul contre tous, mais seul tout court.
On pourrait sous-titrer le livre ‘Manuel du bricolage sur Mars’.

Lors d’une mission sur la planète Mars, une tempête de sable force l’équipage à s’envoler, sauf Mark, laissé pour mort.
Blessé, il se retrouve seul dans un environnement hostile et glacé.
Botaniste de formation, il a plus d’un tour dans son sac.
Il arrive à rétablir le contact avec la Terre. Ceci ne se passe pas comme avec nos téléphones portables.
Chaque message dure plusieurs minutes avant d’arriver à destination. Mars se trouve, selon les saisons, entre 8 et 22 minutes-lumière de la Terre. Peu de chose en comparaison des milliards d’années-lumière de l’univers.
Notre intrépide explorateur aura à affronter une série de contretemps, auxquels il remédiera avec une ténacité surprenante. Il arrivera même à produire des pommes de terre, n’étant pas botaniste pour rien.
Le lecteur halluciné est entraîné dans une série d’explications scientifiques qui tiennent la route.
Un suspense à l’américaine, avec une foison d’acronymes, fatigante par moments.
Pour sauver notre homme, même les Chinois vont s’y mettre.

il faut un minimum de connaissances en physique, chimie, astronomie, électricité, géométrie dans l’espace, botanique, physiologie pour tout capter.

Sauvera-t-il sa peau?

Amitiés interplanétaires,

Guy

Andy Weir

Bragelonne

472 p.

Le Livre des Baltimore

Le jeune auteur avait connu un énorme succès avec ‘La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert’, couronné par le grand prix du Roman de l’Académie française.

Il récidive – ou il rechute – avec cette histoire de famille se passant également aux États-Unis.

Les Goldman se présentent comme une famille apparemment unie. Ceux de Baltimore sont riches, tout leur réussit. Ceux de Montclair, dont fait partie le narrateur, le même Marcus Goldman racontant le premier livre, n’ont ni la faconde ni la réussite des cousins.

Dès le début de l’histoire, il est question du Drame (avec un D majuscule).
Il faudra la fin du livre pour en connaître le fin mot.

C’est bien écrit, le lecteur se laisse mener par le bout du nez, comme dans l’Affaire Harry Quebert.

Certains semblent mal digérer le succès du Suisse Joël Dicker. Lui semble ne pas en avoir cure. Comme en politique, la littérature a besoin d’un coup de balai. Tant pis pour les pisse-vinaigres. Il a la vie devant lui, il aura l’occasion de se renouveler.

Amitiés alpestres,

Guy

 

Joël Dicker

De Fallois

Poche – 593 p.

Poker Daesh

Quel lien le comptable retraité asocial et shooté aux jeux d’argent Stephen Craig Paddock aurait-il pu avoir avec Daesh ? Tout le monde sait bien que les fusillades aux États-Unis ont été très fréquentes ces dernières décennies et n’ont eu qu’un effet très limité sur un peuple qui s’accroche à sa liberté de port d’arme comme une bernique sur son rocher.

Les revendications de l’État islamique dont la crédibilité avait commencé à s’émousser après l’attentat de Nice semblent aujourd’hui sombrer dans le ridicule, d’autant plus qu’une fois de plus, l’EI n’apporte aucune preuve pour étayer ses dires.

Faut-il en conclure que Daesh a perdu la tête et que sa comm n’est plus qu’un grand n’importe quoi ?

Je n’ai bien entendu pas la réponse, mais je pense que Daesh, très affaibli sur le terrain, a abandonné son rêve de conquête idéologique de l’occident. Si la revendication de la fusillade de Las Vegas fait sourire chez nous, elle a sans doute un sens ailleurs.

Les habitants d’autres contrées qui n’ont pas le même fond culturel que l’occident seront ainsi moins sensibles à l’improbabilité de la revendication, mais c’est plutôt a une autre catégorie qui n’est jamais évoquée par les médias que je pense : la population Daesh. Quels individus constituent l’État islamique ? N’est-ce qu’une armée, que des kamikazes, que des réseaux financiers occultes ? Je pense que c’est aussi une population diffuse, pauvre, n’ayant aucun accès à la culture, qui adhère plus ou moins à ses thématiques et à ses valeurs. Une population qui se nourrit certainement aussi d’une certaine hostilité vis-à-vis de la culture occidentale.

En 2005, un jeune guide, à Tombouctou, m’avait expliqué que ses parents allaient probablement l’envoyer à l’école coranique parce qu’ils n’avaient pas les moyens de l’envoyer au lycée à Bamako. Dans la capitale malienne, j’avais été frappé de voir des jeunes dans la rue arborer des tee-shirts à l’effigie de Ben Laden qui avait su faire des États-Unis l’archétype du mal.

Un attentat à Las Vegas pourrait ainsi apparaître comme un mini 11 septembre et avoir un impact non négligeable sur ces populations d’autant plus que la ville du jeu constitue une symbolique forte pour qui voudrait dénoncer un archétype du vice absolu. Cela ne m’étonnerait pas que l’on retrouve des références à Las Vegas dans la propagande de Daesh, bien antérieures à la fusillade d’aujourd’hui.

Pour résumer, il semblerait que l’EI cherche plus aujourd’hui à galvaniser ses troupes qu’a poursuivre son rêve de conquête. Cette politique de communication reste un pari bien fragile pour Daesh, dans un Monde dans lequel l’accès minimum à la culture rencontre de moins en moins d’obstacles, même chez les plus pauvres.

Un État islamique replié sur lui-même et s’abandonnant aux paris…c’est vrai que vu sous cet angle, il y a une certaine ressemblance avec Stephen Craig Paddock.

Édouard

Les tribulations d’un lapin en Laponie

Un hommage appuyé à Arto Paasilinna, compatriote de l’auteur finlandais. Lisez plutôt le lièvre de Vatanen du précité Paasilinna.

Le dénommé Vatanescu quitte sa Roumanie natale pour devenir mendiant professionnel à Helsinki.
Exploité par la mafia russe, il se révolte et se trouve isolé en Laponie, en compagnie de son lapin fétiche. On sourit par moments, mais la grâce n’y est pas.

Passez donc votre chemin, et restez dans nos contrées plus tempérées.

Amitiés en terrasse,

Guy

Tuomas Kyrö

Folio

359 p.