Edition et Tanguy

« On ne publie pas un premier roman » m’avait dit l’écrivain Hervé Mestron qui animait un atelier d’écriture auquel je participais il y a deux ans et demi, alors même que j’étais très loin de m’imaginer que j’allais pouvoir un jour terminer le mien.
Il avait prononcé cette phrase avec un sourire énigmatique, les yeux dans le vague comme si cette phrase avait matérialisé un hologramme visible de lui seul, surgi du plus profond de sa mémoire.
Je comprends aujourd’hui un peu mieux ce regard et sans doute le comprendrais je encore mieux dans quelques années.
Un premier roman, même s’il n’a rien d’autobiographique, est un chalutier qui prend la mer pour la première fois, faisant remonter à la surface les poissons de l’inconscient : des poissons magnifiques, des poissons comiques, des poissons sans panache, des poissons qu’on aurait voulu oublier, des poissons effrayants, des poissons non identifiables.
Difficile de prendre du recul dans ces conditions. Ce que je cherche dans l’édition, c’est peut-être le moyen de figer cette pêche…pour passer à autre chose.
Il est vrai qu’Hergé corrigeait ses albums à chaque nouvelle réédition, mais bon, quand c’est publié, il est quand même plus difficile de retoucher.
En septembre 2010, j’avais un peu peur de laisser mes premiers relecteurs poser leurs yeux sur mon roman. Aujourd’hui, j’ai envie qu’il vive sa vie sans moi.
Y arriverai-je? Serais-je comme ces vieux flics qui, dans les polars, refusent d’oublier une enquête qu’ils n’ont pas su résoudre ?
Je ne sais pas. Je vais en tout cas faire le nécessaire pour qu’il trouve une maison qui veuille bien s’en occuper et si je n’y arrive pas, je ne vais pas le laisser me pourrir la vie. Il restera à la maison et, s’il a des frères et sœurs qui eux, trouvent une maison, je lui apprendrai à ne pas être jaloux.

Edouard

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Edition et catch

Huit envois. Sept refus explicites et un implicite. Sur les sept, une réponse négative par mail et six par courrier. Sur les six, cinq refus plus ou moins sympathiques et un refus qui se détache nettement des autres. Que faut-il en penser ?
« Il vous arrivera peut-être de recevoir un courrier négatif accompagné d’une critique, constructive donc précieuse, de votre œuvre. Cet égard, dû au fait que le lecteur professionnel aura détecté un certain nombre de qualités dans votre écriture, doit vous conduire à reprendre votre ouvrage en corrigeant les défauts et scories inséparables de votre inexpérience littéraire. Profitez alors de cette chance pour combler vos lacunes, affiner vos points forts, vous épuiser à lire, vous échiner à écrire. Après plusieurs mois d’efforts, si votre cœur est toujours déterminé, vous pourrez utilement adresser votre nouveau tapuscrit, épuré, au lecteur professionnel qui avait eu la délicatesse de vous aiguiller. L’essentiel étant d’obtenir de sa part de nouvelles critiques. »
Si j’en crois mon guide fétiche, il n’y a pas de doute. Il faut reprendre l’ouvrage. Toutefois, si l’éditeur en question m’a bien fait des remarques positives et négatives, elles ne sont pas particulièrement limpides et je ne suis pas certain de pouvoir bien les interpréter. Mais peut-être qu’en fin de compte, le but de l’éditeur était en premier lieu de m’inviter globalement à retravailler mon texte.
Comment faire ? Tout d’abord, ne pas me précipiter. Il est certain à ce titre que le caractère sibyllin des remarques ne m’aura pas engagé à torcher en deux semaines une nouvelle version.
Seul le temps semble en effet capable de me faire prendre la distance nécessaire. La distance, c’est aussi un travail d’autocritique très fort. Dans cet exercice, l’aide de relecteurs peut aussi s’avérer efficace. Cependant, n’importe qui ne peut pas faire l’affaire. Le relecteur sympa et admiratif n’est pas le bienvenu. À ce niveau, le profil du bon relecteur est le relecteur teigneux, violent, injuste, fourbe, voire torve. Un lecteur impitoyable qui ne laisse rien passer, mais tout de même un lecteur constructif.
Au début de cette chronique, il y a deux ans, fier de la toute première version de mon roman comme un enfant l’est de ses premiers gribouillis, j’avais envoyé mon manuscrit à l’écrivain qui avait présidé un atelier d’écriture auquel j’avais participé quelques mois auparavant. Ca réponse, qui m’avait alors semblée terriblement violente et injuste, m’avait assommé pendant quelques jours. Je reconnais que sans elle, je n’aurai pas eu la volonté de me remettre au travail.
De telles personnalités ne courent cependant pas les rues. Il se trouve que j’ai eu il y a peu des remarques d’une ex-relectrice de scénarios qui va dans le sens de ce que je recherche. Je viens aussi de dénicher deux autres relecteurs qui se vantent d’être particulièrement féroces. À eux de le prouver.
Un seul mot d’ordre pour ces relecteurs « Frappez fort, mais frappez juste !! ».

Edouard

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Edition et tailleur

Le 8 février, je pensais avoir eu toutes les réponses. Pourtant, hier, j’en ai reçu une nouvelle que je n’attendais plus. Du coup, j’espère à nouveau, mais sans trop y croire, avoir une réponse de la maison qui ne répond que si elle décide d’éditer (on peut toujours rêver).
La réponse était encore un refus, mais très poli, un refus bien élevé. Comme les autres, il me proposait à la fin de venir reprendre mon manuscrit sur place.
Pour les autres, je ne l’avais pas fait. Pour le premier, parce qu’il me l’avait renvoyé sans que je lui demande rien. Pour le second, parce qu’il me donnait l’ordre de venir le chercher et que je n’aime pas les ordres. Pour les autres, j’y avais pensé, mais n’était pas plus motivé que ça.
Il se trouve qu’aujourd’hui, je ne bossais pas. La maison en question n’est pas très loin de chez moi. À 15 heures, je me pointe donc au lieu dit. Un peu intimidé, je me dirige vers l’accueil et présente mon courrier. À voix basse, je dis à l’hôtesse que je viens chercher mon manuscrit.
– Quel était le titre de votre roman ?
Un quart de seconde, je pense qu’elle est bien indiscrète et que je ne dévoile pas le titre à la première venue. Un quart de seconde plus, tard, je réalise que je suis dans une maison d’édition et que si je ne lui donne pas le titre, elle ne pourra rien faire pour moi. Je décide donc de lui donner.
Elle décroche le téléphone, prononce quelques mots, raccroche et s’adresse à nouveau à moi.
– Attendez ici, on va venir vous l’apporter.
Je me retrouve donc assis à côté d’un mec, peut être un peu plus jeune que moi, qui, lui aussi semble attendre son heure.
15 minutes plus tard, une quinquagénaire en tailleur arrive et me tend la main.
– Je suis à vous dans deux minutes, dit-elle avant de disparaître à nouveau.
Cool ! Je vais être reçu par quelqu’un. Je me tourne vers mon voisin pour lui faire part de ma satisfaction. Il me regarde sans rien dire.
Une minute plus tard, la quinquagénaire revient et s’excuse platement. Elle était venue pour mon voisin et pas pour moi. Ils se dirigent tous deux vers l’ascenseur et se font dévorer par une cage impitoyable. Avant que la porte ne se referme, je croise le regard de mon énigmatique voisin.
Je suis maintenant seul avec l’hôtesse. À peine ai-je eu le temps de réaliser ce qui m’était arrivé que déboule une petite jeune, un peu boulotte avec des grosses lunettes, un sourire jusqu’aux oreilles et mon manuscrit. Je l’attrape et elle s’évapore immédiatement.
En sortant, j’ai le sentiment d’avoir passé une demi-heure dans un film de Jacques Tati.
Bon, je ne suis pas encore au niveau de la quinquagénaire en tailleur. Et au-dessus, quoi d’autre ? La sexagénaire en cuir ? L’octogénaire en peignoir de bain ? La centenaire avec des bottes en caoutchouc ? Rien que pour voir ça, il ne faut pas que je m’arrête d’écrire.

Edouard

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Blog et visiteurs

Blog et visiteurs

Ceux d’entre vous qui auront lu « Édition et Freddy » savent que, sans abandonner la quête éditoriale, je m’engouffre aujourd’hui dans des chemins aux contours imprécis.

En parallèle, je mène une autre quête qui, pour moi, est au moins aussi importante que la recherche d’un éditeur et qui est la raison d’être de ce blog.

Depuis sa création, le concept a évolué et s’est étoffé. Certains d’entre vous auront peut-être remarqué la présence de Guy et Martine qui viennent aujourd’hui m’aider à le nourrir. Je les remercie au passage. Certains encore se seront peut-être aventurés sur la page « mon blog et moi » où j’expose ma conception de la culture :

La vraie culture, ce n’est pas seulement savoir que le Général Lee était un grand nom de la guerre de Sécession, mais aussi savoir que c’était le nom de la voiture des frères Duke dans « shérif, fais-moi peur ».

Je voudrais que cultureDoud soit un concept évolutif, pas un portail narcissique, mais un lieu d’expression culturelle très large. J’invite donc tous ceux (et bien entendu toutes celles) qui seraient intéressés par ce projet à me contacter.

Doud étant le diminutif d’Édouard, le nom « cultureDoud » faisait un peu mégalo. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de rebaptiser ce blog « Général Lee ».

Ce premier billet, c’est à chacun de vous, mes 4000 visiteurs, que je souhaite l’adresser. Ce que je sais, c’est que vous n’êtes ni une fois 4000 personnes, ni 4000 fois une personne. Je connais certains d’entre vous, mais pas la plupart. Vous êtes arrivés par Google, par Facebook, par le site du Monde, par Bouquinet, par Hellotipi, par Ecrivants-bitieux, par hasard ou par erreur.

Je n’ai pas été surpris du succès de certains articles comme « Kate à l’assaut du Castle » ou « Le retour de la brosse à dents ». Je n’ai pas non plus été surpris par votre intérêt pour « Mon amie Nane » puisque les occurrences sur Google sont limitées.
Par contre, je ne m’explique toujours pas celui pour « Papa Néandertal ? », un article qui parle d’une petite émission diffusée sur France 3 un dimanche soir à 22h45 il y a un an et demi et qui continue à être consulté régulièrement.

Vous n’êtes pas très bavard : 30 commentaires pour 99 articles, mais il est vrai que jusque à maintenant, je ne vous ai pas invité à vous exprimer. Je souhaite que « Général Lee » (et plus particulièrement sa rubrique « Blog ») soit plus interactif que « cultureDoud ».

À très bientôt

Édouard

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Edition et Freddy

Quatre mois que j’ai envoyé mon manuscrit à huit éditeurs. La première réponse avait fait l’objet du billet « édition et refus ». Elle aura été la plus positive.
La deuxième réponse était une lettre type qui débutait par « madame, monsieur » sans citer mon roman. Les trois autres réponses qui suivirent étaient un peu plus personnalisées, mais du même tonneau. L’une d’entre elles était assez mal écrite et une autre était peut-être un peu trop bien écrite compte tenu du peu de consistance du message. Au bas de ces quatre courriers, un paragraphe précisait que si je ne venais pas chercher mon manuscrit sur place dans un certain délai, il serait détruit (je n’y suis pas allé).
Au début de l’année, il me manquait trois réponses. La sixième réponse négative m’est arrivée aujourd’hui par mail en réponse à une relance faite la semaine dernière. A midi, j’ai eu la septième réponse par téléphone : « on ne répond que si on décide de publier. Au bout de deux-trois mois, il faut considérer que la réponse est négative». La dernière m’est arrivée par déduction. Sur le site de l’éditeur, il est indiqué qu’une réponse écrite est envoyée dans les trois mois de l’envoi du manuscrit et qu’après quatre mois, celui-ci est détruit. Je n’ai pas reçu de réponse, mais cela fait quatre mois que j’ai envoyé mon roman. Dois-je considérer que c’est un refus ? Je considère que oui même si ce n’est pas très clair. Je ne veux pas d’un huitième refus explicite.
Je réalise maintenant ce que la première réponse avait d’extraordinaire. Non seulement le manuscrit m’était retourné, mais il y avait des vraies orientations et une signature avec un nom et un prénom. En relisant mon guide fétiche, j’ai compris ce que ce patronyme avait de précieux : une personne à laquelle renvoyer un manuscrit retravaillé.
– Et maintenant ?
– …
– Le retravailler et le renvoyer au premier éditeur qui a donné sa réponse ?
– Oui.
– L’envoyer à d’autres éditeurs ?
– Peut-être.
– Explorer d’autres modes de diffusion (BD, boîtes de prod, édition numérique, concours…) ?
– Peut-être.
– Se lancer dans l’écriture d’un nouveau roman ?
– D’ici la fin de ma vie, certainement, mais pas tout de suite (trop chronophage).
– Continuer à écrire ?
– Pfff…évidemment.
Bref, comme dit Freddy Mercury : the show must go on.

Edouard

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Le comte de Monte-Kindle

Saint Nicolas m’a apporté une tablette de lecture Kindle, et je me suis empressé de faire un essai avec l’histoire d’Edmond Dantès, téléchargée sur le site http://www.ebooksgratuits.com(chaudement recommandé: des centaines d’œuvres classiques libres de droits, donc légalement téléchargeables).
Le positif: encombrement réduit, facilité d’emploi enfantine, disponibilité en tout lieu (même dans un bain – attention à l’immersion du gadget).
Le négatif: importance d’un bon éclairage extérieur (pas de lecture clandestine sous les couvertures), caractères plutôt petits, retours en arrière demandant une dextérité de pianiste, absence de l’odeur et du contact du papier, difficulté de prendre des notes au vol.
Bilan légèrement positif, donc. Mais je ne crois pas que la tablette deviendra mon mode de lecture favori.
Selon mon expérience, la lecture sur écran est plus fatigante que sur le papier.
Que vivent donc les bons vieux livres, compagnons irremplaçables.
Belle fin d’année à tous.

Guy

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Edition et refus

Le 8 octobre au soir, le compte à rebours était lancé. Combien de temps pour avoir une réponse ? 5 sur les 8 éditeurs donnaient un délai qui allait de 1 à 3 mois. J’évaluais en gros à 2 mois l’attente pour la première réponse. Il me restait donc jusqu’au 8 décembre pour profiter de cette parenthèse qui me permettait de rêver de succès rapide et de batailles entre éditeurs pour m’avoir dans leur maison.
Je m’voyais déjà en train de répondre aux sollicitations incessantes des maisons, les faire lanterner pour finalement contracter avec le plus offrant.
De toute manière, pensais-je alors, cette étape n’est qu’une formalité. Dans quelques mois, je serai projeté au sommet de la littérature mondiale.
À moi les palaces, yachts et jolies filles, à moi les prix littéraires, les cercles d’intellectuels parisiens. À moi les plateaux télé et le fric.
À moi Hollywood puisque l’adaptation de mon roman sur le grand écran ne manquerait pas d’intéresser rapidement les plus grands cinéastes. Je me voyais déjà discuter tel ou tel détail avec Spielberg.
Et puis ce matin, la parenthèse a commencé à se refermer. L’un des éditeurs me retourne curieusement mon manuscrit. Curieusement, car je ne lui avais pas donné d’enveloppe pour qu’il le fasse. Sur le site, il était bien précisé que « pas d’enveloppe, pas de retour ». Traitement de faveur ? Erreur de néophyte ? Panne de pilon ? Avant même d’ouvrir l’enveloppe, les questions fusaient.
Le refus était encourageant autant que surprenant. Un certain nombre de qualités et de défauts relevés par l’auteur de la réponse m’ont semblé pour le moins incongrus.
Un premier refus, c’est comme toutes les premières fois, quelque chose dont on se souvient longtemps et qui prend un parfum presque enivrant avec les années.
Finalement, je peux dire que je suis presque content de ce refus, d’autant plus que l’éditeur en question n’avait pas la première place dans mon cœur.
Et puis, un écrivain qui n’a jamais été refusé par une maison d’édition est-il vraiment un écrivain ?
Moi, j’ai été refusé…moi, j’ai été refusé…
Ah, comme je les ferai rire dans dix ans. Et vous savez quoi ? J’ai été refusé par untel. Il doit s’en mordre les doigts maintenant. Il y aura des rires et des applaudissements.
– Quoi ?
– …
– Vous trouvez que je m’y vois déjà ?

Edouard

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Edition et éditeurs

Il y a presque un an, dans « édition et débroussailleuses », je racontais comment j’avais sélectionné 17 éditeurs dans l’ouvrage de la revue Lire : « comment se faire éditer ».
J’étais alors très loin de m’imaginer qu’il me faudrait de nombreux mois avant de poursuivre mes investigations éditoriales. Elles ont repris mi-septembre : J’ai choisi de procéder par vagues et d’en choisir 8 sur les 17 pour la première.
D’abord, faire imprimer 8 manuscrits et trouver 8 enveloppes à soufflet : rien de très compliqué jusque là. Ensuite, en relisant les conseils de « comment se faire éditer », j’ai compris qu’il allait falloir me résoudre à écrire des lettres d’accompagnement pour chaque éditeur : la plupart le demandent et ceux qui ne disent rien ne disent pas non plus qu’ils n’en veulent pas. La longueur ? Je me suis aligné sur les 10 à 15 lignes dont parle le guide.
Comment individualiser chaque lettre ? En essayant de mieux connaître les éditeurs, bien entendu. Comment faire pour mieux les connaître ? Il y a le site qu’il est indispensable d’aller voir pour connaître les modalités particulières d’envoi du manuscrit. Il y a Wikipédia pour connaître l’histoire des éditeurs et les auteurs qui sont attachés aux maisons. Il y a enfin les moteurs de recherche des journaux qui informent sur l’actualité des éditeurs. Tous ces éléments permettront au final de déterminer ce qu’il peut y avoir de commun entre vous et chaque éditeur. Bien entendu, ça restera une impression, une tendance très subjective pour envoyer 8 lettres de 15 lignes légèrement personnalisées.
Une fois cet exercice réalisé, viendra le temps de la réalisation des colis renforcés au gros scotch : séquence collage et découpage qu’on évoque rarement dans la vie d’un auteur.
Voilà maintenant l’épreuve ultime, celle qui marque la fin d’un chapitre et que j’ai finalisée aujourd’hui, celle à partir de laquelle la période de l’attente commence : l’envoi par la poste.
Mon guide fétiche recommande un envoi par lettre recommandée avec AR. Sachez que l’envoi de 8 manuscrits avec AR est une entreprise très chronophage, tellement que j’ai décidé de la répartir sur deux samedis matin. Aux auteurs qui ne seraient pas passionnés d’informatique, je conseille de faire un premier envoi pour voir comment ça marche. En effet, tout est informatisé et pour les recommandés, il faut dire à la machine que votre envoi est une lettre et non un colis. Sinon, elle le fera partir en colissimo.
Après tout ça, vous rentrez chez vous et vous vous rendez compte que vous êtes vidé, sec, que rien que le fait d’écrire un article sur votre blog pour informer vos lecteurs que le chapitre est terminé se révèle être une entreprise pénible.
Petit à petit, vous vous réveillez, vous sortez du cocon dans lequel vous vous êtes enfermé pendant deux ans pour écrire votre roman. Vous réalisez qu’un vrai monde existe, un monde fait de chair et d’os. Et là vous pensez : « bon, me vla sorti. Et ben c’est tant mieux parce que je ne ferai pas ça tous les jours ! »
À bientôt j’espère, pour de nouvelles aventures.

Edouard

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Edition et impression

Quel est le coût d’un livre ? Je ne parle pas du prix de vente en librairie ni du coût de fabrication de l’ouvrage par l’éditeur ou par l’auteur qui fera le choix de l’autoédition. Je parle de l’investissement que l’auteur doit effectuer pour réaliser son ouvrage.
Il y a tout d’abord le nombre d’heures passées à écrire. A cela, on ajoutera le coût de la documentation. Si l’auteur est tatillon et/ou que l’intrigue l’exige, il fera l’acquisition d’ouvrages d’une relative rareté qui ne seront forcément pas donnés. Si en plus, l’intrigue nécessite des déplacements sur le terrain, il faudra ajouter les coûts de transport et éventuellement d’hôtel. Ça grimpe, ça grimpe ! Les éditeurs se plaignent de recevoir trop d’autobiographies, mais pour un étudiant qui décide d’écrire le week-end, c’est encore ce qui est financièrement le plus raisonnable.
Pour écrire ce que l’on veut, mieux vaut être rentier ou salarié.
Une fois la première mouture réalisée, vous allez avoir envie d’une version papier. Si vous travaillez peut-être allez vous sortir votre roman entre midi et deux. Et la reliure ? Tant pis, y’aura pas de reliure, ça prend trop de temps. Si vous n’avez pas un complice sur place, ce sera effectivement un exercice difficile. C’est bon pour une fois, mais moralement, ça pose quand même des questions. Ne suis-je pas en train de voler le papier et l’encre de mon entreprise ou mon administration ?
Quand vous allez passer à la phase des relecteurs (qui, pour ma part, ont tous été bénévole), vous allez entrevoir la seule solution possible pour leur remettre à chacun un exemplaire : l’imprimeur.
Pour moi, envisager cette solution il y a un an a été terrible : comment ? Remettre mon ouvrage entre les mains d’un inconnu ? Un fichier Word auquel j’ai consacré deux ans de ma vie ?
Fébrilement, je me suis mis à la recherche de l’homme de confiance et, comme les personnes âgées qui acceptent de payer leur pain trois fois plus cher qu’ailleurs, sous prétexte que la jeune boulangère à l’air « bien gentille », j’ai confié mon fichier à un vieux grognard qui me semblait sympathique. Il n’était pas vraiment équipé pour faire ce genre de travail. Il lui fallait du temps et, sans doute pour cette raison, il demandait un prix élevé pour chaque exemplaire.
Et puis, viens le moment où on commence à penser aux envois aux éditeurs. Combien d’exemplaires ? 10? 20? Le devis du vieux grognard pour 20 exemplaires m’a laissé perplexe.
– Euuh, vous ne faites pas de prix dégressif ?
– Degré…quoi ?
Entre temps, l’eau avait coulé sous les ponts et le recul avait calmé ma paranoïa des débuts.
J’ai trouvé une adresse sympa que je recommande aux Parisiens. Ils sont très pros, pas chers et travaillent vite :
« de toutes les couleurs, 71bis rue Saint-Charles, 75015 Paris ».

Edouard

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Edition et titre

Qu’est-ce qu’un bon titre ? Si, en tant qu’auteur, vous cherchez sur la toile, vous trouverez des conseils du genre : ne vous inquiétez pas, le titre, c’est l’affaire de l’éditeur. Il est très peu probable qu’il retienne le titre que vous choisirez.
Que faut-il retenir de ces conseils ? Que pour l’auteur, le choix du titre n’a aucun intérêt ?
Personnellement, je ne le pense pas. Bien entendu, même s’il y a quelques trucs qu’il est bon de savoir, la recette de l’écriture d’un livre est ultra subjective est peut difficilement être transmise de bouche d’écrivain à oreille d’écrivain puisqu’elle épouse les contours de la psychologie du romancier.
Pour ma part, un bon livre est une alchimie entre le détail de chaque scène qui le compose et le tout qu’il constitue.
Pour aborder l’écriture d’un roman, il me semble important de savoir si on est aristotélicien ou platonicien, en gros, si dans la vie, on a plutôt tendance à aller du général au particulier (les platoniciens) ou du particulier au général (les aristotéliciens). Pour ces derniers, la recherche immédiate du titre n’aura pas d’intérêt. Par contre, pour les platoniciens, elle sera primordiale. Le titre sera la première étincelle de vie du roman. Au cours du temps, entre la naissance de l’idée et la construction de l’intrigue, le sens global de l’ouvrage pourra évoluer. Peut-être aussi que les remarques des relecteurs feront vaciller le titre originel.
Et l’éditeur dans tout ça ? L’éditeur, c’est autre chose. Il va devoir premièrement faire coïncider le roman avec la ligne éditoriale de la maison et deuxièmement, il va devoir vendre le livre et trouver un titre accrocheur. Afin de réussir ces acrobaties, il est courant qu’il propose un autre titre que celui proposé par l’auteur. Ainsi, de « la caresse du démon » dans la phase primaire de l’écriture, après finalisation du récit, avis des relecteurs et proposition de l’éditeur, le livre pourra être vendu en librairie sous le titre « Hervé, le lapin malin ».
Il est vrai que le titre « la rédaction de mémoires contentieux en droit de l’urbanisme » a été conservé tel quel par mon éditeur (voir « édition et rectangle ») et pourtant, je ne pense pas que ce soit un titre très accrocheur…c’est l’exception qui confirme la règle.
Comme annoncé dans mon dernier billet « édition », je ne vais pas envoyer mon roman avant septembre. Si je trouve un éditeur, je ne manquerai pas de vous faire savoir si j’ai pu ou non sauver mon titre (je suis un platonicien).
Bonnes vacances aux aoûtiens et bonne reprise aux juilletistes.

Edouard

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