Porc à l’ananas Martine

Pour bien faire (chic) vous achetez un rôti de porc, vous le saupoudrez de sel, poivre, paprika, huile, vous y ajoutez votre ananas frais coupé en cubes, votre poivron coupé en lamelles et vous mettez au four, un certain temps en le tournant et en l’arrosant souvent…

Voilà qui a paru bien long, compliqué et salissant à la retraitée fainéante que je me plais à être. Donc :

Ingrédients :

 2 Filets de porc coupé en tronçons que vous faites dorer dans un faitout.
 2 poignées de poivrons (que vous avez au préalable lavé, coupés en lamelles et mis au congélateur pour que ça aille plus vite quand vous en avez besoin. Achetés par 4, il y en a pour un moment.)
 1 Boîte d’ananas en morceaux avec le jus. (Moi, j’en mets 2 parce que ce que j’aime dans ce plat, c’est l’ananas au paprika)
 Sel, poivre et 1 c. à soupe de paprika.

Temps de cuisson ??? Euh…, le temps que le jus réduise, mais prenez soin de lâcher, de temps en temps, l’ordinateur pour aller touiller et vérifier le niveau du jus.

Accompagnement : pour moi, c’est frites.
Mais alors, là, excusez du peu, la fainéante se rebelle, épluche ses pommes de terre à la main, les coupe à « l’emporte-pièce » dans n’importe quel sens, les laves à l’eau chaude, les essuient avant de les mettre dans la friteuse.

Martine

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Edition et refus

Le 8 octobre au soir, le compte à rebours était lancé. Combien de temps pour avoir une réponse ? 5 sur les 8 éditeurs donnaient un délai qui allait de 1 à 3 mois. J’évaluais en gros à 2 mois l’attente pour la première réponse. Il me restait donc jusqu’au 8 décembre pour profiter de cette parenthèse qui me permettait de rêver de succès rapide et de batailles entre éditeurs pour m’avoir dans leur maison.
Je m’voyais déjà en train de répondre aux sollicitations incessantes des maisons, les faire lanterner pour finalement contracter avec le plus offrant.
De toute manière, pensais-je alors, cette étape n’est qu’une formalité. Dans quelques mois, je serai projeté au sommet de la littérature mondiale.
À moi les palaces, yachts et jolies filles, à moi les prix littéraires, les cercles d’intellectuels parisiens. À moi les plateaux télé et le fric.
À moi Hollywood puisque l’adaptation de mon roman sur le grand écran ne manquerait pas d’intéresser rapidement les plus grands cinéastes. Je me voyais déjà discuter tel ou tel détail avec Spielberg.
Et puis ce matin, la parenthèse a commencé à se refermer. L’un des éditeurs me retourne curieusement mon manuscrit. Curieusement, car je ne lui avais pas donné d’enveloppe pour qu’il le fasse. Sur le site, il était bien précisé que « pas d’enveloppe, pas de retour ». Traitement de faveur ? Erreur de néophyte ? Panne de pilon ? Avant même d’ouvrir l’enveloppe, les questions fusaient.
Le refus était encourageant autant que surprenant. Un certain nombre de qualités et de défauts relevés par l’auteur de la réponse m’ont semblé pour le moins incongrus.
Un premier refus, c’est comme toutes les premières fois, quelque chose dont on se souvient longtemps et qui prend un parfum presque enivrant avec les années.
Finalement, je peux dire que je suis presque content de ce refus, d’autant plus que l’éditeur en question n’avait pas la première place dans mon cœur.
Et puis, un écrivain qui n’a jamais été refusé par une maison d’édition est-il vraiment un écrivain ?
Moi, j’ai été refusé…moi, j’ai été refusé…
Ah, comme je les ferai rire dans dix ans. Et vous savez quoi ? J’ai été refusé par untel. Il doit s’en mordre les doigts maintenant. Il y aura des rires et des applaudissements.
– Quoi ?
– …
– Vous trouvez que je m’y vois déjà ?

Edouard

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Edition et éditeurs

Il y a presque un an, dans « édition et débroussailleuses », je racontais comment j’avais sélectionné 17 éditeurs dans l’ouvrage de la revue Lire : « comment se faire éditer ».
J’étais alors très loin de m’imaginer qu’il me faudrait de nombreux mois avant de poursuivre mes investigations éditoriales. Elles ont repris mi-septembre : J’ai choisi de procéder par vagues et d’en choisir 8 sur les 17 pour la première.
D’abord, faire imprimer 8 manuscrits et trouver 8 enveloppes à soufflet : rien de très compliqué jusque là. Ensuite, en relisant les conseils de « comment se faire éditer », j’ai compris qu’il allait falloir me résoudre à écrire des lettres d’accompagnement pour chaque éditeur : la plupart le demandent et ceux qui ne disent rien ne disent pas non plus qu’ils n’en veulent pas. La longueur ? Je me suis aligné sur les 10 à 15 lignes dont parle le guide.
Comment individualiser chaque lettre ? En essayant de mieux connaître les éditeurs, bien entendu. Comment faire pour mieux les connaître ? Il y a le site qu’il est indispensable d’aller voir pour connaître les modalités particulières d’envoi du manuscrit. Il y a Wikipédia pour connaître l’histoire des éditeurs et les auteurs qui sont attachés aux maisons. Il y a enfin les moteurs de recherche des journaux qui informent sur l’actualité des éditeurs. Tous ces éléments permettront au final de déterminer ce qu’il peut y avoir de commun entre vous et chaque éditeur. Bien entendu, ça restera une impression, une tendance très subjective pour envoyer 8 lettres de 15 lignes légèrement personnalisées.
Une fois cet exercice réalisé, viendra le temps de la réalisation des colis renforcés au gros scotch : séquence collage et découpage qu’on évoque rarement dans la vie d’un auteur.
Voilà maintenant l’épreuve ultime, celle qui marque la fin d’un chapitre et que j’ai finalisée aujourd’hui, celle à partir de laquelle la période de l’attente commence : l’envoi par la poste.
Mon guide fétiche recommande un envoi par lettre recommandée avec AR. Sachez que l’envoi de 8 manuscrits avec AR est une entreprise très chronophage, tellement que j’ai décidé de la répartir sur deux samedis matin. Aux auteurs qui ne seraient pas passionnés d’informatique, je conseille de faire un premier envoi pour voir comment ça marche. En effet, tout est informatisé et pour les recommandés, il faut dire à la machine que votre envoi est une lettre et non un colis. Sinon, elle le fera partir en colissimo.
Après tout ça, vous rentrez chez vous et vous vous rendez compte que vous êtes vidé, sec, que rien que le fait d’écrire un article sur votre blog pour informer vos lecteurs que le chapitre est terminé se révèle être une entreprise pénible.
Petit à petit, vous vous réveillez, vous sortez du cocon dans lequel vous vous êtes enfermé pendant deux ans pour écrire votre roman. Vous réalisez qu’un vrai monde existe, un monde fait de chair et d’os. Et là vous pensez : « bon, me vla sorti. Et ben c’est tant mieux parce que je ne ferai pas ça tous les jours ! »
À bientôt j’espère, pour de nouvelles aventures.

Edouard

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Du manège dans les paroles

Il y a six mois, je faisais part à mes lecteurs de ma colère consécutive à l’arrivée de « chéri(e) fais les valises ! », la nouvelle émission de Nagui qui venait éclipser « n’oubliez pas les paroles ».
Aujourd’hui, j’ai toutes les raisons d’être satisfait puisque, comme je l’appelais de mes vœux, « chéri(e) fais les valises ! » n’est plus et que mon karaoké bien aimé est revenu.
Je trouve que la nouvelle formule est encore meilleure que celle qu’on pouvait voir avant les vacances.
Je dois le reconnaître, la formule initiale était sympa, mais un peu simpliste, le risque avec les émissions sympas, mais simplistes, c’est la sclérose, le risque de finir dans le placard des dinosaures télévisuels avec les chiffres et les lettres, l’eurovision, miss France et Michel Drucker.
Le coup des bonus/malus que voit le téléspectateur, mais pas le candidat, c’est sympa, ça met un peu de piment, un peu de suspense. Le nouveau joker qui permet de changer de chanson…pas très utile, mais sympa aussi. Il rappelle que le plaisir est d’entendre les gens chanter le plus longtemps possible.

Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est le changement de thème hebdomadaire. Ça, c’est vraiment bien, on sent qu’on est dans la créativité permanente, qu’on fait évoluer le concept.
À la rentrée, il y a eu les célébrités, puis les sosies…cette semaine, c’est les célibataires.
Un zeste de « tournez manège » dans « n’oubliez pas les paroles » ? Pourquoi pas si c’est expérimental, si ça ne continue pas 30 ans. Comme dit Johnny, « on peut juste essayer pour voir ».

Tout d’abord, il faut des célibataires, ingrédient qui a fait le succès de l’émission phare des années 80. Une femme choisit entre deux hommes qui chantent devant elle. Quels sont les critères de sélection de la candidate ? Très subjectifs, on imagine. Voilà le premier couple sur la piste. Quand ils ne chantent pas, on observe leur comportement. Que vont-ils faire quand ils vont répondre juste à une question ? Rien ? La bise ? Se serrer la main ? À la fin des deux premières chansons, la femme se tourne vers l’homme, mais celui-ci ne semble pas s’en apercevoir. À la troisième, l’homme se décide enfin à se retourner vers la candidate, mais elle ne le regarde pas. Le lendemain, la glace n’a pas vraiment l’air d’avoir été brisée. À 35000€, il attaque et décide de l’embrasser. Elle se laisse faire sans conviction.

La nouvelle candidate est une petite jeune frisée toute mimi avec chapeau et salopette. On retrouve le prétendant malheureux de la veille face à un petit jeune. Le malheureux chante « cœur de loup » de « Jean Jacques Lafontaine ». On a mal pour lui…elle n’était pas née en 89 ! Le petit jeune chante « machistador » de « M ». Elle a les yeux qui brillent en le regardant. L’animateur tente de faire durer le suspens, mais on sait déjà qui a gagné. Deuxième râteau en deux jours, le type est un peu secoué. Naguy s’en aperçoit et semble gêné : il aura une dernière chance. Après, c’est du sadisme. Il y a peut-être un truc à creuser pour consoler le lourdé ? À voir…on innove, on innove. Pourvu que ça dure !

Edouard

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Edition et impression

Quel est le coût d’un livre ? Je ne parle pas du prix de vente en librairie ni du coût de fabrication de l’ouvrage par l’éditeur ou par l’auteur qui fera le choix de l’autoédition. Je parle de l’investissement que l’auteur doit effectuer pour réaliser son ouvrage.
Il y a tout d’abord le nombre d’heures passées à écrire. A cela, on ajoutera le coût de la documentation. Si l’auteur est tatillon et/ou que l’intrigue l’exige, il fera l’acquisition d’ouvrages d’une relative rareté qui ne seront forcément pas donnés. Si en plus, l’intrigue nécessite des déplacements sur le terrain, il faudra ajouter les coûts de transport et éventuellement d’hôtel. Ça grimpe, ça grimpe ! Les éditeurs se plaignent de recevoir trop d’autobiographies, mais pour un étudiant qui décide d’écrire le week-end, c’est encore ce qui est financièrement le plus raisonnable.
Pour écrire ce que l’on veut, mieux vaut être rentier ou salarié.
Une fois la première mouture réalisée, vous allez avoir envie d’une version papier. Si vous travaillez peut-être allez vous sortir votre roman entre midi et deux. Et la reliure ? Tant pis, y’aura pas de reliure, ça prend trop de temps. Si vous n’avez pas un complice sur place, ce sera effectivement un exercice difficile. C’est bon pour une fois, mais moralement, ça pose quand même des questions. Ne suis-je pas en train de voler le papier et l’encre de mon entreprise ou mon administration ?
Quand vous allez passer à la phase des relecteurs (qui, pour ma part, ont tous été bénévole), vous allez entrevoir la seule solution possible pour leur remettre à chacun un exemplaire : l’imprimeur.
Pour moi, envisager cette solution il y a un an a été terrible : comment ? Remettre mon ouvrage entre les mains d’un inconnu ? Un fichier Word auquel j’ai consacré deux ans de ma vie ?
Fébrilement, je me suis mis à la recherche de l’homme de confiance et, comme les personnes âgées qui acceptent de payer leur pain trois fois plus cher qu’ailleurs, sous prétexte que la jeune boulangère à l’air « bien gentille », j’ai confié mon fichier à un vieux grognard qui me semblait sympathique. Il n’était pas vraiment équipé pour faire ce genre de travail. Il lui fallait du temps et, sans doute pour cette raison, il demandait un prix élevé pour chaque exemplaire.
Et puis, viens le moment où on commence à penser aux envois aux éditeurs. Combien d’exemplaires ? 10? 20? Le devis du vieux grognard pour 20 exemplaires m’a laissé perplexe.
– Euuh, vous ne faites pas de prix dégressif ?
– Degré…quoi ?
Entre temps, l’eau avait coulé sous les ponts et le recul avait calmé ma paranoïa des débuts.
J’ai trouvé une adresse sympa que je recommande aux Parisiens. Ils sont très pros, pas chers et travaillent vite :
« de toutes les couleurs, 71bis rue Saint-Charles, 75015 Paris ».

Edouard

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Edition et titre

Qu’est-ce qu’un bon titre ? Si, en tant qu’auteur, vous cherchez sur la toile, vous trouverez des conseils du genre : ne vous inquiétez pas, le titre, c’est l’affaire de l’éditeur. Il est très peu probable qu’il retienne le titre que vous choisirez.
Que faut-il retenir de ces conseils ? Que pour l’auteur, le choix du titre n’a aucun intérêt ?
Personnellement, je ne le pense pas. Bien entendu, même s’il y a quelques trucs qu’il est bon de savoir, la recette de l’écriture d’un livre est ultra subjective est peut difficilement être transmise de bouche d’écrivain à oreille d’écrivain puisqu’elle épouse les contours de la psychologie du romancier.
Pour ma part, un bon livre est une alchimie entre le détail de chaque scène qui le compose et le tout qu’il constitue.
Pour aborder l’écriture d’un roman, il me semble important de savoir si on est aristotélicien ou platonicien, en gros, si dans la vie, on a plutôt tendance à aller du général au particulier (les platoniciens) ou du particulier au général (les aristotéliciens). Pour ces derniers, la recherche immédiate du titre n’aura pas d’intérêt. Par contre, pour les platoniciens, elle sera primordiale. Le titre sera la première étincelle de vie du roman. Au cours du temps, entre la naissance de l’idée et la construction de l’intrigue, le sens global de l’ouvrage pourra évoluer. Peut-être aussi que les remarques des relecteurs feront vaciller le titre originel.
Et l’éditeur dans tout ça ? L’éditeur, c’est autre chose. Il va devoir premièrement faire coïncider le roman avec la ligne éditoriale de la maison et deuxièmement, il va devoir vendre le livre et trouver un titre accrocheur. Afin de réussir ces acrobaties, il est courant qu’il propose un autre titre que celui proposé par l’auteur. Ainsi, de « la caresse du démon » dans la phase primaire de l’écriture, après finalisation du récit, avis des relecteurs et proposition de l’éditeur, le livre pourra être vendu en librairie sous le titre « Hervé, le lapin malin ».
Il est vrai que le titre « la rédaction de mémoires contentieux en droit de l’urbanisme » a été conservé tel quel par mon éditeur (voir « édition et rectangle ») et pourtant, je ne pense pas que ce soit un titre très accrocheur…c’est l’exception qui confirme la règle.
Comme annoncé dans mon dernier billet « édition », je ne vais pas envoyer mon roman avant septembre. Si je trouve un éditeur, je ne manquerai pas de vous faire savoir si j’ai pu ou non sauver mon titre (je suis un platonicien).
Bonnes vacances aux aoûtiens et bonne reprise aux juilletistes.

Edouard

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Edition et naissance

Il y a un peu plus de trois mois, j’évoquais un futur imprécis, un jour où je pourrai me dire « Ça y est, j’ai fait mon possible ». Ce jour est arrivé lundi dernier, neuf mois après avoir commencé cette rubrique. Le 13 juin restera donc pour moi la date anniversaire de mon roman.
Que c’est il passé pendant ces neufs mois ?
Tout d’abord, j’ai décidé d’essayer de faire éditer un jour mon roman (l’univers impitoyable de l’édition), j’ai compris le déchirement que cette démarche impliquait (faire sortir le petit oiseau). Après avoir pris quelques précautions (édition et chatterton), j’ai envoyé mon manuscrit à ma première relectrice qui a corrigé le gros œuvre orthographique (édition et orthographe). En parallèle, j’ai essayé de comprendre qui j’allais avoir en face de moi (qu’est-ce qu’un éditeur ? édition et débroussailleuse). Dans cette démarche, j’ai reçu l’aide complètement inattendue d’un éditeur allemand (édition et destin, édition et rectangle).
Le lancement de la deuxième phase de relecture a été accompagné de beaucoup d’incertitudes (édition et relecteurs). J’ai tout de même fini par comprendre que le roman ne commençait à vivre et à devenir indépendant de l’auteur, il doit avoir circulé dans d’autres têtes. Le travail de prise en compte des remarques des relecteurs a été très long, mais aussi incroyablement enrichissant. Il m’a obligé à prendre le recul nécessaire pour transformer le récit d’origine en un véritable roman avec une âme, un souffle…sans relecteur, impossible de faire marcher Frankenstein. J’ai aussi compris que ce travail de recul n’avait pas un lien exclusif avec l’éventuelle future publication du roman (édition et écriture). L’éditeur est en fait le véhicule qui le fera voyager.
Donc, le voilà. Il pourrait être plus beau, mais bon, je l’aime comme il est. Je pense qu’il est prêt à vivre sa vie. En tout cas, je pense avoir fait tout ce que je pouvais pour lui donner le meilleur de moi-même.
Maintenant, il ne me reste plus qu’appuyer sur le bouton rouge qui le fera partir vers les éditeurs. Il y aura aussi le retour des proches qui n’ont pas tous été intégrés au cercle très étroit des relecteurs, ce qui ne m’a d’ailleurs pas empêché de les bassiner pendant deux ans avec mon roman.
À coup sûr, la rubrique éditions n’est pas terminée. Toutefois, je vais prendre quelques congés romanesques/romantiques/littéraires avant de poursuivre l’aventure.
Rendez-vous en septembre.

Edouard

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Scénario pourri…succès planétaire !!

Sujet de rédaction : Dans un hôtel new-yorkais, l’un des hommes les plus influents du monde chante sous sa douche. Au même moment, une femme de chambre d’origine sénégalaise entre dans la chambre pour faire le ménage. L’homme ayant fini sa toilette sort entièrement nu de la salle de bain et se trouve nez à nez avec la femme de chambre. Imaginez la suite…
Il faut bien l’avouer, le commencement de l’affaire DSK a tout d’un scénario pour film porno qu’aurait pu imaginer le dernier des simples d’esprit.
Première rédaction :
Choquée en voyant l’animal, la femme de chambre se met les mains sur les yeux.
– Cachez ce … que je ne saurais voir.
Rougissant, DSK fait un pas en arrière et referme la porte de la salle de bain.
– Vous me direz quand vous aurez fini !?
– Oui, oui…
Après avoir terminé de passer l’aspirateur, la femme de chambre s’éclipse.
– C’est bon maintenant. Vous pouvez sortir!
Note : 2/10
Observation du professeur : Ce scénario manque incontestablement d’inventivité, aucun suspens, aucun sel. Vous n’avez pas su exploiter les éléments de l’énoncé.
Deuxième rédaction :
L’homme se jette sur la femme de chambre et tente de la violer. Elle se débat et réussit à sortir de la chambre.
Note : 3/10
Observation du professeur : Ce scénario est beaucoup trop court. Un peu bestial aussi. Il suppose un homme psychologiquement déficient qui n’a aucune maîtrise de lui-même. N’oubliez pas qu’il s’agit là de l’un des hommes les plus influents de la planète ! L’attitude de la femme de chambre semble en revanche plus crédible. Je vous invite donc à reprendre la première partie après avoir creusé la seconde et après avoir détaillé la psychologie du personnage masculin.

Edouard

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wasabi et sirop d’érable

Le 9 mars 2011, s’est ouvert 42 rue Linois un restaurant au nom très peu français : « japanDaily ».
Encore un japonais comme il y en a tant dans Paris !? Avec sa sempiternelle soupe miso, sa petite salade et ses menus aux noms romantiques de « menus A, B, C, D, E, F, G… » !!? Pour en avoir le cœur net, je suis entré. J’ai d’abord été frappé par le cadre. Deux rangées de tables tête bêche séparée par un muret dans lequel sont encastrées de petites télés. C’est un self. Ici, pas de soupe miso ni de « menu à lettre », mais des barquettes préremplies dénommées « Bento » et un grand assortiment de sushis et de makis. J’opte pour le « menu bento » avec une barquette, une boisson, un dessert.
Je prends ma barquette et je passe devant les desserts… des brownies, des muffins et autres pâtisseries nord-américaines. Je m’arrête une seconde et me retourne : où suis-je tombé ? En arrivant à la caisse, une voix féminine avec un léger accent québécois me demande 8€. Elle est souriante, sans façon et vient effectivement de Québec. Où suis-je ?
Le site de « japandaily » explique le concept qui est de recréer un environnement typiquement tokyoïte. N’étant jamais allé au Japon, j’ai du mal à apprécier. Cependant, il est certain qu’il y a une ambiance que l’on trouve difficilement en France, une ambiance que, faute de mieux, je rattache à l’Amérique du Nord. Une autre conception de la nourriture et du repas. Après tout, dans la « planète-village » dans laquelle nous vivons aujourd’hui, je ne serais pas étonné que le Tokyoïte moyen se gave plus souvent de muffins que de soupe-miso.
Pour terminer, je prends mon café à une machine « Nespresso ». En regardant couler le liquide, je dresse l’oreille en espérant entendre un « What else ? ». Y faut pas pousser.
En sortant, je me retrouve bien dans le quinzième. Pour 8€, je me suis senti l’espace d’une demi-heure, passager d’un long courrier entre New York et Singapour, comme le businessman de starmania, Je n’ai pas été déçu du voyage. Ce n’était pas très très raffiné, mais tellement dépaysant !!

Edouard

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Mon teinturier bien aimé

On pouvait trouver il y a encore quelques semaines, 33 avenue de Suffren, au pied de la tour Eiffel, un établissement un brin surréaliste et « so 7th », comme diraient les amoureux de Paris d’outre-Manche et d’outre-Atlantique : une teinturerie littéraire portant le nom délicat d’ « au sens propre ». Le maître des lieux, Benoît Desaulles, avait un style qui se fondait à merveille dans le quartier : sympathique, bien élevé, souriant, propre sur lui (ce qui est la moindre des choses dans sa profession). À y regarder de plus près, on percevait un certain mystère derrière ce quinquagénaire, ancien informaticien reconverti sur le tard dans la teinturerie.

Cet hiver, il a disparu quatre semaines. Des pancartes posées à l’entrée d’ « au sens propre » indiquaient que l’établissement était fermé par décision de justice. Et puis, un beau jour, Benoît Desaulles a refait surface, les traits du visage creusés, la tenue un peu négligée, mais victorieux. « J’ai gagné ! Me revoilà reparti pour sept ans. » m’a-t-il simplement dit.

Peu après son retour, des travaux ont commencé dans la boutique et par petite touche, « au sens propre » s’est transformé en teinturerie écologique. La semaine dernière, il ne restait plus rien de « littéraire » dans l’établissement qui était devenu un maillon d’une chaîne de laveries « nature et découvertes ». Le commandant de bord avait perdu son âme, mais était toujours là : il faut bien vivre. Le combat de l’ours blanc contre l’encrier n’est pas équitable.

Et puis, hier, j’ai su qu’il avait à nouveau disparu en début de semaine. Réussira-t-il à nouveau à s’en sortir ? Et si oui, à quel prix ?

Qui que vous soyez, Benoît, vous pouvez compter sur mon soutien. Tout d’abord parce que la « teinturerie littéraire » était une idée géniale, mais aussi parce que vous êtes un personnage de roman, comme ceux des livres que vous prêtiez.

Parce que vous m’êtes sympathique, mais aussi en tant que lecteur, j’ai bien entendu envie que vous vous en sortiez à nouveau. Rares sont les personnes qui, en voyant des prisonniers s’évader au début d’un film, espèrent de tout leur cœur qu’ils vont se faire pincer.

Comme le raconte si bien Clint Eastwood dans « impitoyable », il y a ceux qui racontent des histoires et ceux qui les vivent. Ceux qui les vivent sont absorbés par l’imagination des auteurs qui fabriquent leurs légendes.

Un jour, peut-être, si Dieu le veut, j’écrirai la légende de Benoît Desaulles.

Edouard

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