Les brumes du passé

Une curiosité: un roman policier qui se passe à Cuba.
L’inspecteur Mario Conde s’est rangé, et se lance dans
la recherche de livres rares.
Cette histoire devrait intéresser mes nombreux amis
bibliophiles.
Malheureusement, l’histoire met 300 pages a démarrer
véritablement.
Et le style m’a paru indigeste (traduction?)
On y apprend malgré tout des éléments intéressants sur
la vie quotidienne, depuis le régime honni de
Batista, jusqu’à la poigne de fer de Fidel Castro
(sans que celui-ci ne soit jamais cité). Censure??
Amitiés caribéennes,
Guy.
Leonardo Padura
Points
432 p.

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Sébastien

Un livre qui se lit en une soirée d’autant qu’il y a beaucoup de blanc dans l’écriture et dans l’impression. Sébastien nous raconte son histoire à sa façon au cours d’un interrogatoire par un policier très taiseux. (Je suppose et j’extrapole. Ce peut être aussi un psychiatre de la police. ???) « Je ne comprends pas ce qui se passe en moi. Je ne parle jamais comme ça. D’habitude je reste muet. » Sébastien est-il autiste ???? Quoi qu’il en soit, ses parents s’en débarrassent dans un Centre spécialisé (Psy ?). Ses week-ends et ses vacances, il les passera chez ses grands-parents. Sébastien sait que ses parents ne l’aiment pas. Par contre ses grands-parents sont gentils avec lui. Son grand-père le comprend sans beaucoup parler. C’est le seul qu’il aime et à qui il fait confiance. Un jour, ils partent même « entre hommes » à Paris, à une commémoration de la guerre d’Algérie. C’est là que tout se gâte. Beaucoup de points d’interrogation, certes, mais voilà un livre qui m’a surprise et déroutée. En quelques mots, on perçoit le désarroi, la peur, l’incompréhension de ce gosse qui se sent coupable de ne pas être comme tout le monde. En même temps, je me sens frustrée. Il n’y a pas assez d’explications, de précisions. Il faut toujours que l’on me mette les points sur les I. Peut-être que ce n’était pas nécessaire, tout compte fait.
La Martine
SPILMONT Jean-Pierre
La fosse aux ours, 2010, 130 p.

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Sur ma peau

Certains disent ne pas aimer ou ne pas être intéressés par les polars.
Ah bé forcément, si vous commencez par ce genre…..

C’est l’histoire d’une journaliste qui a de gros problèmes ; sa maman ne l’aime pas (elle aussi a de gros problèmes qui viennent de sa mère). Depuis l’âge de 13 ans, Camille se scarifie, picole, couche avec n’importe qui et se drogue plus ou moins. Elle avait réussi à échapper à Wind Gap (Missouri) et à sa mère, mais son rédacteur l’envoie dans cette ville pour faire un scoop sur le meurtre de deux gamines. Pourquoi leur arrache-t-on les dents post mortem ?

Bien évidemment, replongée dans le milieu familial, Camille dépérit et sa demi-sœur (13 ans, justement) n’est guère plus fraîche et facile à vivre.

Le roman avance péniblement entre soûleries, dégueulis et syndrome de Münchhausen par procuration. (????)

Écœurant à vomir.

C’est aussi le premier Flynn. J’avais nettement préféré « les lieux sombres » qui m’avait paru moins torturé. Ou alors, je supportais mieux à l’époque.

La Martine. À suivre…

FLYNN Gillian
Sur ma peau
France loisirs, 2008, (2006), 400 p.

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La maison d’à côté

À ne pas manquer pour les amateurs de polars !

Une enquête du commandant D. D. Warren (une fliquette) qui a du mal à avancer. Sandra Jones a disparu mystérieusement du domicile conjugal. Sac à main, papiers, vêtements, etc. tout est là. De plus, c’était une mère très attachée à sa fille. Le mari ne comprend pas, se pose des questions, mais ne dit rien à D. D., ce qui en fait LE coupable n° 1. (Dès le début, c’est trop facile, ce ne peut être lui.) D’autres suspects vont s’insinuer au fil des pages, mais quel est le bon ? De temps en temps, c’est Sandra qui nous raconte ce que fut sa vie de femme pas si exemplaire que ça. Aux yeux de tous, le couple était parfait et leur gamine adorable. Mais ils n’avaient aucun ami, aucun proche parent et ils ne voyaient personne. Qui étaient les Jones ? Que faisait exactement le mari ? Que cachait-il ? Que s’était-il passé lors des vacances de février ?

Le suspense augmente en intensité au fil des pages. Je m’obligeais à lâcher le livre pour manger un petit quelque chose et dormir, mais je n’ai pas pu faire autre chose tant que je ne suis pas arrivée au bout.

À noter quelques erreurs de traduction ou phautes de frappe ??? Rien de bien gênant. L’action est trop prenante pour s’y arrêter.

Je n’ai sauté que les passages informatiques ; trop compliqués pour moi.

Un très bon polar à lire quand on est tranquille et que l’on n’a rien à faire.

La Martine

GARDNER Lisa
Albin Michel, 2010 (2009), 415 p.

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Les voisins d’à côté

Les Langley partent pour une semaine de vacances. Dereck vient dire au revoir à son copain Adam et fait semblant de partir tout en se laissant enfermer dans la maison. Pendant une semaine, il sera tranquille avec sa petite amie. Las ! Les Langley reviennent dans l’heure ; la maman avait mal au ventre. Même pas le temps de décharger la voiture et ils se font tous tuer. Si Dereck n’a pas tout vu, il a tout entendu. Pas question d’en parler à la police, il se ferait enguirlander par son père.

Si personne n’a rien vu, rien entendu, ils ont tous un indice qui pourrait amener la police plus directement au criminel. Mais bien sûr, ils ne le font pas et s’enlisent dans un tas d’imbroglio.

Dereck est arrêté et son père mène son enquête. Son épouse (à gifler) prend le contre-pied de tout ce qu’il fait et lui met des bâtons dans les roues. Et pour cause, elle aussi à son petit secret.

De rebondissements en agressions diverses, de personnages nouveaux en nouveaux meurtres (fallait ben les remplir ces 520 p. !) nous arrivons au meurtre final et à l’arrestation de l’assassin. Uffa !!!

Je n’ai rien sauté et j’ai été jusqu’au bout.

Ce n’est pas un si mauvais polar que ça ! 2 ou 3 rebondissements m’ont même surprise. Je crois qu’à force de lire des polars je finis par avoir une impression de « déjà vu ». Je me demande si trop d’action ne nuit pas à l’histoire racontée.

La Martine

BARCLAY Lindwood
Les voisins d’à côté
J’ai lu, 2012, (2008), 520 p.

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Bellini et le démon

« Fils d’un brillant avocat, le détective Remo Bellini doit résoudre deux affaires insolites : retrouver un manuscrit inédit de Dashiell Hammett et le meurtrier de la belle Silvia, assassinée dans les toilettes de son collège. »

Dans la 1re enquête, juste au moment où Bellini retrouve le possesseur du manuscrit (que de dollars gaspillés pour 3 fois rien !!!), sa chef prend sa place pour recevoir les honneurs.

Dépité et ronchon, Bellini repart à la case départ, c’est-à-dire au bureau de Sao Paulo. Mais là…

Commence la 2e partie avec l’arrivée d’une gironde journaliste qui va rendre sa virilité à Bellini (Hé oui ! Lui aussi a eu coquette en berne. Comme il est jeune, pas besoin de Viagra. Galla à suffit à lui faire rebrandir sont étendard) et l’entraîner dans l’affaire de la jeune fille assassinée. En fait, il en rêvait depuis le début.

Deux affaires résolues avec brio, action, dérision.

Bellini pratique aisément l’autodérision ce qui rend ses problèmes amusants et l’enquête pétulante, entraînante, démoniaque.

La Martine

BELLOTTO Tony
Acte Sud, 2007 (1997), 298 p.

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Le secrétaire italien

« Sherlock Holmes est de retour !

Il reçoit un télégramme de son frère Mycroft, l’appelant à l’aide ».

Avec le Dr Watson, ils prennent le train pour l’Écosse. et moi celui du sommeil à la page 60. Au lit à 21 h 30, il y a longtemps que cela ne m’était pas arrivé ! Au moins, je n’ai pas perdu mon temps (si, une soirée, mais bon…). Me forcer à lire un livre qui ne m’intéresse pas ne serait pas une façon d’éviter l’échec, mais de plonger dans le masochisme.

Ce genre de polars, comme ceux de la Higgins Clark m’ennuie à dormir debout.

C’est simplet, pompeux, archaïque avec des énigmes codées de ficelles niaises et, le tout, dans un jargon tellement politiquement correct que j’ai eu du mal à suivre.

L’avantage de ces polars à l’eau de rose, c’est que l’on ne fait pas de cauchemar. Il n’y a aucune action, aucun suspense, que du blabla insipide.

Je crois, en plus, que je n’ai aucun atome crochu avec ces fadaises chics du XIXe siècle.

Entre le thriller juteux et ÇA, heureusement qu’il y a autre chose.

La Martine en rogne.
CARR Caleb

Le secrétaire italien

Feryane, 2007 (2005), 382 p.

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Vice caché

Au début des années 70, Doc Sportello, détective hippie de la communauté de Los Angeles, se met à la recherche d’un certain Mickey Wolfmann je ne sais plus sur la demande de qui et pour des raisons qui ne m’ont pas semblées très claires.

Bienvenue dans le monde du polar psychédélique…blagues à la con qui ne peuvent faire rire qu’un junkie à la limite de l’overdose, dialogues qui ne veulent rien dire, personnages qui s’introduisent dans l’intrigue sans trop qu’on sache pourquoi et qui en sortent comme des courants d’air… Comme un naufragé au milieu de l’océan, j’essaie de m’accrocher à quelques noms et références qui surnagent de ce brouillard qui sent fort le cannabis : Bigfoot, Shasta, Puck, Sharon Tate, Charles Manson, le continent perdu de Mu, les Lémuriens, le Viet Nam…quelques références cinématographiques aussi.

Il n’est pas rare que je lise des livres auxquels je ne comprends rien. Généralement, si ça ne s’arrange pas à la page 150, c’est qu’il faut chercher autre chose qu’un fil conducteur : une musique comme chez Céline par exemple. Entre les pages 150 et 350, il ne se passe rien. Le brouillard est toujours plus épais et je ne sens rien. Si je n’avais pas passé quelques heures dans le TGV, si je ne m’étais pas retrouvé quelques jours dans les profondeurs de la campagne gasconne, il est probable que j’aurais laissé tomber.

À partir de la page 350, les choses semblent se dissiper un petit peu. Ce n’est pas une musique, mais un parfum (j’aurais dû m’en douter), un parfum aigre-doux et acidulé qui fait penser à la photo de couverture sur laquelle une femme rouge se détache au milieu de zones irisées vertes et jaunes. Un parfum qui ressemble certainement aux paradis artificiels que Thomas Pynchon (l’auteur) a connus. Il avait 33 ans en 1970,

Vers la page 500, de nouveau l’envie de tout arrêter, de tout envoyer promener. Je continue tout de même, mais pour le challenge, pour ne pas avoir un sentiment d’échec, mais peut-être aussi par addiction inconsciente.

Ce soir, il ne me restait que 5 pages. En fournissant un dernier effort, je m’y suis replongé. Les trois dernières pages ont été fantastiques. Sans doute parce que je touchais enfin au but, mais aussi par ce qu’elles étaient d’une fluidité extraordinaire et hautement poétiques. Bref, ces trois pages m’ont laissé sur le cul et m’ont obligé à repenser l’ensemble.

J’ai alors visualisé l’histoire d’un beatnik qui fumerait un joint, mais dont l’histoire serait racontée en commençant par la fin, comme si le mégot jeté à terre s’élevait dans les airs pour se visser entre les dents du gars, avant de se recomposer petit à petit.

Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai cette image en tête. Doc me dirait « c’est ton trip man, faut pas chercher plus loin ! »

Il n’est pas impossible que je me reprenne un petit Pynchon un de ces jours.

Edouard

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L’hermine était pourpre

L’épouse d’un avocat est sauvagement assassinée. Bien évidemment, le mari a des problèmes donc, il devient le suspect N° 1 pour le juge, mais ses collègues ne l’entendent pas comme ça. Police, bâtonnier et avocats mènent l’enquête. (Beaucoup de monde pour pas grand-chose !)

Un polar bien français, bien gentillet et plein de prétentions qui survole un tas de sujets : la police, la justice et l’injustice, la bavure, l’information qui manipule, les manifs et comment les juguler après que les voitures ont flambé, les roms, le vélo, etc. Beaucoup de poudre aux yeux pour une enquête tirée par les cheveux et cousue de fils blancs.

Bien évidemment, l’auteur ne casse du sucre sur personne ce qui lui a permis d’obtenir le « Prix du Quai des Orfèvres 2012 » (tiré en novembre 2011).

Un livre très policé. Trop pour moi. Il en devient naïf et insipide.

À lire quand on ne veut pas réfléchir, pour se préparer au sommeil, par exemple.

L’hermine était pourpre
Pierre BORROMEE
Fayard, 2011, 378 p.
La Martine somnolente

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L’armée furieuse

Double enquête pour le commissaire Adamsberg. À Paris, il traque le meurtrier d’un industriel retrouvé carbonisé dans sa voiture. Au cœur de la Normandie profonde, il est confronté à une armée de spectres.

Les fans auront attendu 3 ans la suite des aventures du « pelleteur de nuages » et de son équipe.
Depuis ses premiers romans, on trouve des incohérences dans les intrigues de Fred Vargas. Elle a fini par en faire un art. Dans « l’armée furieuse », l’écrivain nous explique que cette incohérence fait partie du mode de pensée du commissaire rêveur.

Le titre du dernier opus de l’écrivain-archéozoologue aurait en effet pu être « dans la peau de Jean-Baptiste Adamsberg ». La double enquête semble un prétexte. On n’en sait pas beaucoup plus sur les personnages secondaires. L’écrivain s’attarde uniquement sur la rivalité entre Danglard et Veyrenc dans le rôle de l’ami fidèle du commissaire. Une rivalité qui ne m’a pas semblé très crédible. Est-ce une volonté de Fred Vargas d’écarter Danglard ? Serait-elle lassée, comme Abelsberg, par l’érudition du personnage. Risquait-il de faire de l’ombre à Abelsberg comme Jacques Spiesser qui incarne l’adjoint dans la série télévisée fait de l’ombre à Jean-Hugues Anglade ?

En tout cas, elle ne semble s’intéresser vraiment qu’à se qui se passe dans la tête du commissaire. On y découvre un personnage à l’orthographe douteux qui fait taper ses rapports par ses subordonnés. Un personnage qui a du mal à comprendre des jeux de mots simples. Un personnage tout en intuition qui se focalise sur des microdétails sans trop savoir pourquoi et qui finissent par devenir les clefs de voûte de ses raisonnements. Un personnage à la réputation médiocre finalement un peu comme l’inspecteur gadget, qui réussit ses enquêtes presque par hasard.

Tout ça ne manque pas de charme et est un brin surréaliste (comme l’était le père de Fred Vargas). On a le sentiment qu’elle se concentre aujourd’hui sur l’essentiel, sur son univers cotonneux et flottant, détaché de toute réalité sociale ou politique. Un idéal personnel peut-être.

Est-on toujours dans du roman policier ? Et si l’auteur se détachait peu à peu du cadre contraignant du polar pour aborder une autre forme de littérature ? L’avenir nous le dira.
Charles-Edouard

L’armée furieuse
Fred Vargas
Viviane Hamy, 2011
425p. , 19,5€

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