Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle

On lit à la page 61 ‘Où l’on vient enfin à la première des scènes pour lesquelles tu as acheté ce livre, cher et hypocrite lecteur’. Il déclarait à la première page ‘Je n’ai rien contre les catholiques. Au contraire’.
Il présente son opuscule (non, ce n’est pas un gros mot) comme une réaction contre une pensée totalitaire qui asservit les humains. En foi de quoi il séduit tout ce qui porte une jupe et/ou une petite culotte.

Son pèlerinage tient du marathon sexuel.
C’est totalement et volontairement amoral et irrespectueux et par moments hilarant.
Ces dames et demoiselles en ont, si j’ose dire, sous la pédale.
J’ai une affection particulière pour Muriel, abandonnée par son vétérinaire de mari, qui retrouve Étienne à Bazas.
Elle arrive à lui faire promettre de faire le pèlerinage ‘pour de vrai’. Nom de dieu, c’est lui qui l’écrit.
Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Quoi que…

Amitiés fricoteuses,
Guy.
Etiennne Liebig – La Musardine – 224 p.

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Crépuscule

Lu après un séjour à New York, j’espérais retrouver un peu l’ambiance de Manhattan.
Las.
Ce lourd pensum raconte le retour de Mizzy chez sa soeur Rebecca, mariée à Peter.
Et figurez-vous que Peter tombe amoureux de Mizzy.
Michael Cunningham fait, semble-t-il, partie des auteurs dans le vent.
Encore faudrait-il savoir de quel vent on parle. Celui-ci est fétide.
Un livre décadent se passant dans une société sans balises.
Du pipeau.
Amitiés travesties,
Guy
Michael Cunningham – 10/18 – 286 p.

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La porte des enfers

Voilà un livre très difficile à résumer.
2010 – Filippo Scalfaro De Nittis, travaille dans un restaurant où il y fait des cafés très spéciaux. Un soir il transperce un client avec un couteau, l’amène en voiture sur sa tombe et lui coupe quelques doigts, mais le laisse en vie. « Je m’appelle Pippo De Nitti et je suis mort en 1980 ». ???
1980 – Matteo et Giuliana perdent leur fils, Pippo, 6 ans, dans une fusillade entre mafieux.
En basculant de 1980 à 2010, au grès de courts chapitres, nous finissons par comprendre que Giuliana avait demandé à son mari d’abattre le mafieux responsable, ce qu’il n’a pas pu faire, ou de lui ramener son fils.
C’est ainsi que Matteo ira aux enfers chercher et ramener son fils, au péril de sa vie. Giuliana n’en saura rien puisqu’elle est partie se réfugier dans sa campagne pour vivre seule sa peine.
20 ans après le fils accomplit la vengeance du père et va le chercher aux enfers…
Le tout se passe à Naples sur fond de tremblement de terre, de destructions, de morbidité, de religion, de superstition dans un milieu pauvre et dépravé.
Même lu au 2e degré la dure traversée des enfers n’est que souffrance, larmes, cris et chuchotements.
Laurent Gaudé, dramaturge, a voulu rendre hommage à ses morts.
Pourquoi pas, mais…
Âmes sensibles s’abstenir.
La Martine qui se console en écoutant les voix d’anges de contre-ténors célèbres et lit « La jeune fille à la perle » de Tracy Chevalier.
Un peu de douceur dans ce monde de brutes…
GAUDÉ Laurent R avr.-13
Acte Sud Babel, 2008, 268 p.

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Le ciel tout autour

 

Trois femmes, trois destins différents qui se rejoignent.

Karen, 29 ans, atteinte du sida, en prison depuis 5 ans, dans le couloir de la mort de Mountain View (Texas) avec 4 autres détenues. Putain d’autoroute de son état, elle a tué plusieurs de ses clients qui la brutalisaient et deux témoins gênants parmi lesquels Henry.

Franny, médecin à New York, complètement déstabilisée. Une jeune patiente vient de mourir du cancer, son couple bat de l’aile. Elle profite de la mort de son oncle qui l’avait élevé pour partir pour Gatestown (Texas). Là, elle rompt ses fiançailles et reprend la place de son oncle, docteur à la prison de Mountain View.

Célia, bibliothécaire, veuve d’Henry, ne parvient pas à se remettre de la mort de son mari. Elle ne pardonne pas, mais décide d’écrire à Karen pour lui dire tout ce qu’elle a perdu. Elle habite Austin, pas très loin de la prison.

Trois destins entremêlés, trois portraits de femmes très bien décrits.

Un livre très poignant sur les conditions de vie dans l’univers carcéral féminin. Un milieu très dur, inhumain, où les codétenues vivent dans la promiscuité, se déchirent ou s’entraident comme elles peuvent.

Au bout, il y a la mort.

La Martine toute retournée.

WARD Amanda
J’ai lu, 2009 (2003), 253 p.

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La Liseuse

Il s’agit plus d’un livre sur l’édition que sur la Liseuse.
Robert Dubois, célèbre éditeur sur le déclin, se voit imposer une liseuse par son associé, plus jeune et plus moderne.
L’aventure commence mal. En s’endormant sur le texte, il reçoit la Liseuse sur le nez. 730 gr. le marquent pour un moment.
« Il y a une foule de livres qu’il faut avoir lus, que tout le monde a lus, que je n’ai pas lus, estimant sans doute qu’ils avaient été assez lus sans qu’ils aient besoin que je les lise : pendant ce temps-là, je lisais d’autres livres. » François Caradec.
Voilà une pensée qui me convient très bien.
J’ai eu l’impression d’avoir déjà lu ce livre ou du moins quelque chose sur l’édition avec de l’humour qui lui ressemblait.
« Massacre pour une bagatelle » de Brami Émile.
La Liseuse est mieux écrite. Il y a, peut-être, un humour plus fin, mais…
La Martine refroidie
FOURNEL Paul R Mars.-13
P. O. L., 2012, 218 p.

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Deux petits pas sur le sable mouillé

Une histoire vraie, sordide, racontée par la mère.
Loïc et Anne-Dauphine forment un couple heureux. Ils ont deux enfants, un garçon, Gaspard, 4 ans et une fille, Thaïs, 2 ans et un 3e enfant à venir. Famille aisée, bourgeoise et catholique.
Et la tuile. Thaïs est atteinte de « leucodystrophie métachromatique », une maladie orpheline, et va mourir. La mère, en accord avec son mari, décide d’ « ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie. » C’est beau et bien dit comme tout dans ce livre.
La 2e fille, Azylis est, elle aussi, atteinte de la même maladie, mais grâce à une transfusion pourra être, en partie, sauvée.
Ce livre est bien écrit, mais m’a gêné.
La mère passe par des phases de profond désespoir et reprend espoir en voyant des miracles partout. On sent bien qu’elle est accro à sa religion.
Elle trouve des faux fuyants à chaque phase de détérioration de Thaïs et s’accroche à des détails qui me paraissent exagérés. Comment une enfant de 3 ans, paralysée, sourde, muette, aveugle et shootée à la morphine peut-elle exprimer de l’amour, de la joie ou de la sympathie à quelqu’un ?
L’amour de la mère est-ce Marie Imbert ou Anne-Dauphine ?
Je rends un hommage à la solidarité, au bénévolat qui s’est développé et organisé autour de cette famille.
La Martine pas convaincue
JULLIAND Anne-Dauphine
Les Arènes, 2011, 228 p.

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Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison

Encore une folle équipée dans la Laponie chère au cœur d’Arto.
Ce n’est jamais la même histoire, ni vraiment le même paysage.
Cette fois-ci, « L’inspecteur principal Jalmari Jyllänketo est envoyé par la Sécurité nationale finlandaise dans l’ouest de la Laponie. Alors que des rumeurs font état de mystérieuses disparitions, il doit enquêter sur un ancien kolkhoze reconverti en une florissante exploitation agricole ; les mines de fer sont devenues des champignonnières ; les terres marécageuses, des potagers bio. »
Jalmari, devenu pour l’occasion contrôleur en agriculture biologique, s’habitue très bien à l’ambiance familiale de l’étang aux Rennes. Plutôt d’un caractère accommodant, il est vite adopté et restera au-delà de sa mission, en envoyant de faux rapports et en devenant pourvoyeurs de main-d’œuvre « spéciale » pour la mine qui n’est, en fait qu’un camp de concentration pour gens peu recommandables. Une autre façon de voir la justice et la réinsertion dans la vie sociale des délinquants.
Si je veux bien me donner la peine de réfléchir, je reconnais que l’histoire n’est pas du tout morale. Encore que… toutes les idées ne soient pas mauvaises. mais… trop fatiguée pour réfléchir.
Encore un Paasilinna qui ne m’a pas déçu et m’a bien changé les idées.
La Martine
PAASILINNA Arto
Folio, 2012 (Denoël 2010 – 1998), 376 p.

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Le convoi de l’eau

Aque voilà une lecture d’été bien sérieuse, mais oh combien satisfaisante.
« Un homme étrange s’est engagé au sein d’une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d’une vallée mal connue et difficilement accessible, se révèlent les contours d’un hameau. Les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux. Au cours du terrible chantier, alors que la dynamite éventre la montagne et ébranle les maisons, le destin du narrateur entre en résonnance avec celui de la petite communauté condamnée à l’exil.
Dans des paysages dont la splendeur contraste avec la violence fruste des mœurs, cette fable sombre retrace un combat tellurique et intimiste d’une poésie inoubliable. »
Un livre épuisant, cruel et merveilleux qui m’a rappelé deux films japonais dans la même veine : « L’île nue » de Kaneto Shindô (1960) et « La ballade de Narayama » de Shohei Imamura (1983).
Au début, j’ai oublié de faire abstraction de ma culture et j’ai eu du mal à m’insérer dans le livre, puis je l’ai avalé… trop vite. Donc, je suis en train de le relire (sans juger, sans critiquer) pour apprécier les paysages et la façon de réagir des personnages.
Pour que je me rappelle « L’île nue », vue quand j’avais une douzaine d’années, c’est que l’histoire m’avait marquée. Il en sera de même pour ce livre.
Mais attention : fable sombre ! L’auteur a écrit une fable d’après des détails réels, je suppose. Dois-je en déduire que les Japonais modernes ont tous un sens du devoir exacerbé à l’extrême ? Une lecture étrange et fascinante.
La Martine émerveillée
YOSHIMURA Akira R Août.-12
Babel, 2011 (Acte sud, 2009 – 1976), 174 p.

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A l’abri de rien

Chacun se souvient de la situation dramatique de ces réfugiés dans le nord de la France, près de Calais, et de la gestion lamentable du ministre responsable à l’époque (2007). Ce livre raconte la prise de conscience d’une ménagère, mère de deux enfants, mariée à un homme de bonne volonté un peu borné. Négligeant sa famille, elle se lance à corps perdu dans l’aide à ces rebuts de la société. Ce livre plein de bonnes intentions reste cependant bien en deçà de ses ambitions.
On participe surtout au naufrage d’une femme qui perd tous ses repères, et qui finit par sombrer dans la folie. Était-ce bien le but de l’auteur?
Amitiés déçues,
Guy.

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La liste de mes envies

Les bons sentiments ne font pas nécessairement un bon livre, mais ils y contribuent.
Jo (au féminin) rêvait du prince charmant. Elle se contente de Jo (au masculin) avec qui elle a deux enfants. Elle est mercière à Arras, et anime un blog avec un certain succès.
Elle gagne 18 millions d’euros au Loto…
Suite dans le livre.
J’ai bien aimé les 2/3 de ce livre légérissime (malgré la somme gagnée).
La fin moralisante m’a déçu.
C’est vite lu et cela ne mange pas de pain.

Si vous gagnez au Loto, sachez que vous aurez affaire à un(e) psy qui vous expliquera, avant de vous remettre le chèque, les horreurs que le gain d’une grosse somme peut entraîner: de la grivèlerie au crime, en passant par le chantage, le divorce, la banqueroute.
Heureux les pauvres d’esprit.

Amitiés capitalistes,

Guy.

 

La liste de mes envies

Grégoire Delacourt

J.C. Lattès – 186 p.