Retour à Salem

« Un soir à Hambourg, Hélène Grimaud pousse la porte d’un antiquaire. Elle ne sait pas encore qu’à cet instant précis sa vie bascule dans l’ailleurs et dans une succession d’événements qui la ramèneront de l’Europe aux États-Unis, à Salem, le refuge de ses loups, pour reprendre, à leurs côtés, sa lutte contre la destruction de la nature… Roman fantastique ? Tel est l’enjeu de ce livre qui alterne conte initiatique et journal personnel et qui croise, jusqu’au vertige, fiction et réalité. »
H. G. est une pianiste et éthologue, à l’imagination débordante et passionnée par tout ce qui est extra-sensoriel, les liens avec le cosmos, les légendes, la sauvegarde de la nature, etc. Elle a de grandes connaissances dans divers domaines. Elle est aussi assez caractérielle… Elle a besoin de la nature et de ses loups pour se ressourcer, mais aussi des feux de la rampe. Ce qui fait que quand elle a besoin d’argent pour sa fondation, elle vient en Europe, sort quelques disques, un livre et fait quelques tournées, puis nous oublie et repart dans son désert blanc.
À ses débuts elle était très douée. Elle n’est plus qu’une bonne mécanique médiatique. J’ai aussi acheté le CD des 2 concertos de Brahms…
Son livre est un ramassis de toutes ses hallucinations et connaissances jetées en vrac. Je n’ai pas compris ce qui se passait, mais j’étais trop angoissée pour continuer. Je suis donc partie à la fin. H. G. se pose toujours les mêmes questions…
Un livre aussi glauque, nauséabond, humide, malsain, acide que la forêt mystérieuse que le dénommé Wûrth (un des pseudonymes de Brahms) est censé explorer. Un conte, un vrai voyage ou la transcription de la folie de Schumann ??? De quoi rester sur sa faim et mal dormir la nuit.
Hypersensibles s’abstenir. Les amateurs de science-fiction et d’énigmes non résolues peuvent se lancer.
En achetant ce livre, j’ai fait une bonne action : une boulette de viande pour ses loups. C’est ma seule consolation.
La Martine dépitée
GRIMAUD Hélène
Albin Michel, 2013, 251 p

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Guerre et Paix

Expérience intéressante que la relecture de ce classique des classiques, après celle de mon adolescence, il y a une bonne cinquantaine d’années (!)
Dans mes souvenirs, il y avait Natacha, bien évidemment influencée par l’image de la sublime Audrey Hepburn.
Il y avait cette immense épopée dans la Russie du début du 19e siècle.
Lisez Guerre et Paix, imprégnez-vous de ce monument.
Contrairement à mes souvenirs, Natacha m’est apparue comme une enfant gâtée, immature et névrosée.
Parmi tous personnages du livre, Tolstoï semble vouer une affection particulière à Pierre Besoukhov, le géant débonnaire totalement perdu dans un monde qu’il ne comprend pas.
Beaucoup de militaires, dont peu de sympathiques. Dans cette optique, le monde a peu changé.
Même impression à la fin du livre: l’épilogue, avec des considérations historiques oiseuses, m’a permis un exercice de lecture rapide bienvenu.
Amitiés napoléoniennes,
Guy
Léon Tolstoï

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Comme les amours

Tous les matins, une éditrice madrilène consomme son petit déjeuner dans un café, et tous les matins elle observe un couple qui la fascine par sa complicité et par sa joie de vivre. Jamais elle ne leur adressera la parole.
Après ses vacances, le couple ne reparaît plus.
Elle apprendra par hasard que l’homme a été assassiné de plusieurs coups de couteau par un déséquilibré.
Elle décide d’entrer en contact avec la veuve, et elle rencontrera le meilleur ami de l’homme décédé.
L’histoire fascine comme la narratrice est fascinée par cette image du bonheur d’abord vécu, puis brutalement interrompu. L’auteur emploie une langue très riche, et des phrases qui pourraient évoquer Proust.
À de nombreuses reprises, je me suis trouvé perdu au milieu d’une phrase, avec des idées d’école buissonnière.
Un livre fort littéraire, dans le sens plutôt péjoratif du mot: très beau et très rasoir.
Javier Marias écrit des tragédies (références nombreuses à Shakespeare).
Il est aussi supporter du Real Madrid, donc pas totalement inintéressant.
Amitiés tragiques,
Guy
Javier Marias – Gallimard – 373 p.

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La Dame à la Licorne

« Cette histoire est pure fiction. Elle repose sur de raisonnables hypothèses concernant les tapisseries de La Dame à la Licorne. On ne sait pas à quelle date précise la situer, même si les vêtements des femmes et les techniques de tapisserie les font, sans doute, remonter à la fin du XVe siècle. Nous ne savons pas non plus à qui l’on en doit l’exécution, même si la facture et la technique donnent à croire que l’atelier devait être dans le Nord, sans doute Bruxelles, dont les mille-fleurs étaient alors une spécialité. »
Ce livre est à lire jusqu’à la page « notes et remerciements ». L’auteur s’est très bien documentée sur le sujet ce qui nous vaut une histoire très intéressante sur les techniques de tissage, comment étaient faite les couleurs, comment choisir le bon fil, ce que l’on mangeait à l’époque, l’ameublement, les coutumes, les mœurs, etc.
Quelques histoires d’amour agrémentent la narration… mais ne gênent pas et n’occultent pas la peinture et le tissage.
De cet auteur, j’avais lu « La jeune fille à la perle » qui parlait de Wermeer.
Mêmes soins apportés aux recherches, à l’écriture et c’est avec facilité et délice que j’ai lu TOUT ce livre.
La Martine émerveillée.
CHEVALIER Tracy
Folio 2011 (2003), 359 p.

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L’âge des miracles

Un livre pour bluettes prépubères américaines.
La terre tourne plus lentement. À la bonne heure ! Voilà un sujet de science-fiction qui peut être intéressant avec une once d’imagination. Las ! L’auteur nous livre les angoisses mièvres d’une mère hystérique et alcoolique et d’une gamine amoureuse. S’il fallait sortir le kleenex, pour moi, c’est râpé ! J’ai préféré fermer le livre au bout de 100 pages d’ennui, non sans avoir été voir la fin. Bouf ! Une navette qui s’appelle Explorer. J’ai déjà entendu ça quelque part…
Du déjà vu même pas intéressant.
La Martine qui a dormi 2 h de moins… Grrrr !
THOMPSON WALDER Karen
VDB 2012, 441 p.

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Chocolat amer

Sous-titre:
Roman-feuilleton où l’on trouvera des recettes, des histoires d’amour et des remèdes de bonne femme.
Un vrai régal.
Pas seulement à cause du titre.
Laura Esquivel est mexicaine, et elle a travaillé dans l’enseignement et le cinéma.
Au Mexique, au début du 20e siècle, parmi les convulsions de la révolution, Tita tombe amoureuse de Pedro.
C’est compter sans la terrible Mama Elena, qui a décidé que Tita étant sa dernière fille, elle doit s’occuper de sa mère sans se marier. Pedro épousera une sœur de Tita, afin de rester auprès de l’amour de sa vie.
Tous les poncifs de la littérature de gare sont présents, avec en prime le talent et les recettes de cuisine.
Tita possède des talents culinaires exceptionnels. Ses cailles aux pétales de rose se révèlent des aphrodisiaques hors norme. Ses gâteaux provoquent des effets inattendus. La magie n’est pas absente, au point de mériter la comparaison avec Garcia Marquez, autre chantre du réalisme magique.
De manière assez scandaleuse, le lecteur se régale des malheurs de la pauvre Tita.
Je n’oublierai pas Mama Elena, qui fait penser à Madame Macmiche des petites filles modèles, ou à l’horrible Folcoche de Vipère au poing. Ou à la belle-mère de mon ami Ursmar.
Les harpies n’ont pas fini de remplir les pages de nos livres de chevet.
Amitiés gastronomiques,
Guy
Laura Esquivel – Folio – 248 p.

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Le Fusil de chasse

Trois lettres nous apprennent l’infidélité d’un homme.
Trois femmes écrivent au même homme.
Tout d’abord la fille de sa maîtresse, puis sa femme et enfin sa maîtresse.
Trois positions différentes et une même souffrance pour garder le secret et sauver les apparences.
Une écriture lapidaire et fleurie à la japonaise.
Vaut-il mieux aimer ou être aimé ?
Un livre qui se lit facilement, mais ne se raconte pas.
À savourer égoïstement.
La Martine
INOUÉ Yasushi
Poche 2011 (Stock 1963 – 1949) Que 88 pages

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La Société des jeunes Pianistes

« La Société des jeunes Pianistes, c’est le nom que s’est donné un groupe d’adolescents passionnés, à Oslo, à la fin des années 1960. À la fois amis et rivaux, ils ont en commun l’amour de la musique ; pourtant, un seul remportera le concours du « jeune Maestro ». Tous vont subir une terrible pression de leur entourage, mais surtout d’eux-mêmes. C’est un roman initiatique, grave et subtil qui évoque le désir, la vie, la mort. »
« Un drame familial, un roman sur la musique et un portrait captivant des amours et des obsessions d’un jeune homme. »
Aksel, le narrateur, nous parle de sa famille et de leurs problèmes de communication. En même temps il nous fait part de ses questionnements, ses angoisses, ses amours impossibles, ses rêves trop grands, ses espoirs de pianiste « virtuose qui n’a pas de chance ». C’est surtout un adolescent qui se cherche et commet quelques erreurs, un jeune homme instable qui n’arrive pas à se concentrer sur LA musique. Car le plus gros du livre est consacré à la musique classique, le piano, les performances stylistiques, la manière de concevoir son jeu, etc. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais choisi ce livre. J’ai eu la surprise d’avoir, aussi, les problèmes d’adolescents « hors-norme ».
Tout m’a paru intéressant sauf le mélo final, mais c’était le prix à payer pour qu’Aksel se retrouve libre.
Bjornstad, auteur, compositeur et musicien, a été découvert à l’âge de 14 ans lorsqu’il a gagné le Grand Concours des Jeunes Pianistes, à Oslo.
Ceci explique, peut être cela ; l’instabilité d’Aksel.
Martine
BJORNSTAD Ketil
Poche, 2008 (2004), 443 p.

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L’Écrivain de la famille

Quand je ne trouve pas les mots pour le dire, je copie la 4e de couve.
 » À sept ans, Édouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l’écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n’est jamais tout à fait le bon…
Avec grâce et délicatesses, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple, familiale, drôle et bouleversante. »
« Un texte délicat, écrit sourire en coin… l’auteur dit la difficulté de s’extirper des rêves que les autres on formulés pour vous, d’échapper à l’identité qu’ils vous ont assignée. Ça ne l’empêchera pas de devenir écrivain. Mais en cessant de laisser la vie et les autres décider à sa place.
R. Leyris, le Monde des livres. »
Ce livre est plus personnel que « la liste de mes envies ». C’est son tout premier livre où il a mis beaucoup de lui-même, sans détour, sans critique pour ses proches, juste leur difficulté à vivre et l’amour qui les unit.
Un livre poignant.
Par contre, si l’auteur a enfin réussi à « apprendre » à écrire, il semble qu’il n’ait pas appris à éviter les procès, les pensions alimentaires et autres dommages et intérêts y afférant. Voir son dernier roman ; « La première chose qu’on regarde. » Sera-ce un destin imposé par les autres ???
Si l’auteur vire à la plampougnette people, je crois que je ne lirai pas la suite…
La Martine qui n’aurait pas dû aller sur Google.
DELACOURT Grégoire Poche, 2012 (Lattès 2011), 235 p.

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La folie Foucault

Un très étonnant roman commençant à Cambridge.
Un jeune étudiant se passionne pour Paul Michel, écrivain et philosophe français, homosexuel, prix Goncourt.
Ce personnage imaginaire est lui-même passionné par Michel Foucault, le provocant philosophe mort du sida en 1984.
Paul Michel a disparu de la scène littéraire depuis de nombreuses années, et l’étudiant le retrouve dans un hôpital psychiatrique, à Clermond-Ferrand.
Racontée comme cela, l’histoire semble fabriquée de toutes pièces.
Et pourtant, la description de la folie du personnage principal tient de la performance.
La violence et le manque de balises seront à l’origine du drame final.
Amitiés schizophrènes,
Guy.
P.S. Ce livre est cité dans ‘Les 1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie’ un collectif dirigé par Peter Ackroyd, avec parmi d’autres Jean d’Ormesson. Comme toute compilation, celle-ci reste subjective. Mais elle permet de découvrir des lectures absolument inédites et de grande valeur.
Allons, la lecture a encore de beaux jours devant elle…
Patricia Duncker – Calmann-Lévy – 207 p.

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