Chez les musulmans, le mariage de plaisir est un contrat provisoire pour ceux qui partent en voyage.
Cela leur évite la fréquentation des prostituées.
Amir habite Fès, il part au Sénégal, et il rencontre à Dakar Nabou, une sculpturale Peule, qui l’initie
à l’amour sans barrières. Il tombe amoureux, et la ramène dans son pays, où elle aura beaucoup de peine à s’imposer dans une société où pourtant la polygamie est tolérée. Elle donnera naissance à deux jumeaux, un blanc et un noir.
Ceci pour l’anecdote. Mais ce beau livre va beaucoup plus loin. D’abord le texte, d’une simplicité poétique magnifique. Ensuite, la description d’une société où le racisme n’a rien à envier au nôtre.
La couleur de la peau se révèle une barrière presque impossible à franchir. La destinée des jumeaux, le Blanc et le Noir, présente de manière symbolique la césure entre la misère de l’Afrique, et la (relative) aisance du Maghreb. Un livre qui jette un éclairage inédit sur les événements récents en France d’abord, en Belgique ensuite. L’islam, ce ne sont pas quelques voyous s’envoyant en l’air avec des explosifs. Le contentieux remonte presque aux Croisades 😉 Ben Jelloun ne manque pas de parsemer son récit d’allusions à l’occupation française (et belge) de l’Afrique.
Voilà un homme cultivé, pratiquant une langue ciselée, qui peut nous en apprendre beaucoup, sur son pays, et les nôtres.
Amitiés envoûtées,
Guy.
Le mariage de plaisir – Tahar Ben Jelloun Gallimard – 261 p.
Il y a presque un an, les Grecs votaient massivement pour la sortie de l’€. C’est cette année au tour des Britanniques d’exprimer leur défiance. Ce qui change avec l’Angleterre, c’est que contrairement à la Grèce, tout le monde imagine le pays capable de s’en sortir sans l’Europe et peut être même mieux, cela reste à prouver. En tout cas, ce qui est certain, c’est que ça va fragiliser le Royaume-Uni. Le Brexit, c’est peut-être une chance pour l’Écosse, l’Irlande du Nord et le pays de Galle. Est-ce un réel changement ? Hier, les Anglais étaient dans l’Europe sans y être. Demain, ils n’y seront plus tout en y étant. Qu’est ce que cela va changer? peut-on vraiment sortir de l’Europe ? L’Angleterre va-t-elle demander de dépendre de l’Asie, de l’Afrique ou de l’Amérique voire de l’Océanie ? Ce serait amusant, voilà une idée pour Boris Johnson qui ne peut maintenant plus pester contre l’Europe.
Ce qui m’intéresse dans cette affaire, c’est le rejet persistant de l’Europe par les Européens. Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, l’Europe apparut comme une solution pour mettre fin aux conflits qui secouaient le continent depuis trois quarts de siècle. Puis, le bloc de l’Ouest semblait nécessaire pour faire face au danger russe. Dans les années 90, l’Europe était le symbole de la victoire de l’Ouest, de la réunification du continent, suite à l’effondrement du bloc communiste.
Et aujourd’hui, quelle est l’utilité de l’Union européenne ? Les moins de 25 ans n’ont pas connu la guerre froide, ils sont nés dans une Europe pacifiée et les querelles de voisinage paroxystiques du XXe siècle les dépassent largement. L’Europe est elle pour eux un gage de prospérité ? Leur permet-elle de mieux être éduqués et de mieux s’insérer dans la vie professionnelle ? Permet-elle de lutter contre le chômage ? Leur permettra-t–elle d’être mieux soignés ? Permet-elle une plus grande sécurité des Européens ? Un europhile bien au fait des rouages des institutions européennes pourra répondre par l’affirmative à ces questions en fournissant un argumentaire détaillé.
Cependant, pour l’Européen moyen, les réponses à la plupart d’entre elles seront hésitantes : un « plutôt oui » ou un « plutôt non ». Un vague ressenti sans conviction. C’est sur le terrain de la sécurité que l’Européen de 2016 pourra être le plus catégorique. L’Europe a été peu efficace dans le règlement de la crise syrienne. Elle n’a pas non plus su éviter les attentats islamistes. Bien pire qu’une inefficacité, l’ouverture des frontières peut être perçue comme un danger. Personne n’imagine plus aujourd’hui de guerre entre voisins. L’ennemi est en même temps plus loin et plus proche, insaisissable, imprévisible, inquiétant. La solution miracle brandie par l’extrême droite, le repli derrière les frontières, apparaît a beaucoup comme la meilleure solution.
Dès lors, à quoi sert l’Europe ? Est-ce un concept has been ? A-t-elle atteint ses limites ? peut-on lui demander plus ? Sa mission était d’unifier le continent, elle a été réalisée avec succès. Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle ère. L’Europe n’a jamais beaucoup parlé au citoyen européen. Pendant des décennies, elle a tiré sa légitimité des circonstances géopolitiques du continent. L’Europe ne disparaîtra pas, mais le monde d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui qui l’a vu naître ni avec celui dans lequel elle a grandi. Le Brexit lui permettra j’espère de faire son introspection. Peut-être que dans deux ans, les Anglais réaliseront qu’ils ont eu tort de se retirer…ou pas. Ce qui est certain, c’est que les Européens les regarderont attentivement et cet exemple les aidera peut-être à réinventer l’Union européenne. Les Anglais viennent peut-être de sauver l’Europe.
Un long titre pour un livret aux idées courtes. La dénommée Jane papillonne dans le monde de l’édition de New York à la fin des années 90.Cela se révèle superficiel, avec un humour américain à la chaîne, et des ‘idées’ que l’on retrouve dans la chick lit (oui il m’est arrivé de feuilleter ces machins anodins dans le rayon de droite de ma librairie préférée). La chasse et la pêche, vous l’aurez compris, concernent les mâles frétillants. Je laisse la responsabilité de la phrase qui suit à ma compagne: « de la littérature pour bobonnes ».
Amitiés pipelettes,
Texte : Guy
Illustration: Magali
Manuel de chasse et de pêche à l’usage des filles – Melissa Bank – Rivages – 245 p.
Que ceux qui peuvent citer les sept péchés capitaux sans réfléchir lèvent le doigt. Pour ma part, je ne connais que ceux que je pratique régulièrement. Les voici in extenso, tels que cités par le vieux Jim:
Orgueil, Avarice, Envie, Luxure, Gourmandise, Colère, Paresse.
Il y ajoute un huitième: Violence.
Ce dernier roman de Jim Harrison, décédé en mars 2016, me laisse un peu sur ma faim. On ne voit pas trop où il veut en venir, avec cette histoire tirée par les cheveux, d’une famille de tarés qui sème la terreur dans le Nord Michigan. L’inspecteur à la retraite Sunderson, que les lecteurs connaissent depuis ‘Grand Maître’, reprend du service. Amateur obsessionnel de petits culs et de pêche à la truite, il vit dans le regret de son divorce, conséquence de ses frasques alcoolo-amoureuses.
Certes, Big Jim a gardé son ton unique et sa paillardise (inutile de préciser ses péchés préférés). On pourrait a posteriori deviner une sorte de testament personnel. Mais cela, il l’avait fait de façon plus maîtrisée, et non romancée, dans son magistral ‘En Marge’ (Off the side).
Anne se casse l’astragale en s’évadant de prison et rencontre Julien, l’homme de sa vie.
Ce roman très autobiographique d’Albertine Sarrazin est devenu un classique. C’est effectivement après s’être évadé et cassé l’astragale qu’elle rencontrera Julien Sarrazin qui deviendra l’homme de sa courte vie puisqu’elle mourra a 29 ans en 1967.
J’ai pensé à Henri de Monfreid et aux « secrets de la mer rouge » lus il y a quelque temps. Tous deux furent des icônes de leur époque (les années 30 pour le premier et les années 60 pour la deuxième). Tous deux raconteront dans leurs romans leur vie chaotique de voyous bien aimés par leurs contemporains. J’aurais eu du mal à lire ses deux ouvrages. Moins de mal tout de même à lire l’astragale qui a forcément moins vieilli même si la bisexualité d’Anne devait plus impressionner dans les années 60 qu’aujourd’hui. Cependant, le style reste un peu plat, assez descriptif. Je ne pense pas qu’il suffise d’avoir une vie aventureuse pour écrire des romans d’aventures qui ne font que copier/coller la vie de l’auteur. Pour reprendre le célèbre débat de Proust et Sainte-Beuve, le but d’un roman ne peut être selon moi d’écrire la vie de l’auteur, il doit y avoir une distance, même si la séparation ne pourra jamais être totalement étanche, bien entendu.
Bref, je me suis beaucoup ennuyé en lisant l’astragale. D’ailleurs, la cavale d’Anne est très ennuyeuse, rien à voir avec celle de Papillon ou du Comte de Montecristo. Anne s’ennuie beaucoup, fait passer le temps en attendant Julien qui vient très peu la voir. Elle finira par en avoir assez de se farniente et essaiera de s’activer un peu. Comment s’activer quand on est en cavale sans reprendre les mauvaises habitudes ? Anne retombera inévitablement dans le vol et la prostitution. On ne sait pas vraiment si elle a conscience qu’elle est recherchée, elle n’en parle pas, mais c’est peut-être tellement évident pour elle qu’elle ne ressent pas le besoin de l’évoquer. Cela fait partie de sa vie finalement : jouer au gendarme et au voleur.
Dans les histoires d’évasion, c’est toujours le moment de l’évasion qui est le plus sublime. Après, le « pour faire quoi ? », « pour aller où ? », c’est toujours un peu raz des pâquerettes, sauf pour le comte de Montecristo qui avait un vrai objectif. Mais Anne n’est pas Edmond Dantès et Albertine Sarrazin n’est pas Alexandre Dumas. L’évadée de l’ « astragale » semble surtout vouloir prendre l’air sans trop savoir pourquoi, parce que c’était sympa de s’évader. Ayant retrouvé sa liberté, elle semble se contenter de regarder passer sa vie comme une vache regarde passer les trains en se doutant que l’on viendra tôt ou tard la ramener à l’étable.
Voilà le livre le plus pessimiste que j’ai lu en 2015.
Saul Karoo est un menteur pathologique. Il biberonne à la vodka, et évolue dans le milieu du cinéma de Hollywood. Il est ‘script doctor’, un métier consistant à adapter les scénarios des (rares) bons films afin d’en faire des copies parfaites pour le spectateur lambda des salles obscures. Sa vie conjugale est à l’avenant de son travail, jusqu’au jour de sa rencontre avec une actrice de troisième catégorie. Il décide d’en faire une star, et tout va virer au cauchemar.
Pourquoi en parler, si cette histoire est aussi dramatique? Simplement parce que l’auteur, un immigré yougoslave, a ce qu’on pourrait appeler de la patte. Né en 1942, il est décédé en 1996 d’une crise cardiaque (1996-1942 = 54 ans). Selon nos critères, un homme jeune encore.
Il était scénariste et dramaturge. Donc parfaitement connaisseur du milieu qu’il décrit.
Et donc intoxiqué au point d’y perdre la vie.
Quand je vois défiler les marionnettes sur les marches de la Croisette à Cannes, je repense au malheureux Karoo. Restons discrets, voilà un excellent élixir.
Bouleversante alchimie entre Barbe, née à la fin du XVIIe siècle en France et Nadia, vivant aux États-Unis dans un XXe siècle finissant. Ce qui fait le lien entre les deux femmes, c’est l’écriture. En effet, Nadia est écrivain et Barbe: un de ses personnages.
Ce livre, dont je n’avais jamais entendu parler, mais qui avait dû faire un certain bruit à l’époque, puisqu’il a reçu plusieurs prix en 1996 et 1997, est une prouesse à plusieurs titres.
Historiquement, la retranscription du monde de Barbe est fascinante. J’ai toujours du mal à imaginer un système de représentation dépourvu de tout socle scientifique, un monde dans lequel tout phénomène est interprété à la lueur de superstitions plus ou moins influencées par la religion chrétienne, seul référentiel officiellement valable. Quand elle pointe le bout de son nez, à travers une médecine rudimentaire ici, la science est vue avec réserve. Elle reste un ensemble de pratiques douteuses. Les paysans y reconnaissent une odeur de soufre qui ne vient d’on ne sait où : « il vaut mieux pas savoir ». C’est cette société sans « Lumières » qui fera de Barbe une sorcière, elle qui n’avait pourtant connu d’autres démons que sa condition de femme sans attache.
On pouvait s’y attendre, c’est tout d’abord par le biais de l’intimité féminine que Barbe et Nadia se rejoignent. Barbe n’a peut être pas été inventée de toute pièce et Nadia a sans doute trouvé durant son séjour dans le Massif central, des documents officiels concernant des femmes qui auraient très bien pu être Barbe. Toutefois, on s’en rend rapidement compte, Nadia a mis beaucoup d’elle dans Barbe, peut-être plus qu’elle ne l’aurait voulu.
Ce que met Nadia dans Barbe lui échappe en effet partiellement, tout comme ce qu’elle met d’ailleurs dans le reste de l’ouvrage. Nancy Huston nous plonge ainsi dans les ténèbres de la création littéraire. Nadia dialogue avec un « autre » fantomatique qu’elle nomme « daîmon ». Il est sa muse, son inspiration, sa plume, son mentor, son bourreau. Daîmon fait remonter toutes ces choses enfouies dans l’inconscient de Nadia, tous ses souvenirs qu’elle voulait oublier et qui lui explosent à la figure, tous ses vrais morceaux d’existence qui se retrouvent dans chaque personnage, dans chaque animal, dans chaque arbre et jusque dans le ciel de la campagne française, un peu comme si l’histoire de Barbe n’était en définitive qu’une vision kaléidoscopique de celle de Nadia.
Les relations entre les deux consciences de l’écrivain s’enveniment rapidement. Le récit de l’histoire de Barbe finit ainsi par devenir le reflet d’une lutte intérieure entre Nadia et daîmon. L’issue restera incertaine jusqu’à la fin, mais Nadia finira tout de même par s’imposer. Tout d’abord indigné par la ruse de Nadia, daîmon finit par reconnaître sa défaite. Libéré, s’étant affranchi de toutes contraintes, de tout déterminisme, l’écrivain va maintenant pouvoir voler de ses propres ailes. Contre toute logique, contre toute vraisemblance, il sauvera in extremis la pauvre Barbe vouée à une mort certaine, se sauvant lui-même par la même occasion. C’est maintenant le seul maître à bord.
S’embarquer dans un livre de Reinhardt, c’est entamer un long voyage. D’abord, il est bavard (voir le nombre de pages). Mais peu à peu, le lecteur est entraîné dans un monde fascinant.
David rencontre Victoria à Paris. L’étincelle est immédiate. Elle est DRH dans une multinationale, capitaliste à droite toute. Il est directeur de travaux de la future plus haute tour de France, salarié professant des opinions de gauche. Rien ne les rapproche. Ils sont d’ailleurs mariés tous deux.
Une passion torride et destructrice va les entraîner vers le drame.
Comme dans ses autres livres, l’auteur démonte les mécanismes de l’ultralibéralisme face aux ‘petits’. Son écriture est somptueuse, sa culture immense. Ses personnages pourraient se révéler caricaturaux, et pourtant ils tiennent la (longue) route. Aucune déclaration d’amour, des scènes d’un érotisme que je ne dévoilerai pas, afin d’éviter une fatwa de l’inquisition. À plusieurs reprises, je me suis surpris à proférer ‘quel imbécile’. Quand on a la chance de rencontrer une personne comme Victoria, pourquoi tout détruire?
En refermant le livre, je me suis senti lessivé. Nous vivons une époque formidable.
Amitiés secouées,
Guy
Le système Victoria – Eric Reinhardt – Folio – 611 p.
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Un vol de bijoux et un assassinat sont commis le même Jour à Rome dans un immeuble de la rue des Merles. Le commissaire Ingravallo enquête.
J’avais acheté ce livre au début des années 90 parce qu’un des personnages de la saga Malaussène de Daniel Pennac en parlait tout le temps. Après plusieurs tentatives, j’avais jeté l’éponge, tant le style me semblait impropre à la consommation. C’est rare que je ne termine pas un livre, je déteste ça. Généralement, les livres non terminés me hantent, mais celui-là, j’avais fini par l’oublier…jusqu’à ce qu’on m’en parle il y a un mois. C’est alors que je me suis rendu compte avec stupeur que « l’affreux Pastis de la rue des Merles » était toujours dans ma bibliothèque, qu’il m’avait suivi ni vu ni connu dans tous mes déplacements depuis 25 ans. J’ai décidé d’en finir une bonne fois pour toutes.
Le goût indigeste des 20 premières pages de l’époque m’est revenu tel quel, mais, ayant élargi ma gamme de lecture depuis les années 90, j’ai décidé de poursuivre. Dans la catégorie des romans policiers incompréhensibles, mais pas si mal en définitive. J’ai lu il y a quelque temps « Vice caché » de Thomas Pynchon qui m’a fait comprendre qu’on pouvait trouver autre chose dans un polar qu’un classique « who done it ? ». Cependant, nous ne sommes plus ici dans les communautés hippies du Los Angeles de 1969, mais 40 ans plus tôt à Rome, ce qui fait que 95% des références m’ont échappées (je n’ai retenu que celles relatives à Mussolini et aux fascistes). L’orthographe est très approximative, en particulier dans les dialogues, ce qui nuit beaucoup à la compréhension globale de l’intrigue. Cela est sans doute plus sympa à entendre. Les Italiens, ou ceux qui connaissent mieux l’Italie que moi trouveront certainement une saveur particulière dans cette diversité d’accents, mais moi, j’avais l’impression d’être perdu au beau milieu d’un élevage de volailles, essayant péniblement de trouver un sens à tout ça. À partir de la page 200, j’ai pris la décision de laisser tomber toute tentative de compréhension et de me laisser porter par les mots. Chez Celine, c’est une musique. Chez Pynchon, c’est une odeur. Chez Gadda, c’est un goût, celui d’une espèce de potée paysanne peu digeste, mais qui tient au corps, avec quelques rares bons morceaux particulièrement réalistes qui donnent un peu de couleur à l’ensemble.
J’ai tout de même compris qu’on retrouvait les bijoux cachés dans un panier rempli de noix, que plusieurs chapitres se passaient dans la campagne romaine et qu’au bout des 317 pages, on ne savait toujours pas qui était l’assassin. Ou alors, je n’ai pas compris, ce qui est fort probable. Avis à la population : moi, Édouard, actuellement à Paris, j’invite tous ceux et toutes celles qui ont lu l’affreux Pastis de la rue des Merles et qui ont compris quelque chose, à prendre contact avec moi. Je veux bien qu’on m’explique un peu ce qu’il y avait dans la potée.
Carlo Emilo Gadda
1957. Point ed.1983
Zdouard
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Si un jour vous tombez sur cette œuvrette, avec en couverture le visage sympathique d’une petite vieille bien propre, passez votre chemin.
On sourit pendant 30 pages, on commence à s’énerver à la page 50, et on est pris de spasmes à la fin du livre, lorsqu’un astéroïde menace de détruire notre planète.
Les vieilles, ce sont les troubles auditifs, les problèmes de dentiers, le téléviseur en panne, les reproches virulents à la famille, la mémoire qui flanche. Au milieu de tout cela, un bellâtre octogénaire s’entraîne pour
le marathon de Londres. Un crapaud parmi les grenouilles. Lamentable.
Même si un jour à Knokke-le-Zoute
Je deviens comme je le redoute
Chanteur pour femmes finissantes
Que je leur chante » Mi Corazon »
Avec la voix bandonéante
D’un Argentin de Carcassonne
(Jacques Brel)
Amitiés batraciennes,
Guy
Les vieilles – Pascale Gautier – Folio – 215 p.
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