Ecriture et méthode

Comment fait un écrivain pour écrire un livre ? Voilà une question que je n’ai pas osé me poser pendant très longtemps. Sans doute voulais-je me persuader que l’écrivain était un être supérieur. Un être inspiré à la chevelure romantique, un peu comme Dominique de Villepin.
Je pensais donc que cet être supérieur doté de super pouvoirs écrivait tout d’un trait à la seule force de ses petits neurones musclés. Peut être y en a-t-il vraiment comme ça, mais j’en doute. Peut être est ce le rêve de tout écrivain d’y arriver et c’est vrai qu’avec le temps, on doit s’améliorer.
Muni de mon idée de roman, je m’étais donc prêté à l’exercice pendant de nombreuses années sans beaucoup de succès. Au-delà d’une dizaine de pages, je calais toujours pitoyablement. Je tirais de ces échecs répétés deux conclusions :
– Si je n’y arrive pas, c’est bien parce que je n’ai pas l’étoffe d’un écrivain ;
– Peut-être qu’avec le temps…mais j’en doute.
Tout aurait donc pu en rester là et mon aventure romanesque n’aurait alors jamais vu le jour. Cependant, le destin décida de me donner un coup de pouce et c’est comme ça que je suis tombé un beau jour de juin 2008 sur une pub internet pour un logiciel « j’écris un roman ». Estimant que 40€ était une somme raisonnable pour réaliser mon rêve, je fis l’acquisition du CD-ROM.
Quelle ne fut pas ma stupéfaction en le recevant : il y aurait donc une méthode !? Comme en prestidigitation, il y aurait un truc. Ça alors, je ne m’étais jamais imaginé…
J’entrepris donc de suivre scrupuleusement la méthode un peu comme quand j’étais petit avec les vaisseaux spatiaux lego: je respectais la notice avec d’autant plus d’attention que je ne comprenais pas trop où ils voulaient en venir.
Il y avait quelques trucs de base auxquels je n’avais jamais pensé et sans lesquels il est effectivement difficile de progresser. Cependant, le logiciel a rapidement atteint ses limites : si on se contentait de le suivre point par point, il ne fallait pas espérer écrire un jour plus qu’une version à peine améliorée du « petit chaperon rouge ». Le titre du logiciel aurait dû être « quelques pistes pour construire une intrigue ». Il est vrai que c’est moins vendeur.
Il fallait donc trouver ma propre méthode et le travail sur la méthode a accompagné toute la phase de rédaction de mon premier roman.
J’aborde maintenant le deuxième par la case « méthode » et cela va me faire gagner beaucoup de temps.
Sans doute celle-ci s’améliorera-t-elle encore avec les suivants et peut être même qu’un jour, j’oublierai moi-même que j’ai une méthode et je pourrai dire en toute bonne foi « bien entendu que j’écris mes romans d’une traite ». Quelle est ma méthode ? Je ne vous le dirais pas et quand bien même j’en délivrerais les secrets, il est peu probable qu’elle vous convienne. À chacun de trouver la sienne.

Edouard

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Des gens très bien

Alexandre Jardin, le Richard Virenque de la littérature française, dénonce son grand-père.

Jean Jardin, dit « le nain jaune » était chef de cabinet de Pierre Laval les 16 et 17 juillet 1942, jour de la rafle du Vel d’hiv. Cet affreux collabo a réussi se faufiler entre les mailles pas très serrées de l’épuration et a eu la bonne idée de passer l’arme à gauche en 1976, coupant ainsi l’herbe sous les pieds de ceux qui auraient pu le traîner devant un tribunal.
Peu après la disparition de son douteux papa, Pascal Jardin, le père d’Alexandre, tentera de réhabiliter son géniteur par le biais d’un roman qui aura un certain succès à l’époque : la guerre à 9 ans.

Lorsque « des gens très bien » est sorti au début de l’année, je lisais « le Zubial » : surnom affectueux qu’Alexandre donnait à un super-papa très peu crédible. À l’époque, je m’étais bouché les oreilles pour ne pas être influencé par le tsunami médiatique qui avait suivi la publication de son dernier roman.
Aujourd’hui, je me demande si le fils d’Alexandre Jardin ne fera pas dans trente ans le procès du Zubial.

« On m’aurait menti !? » aurait pu être le titre de cet ouvrage, tant il dégouline de naïveté.
Pendant les 200 premières pages, l’auteur parle du lourd silence qui a suivi la guerre et qui a masqué les activités vichystes de son aïeul. Il y a tout de même quelque chose d’intéressant dans ce silence qui a dû se perpétuer au long des décennies 50 et 60. Un silence auquel le rejeton de la génération Giscard que je suis n’avait jamais pensé.

L’écrivain se focalise ensuite sur les fondements de l’idéologie nazie et sur sa dimension antisémite. Il met le doigt sur le décalage entre l’antisémitisme des années 40 et sa conception actuelle : un sujet glissant que traitera peut-être un jour un historien courageux/suicidaire. Jardin, pour sa part, se garde bien de tirer toutes conclusions de ce constat.

« Des gens très bien », faute de présenter un quelconque intérêt littéraire, aurait donc pu présenter un intérêt sociologique. Toutefois, l’auteur dérape quand il fait un amalgame entre islamisme et nazisme : une comparaison simpliste et historiquement fausse.
À cause de son nom, Alexandre Jardin refuse de se rendre en Israël. Il ferait peut-être bien d’y aller…

Edouard
Fini de rire.
Alexandre, auteur comique, règle ses comptes avec Jean, son grand-père.
Jean Jardin était le chef de cabinet de Laval. La rafle du Vél d’Hiv, c’est lui.
Cette page très noire de l’histoire de France est racontée en long et en large dans ce livre-brûlot. Comme dans toute démonstration, les répétitions finissent par lasser le lecteur. Espérons que l’effet cathartique permettra au jeune auteur de continuer une carrière littéraire fertile.
Il est frappant de constater que plusieurs écrivains de cette génération éprouvent le besoin de laver leur linge sale, ou du moins d’exposer sur la place publique leurs déboires familiaux. Exemples:
Didier Van Cauwelaert (°1960) raconte dans ‘Le père adopté’ les angoisses et les affabulations de son père.
Emmanuel Carrère (°1957) revient dans ses livres sur ses rapports conflictuels avec sa mère, Hélène Carrère d’Encausse.
Alexandre Jardin (°1965) parle de son père comme d’un menteur talentueux. Pascal Jardin était le père d’Alexandre. Il eut beaucoup de succès avec ‘Le nain jaune’, un portrait enthousiaste du collabo Jean Jardin. Voilà une famille où l’on ne fait pas qu’échanger des politesses.
Amitiés transgénérationnelles,
Guy
Des gens très bien
Alexandre Jardin
Grasset, 2011
294p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Ecriture et édition

Certains d’entre vous l’auront peut-être remarqué, j’ai rebaptisé il y a peu la rubrique « édition » en rubrique « écriture ». Alors que je m’apprête à affronter la dernière ligne droite de la publication de mon premier roman, je réalise que si un lien entre écriture et édition existe nécessairement, les deux concepts ne sont pas interchangeables. Je pense aujourd’hui que l’édition est faite pour l’écriture et non l’écriture pour l’édition.
N’allez pas croire en lisant ces lignes que j’ai enfin trouvé un éditeur ni que j’ai décidé de jeter l’éponge. Ce que je veux dire, c’est que j’aborde une phase ultime de la démarche éditoriale et que, quelle qu’en soit l’issue, il est certain aujourd’hui que je veux passer à autre chose. Cependant, s’il y a du nouveau du côté de l’édition, je vous tiendrai au courant.
Je souhaite donc à l’avenir parler de l’écriture sous toutes ses formes et de tous les modes de diffusion de celle-ci dont l’édition à compte d’éditeur fait partie. Bien entendu, je serai heureux de publier dans cette rubrique des témoignages d’auteurs, sur ce qu’ils font ou sur l’univers de l’écriture en général.
En réaction à la dernière critique de Guy, j’ai regardé l’Apostrophe Bukowski, disponible sur Daily motion en plusieurs morceaux. J’ai été particulièrement frappé par une de ses phrases « Ce que j’ai pu écrire ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est ce que je vais écrire. »
C’est à mon avis assez révélateur de ce que pensent beaucoup d’écrivains et cela explique aussi le « faussé » inévitable qui existe entre le lecteur et l’auteur. Un désir fou de s’exprimer, mais en même temps, une communication impossible, un « je t’aime, moi non plus » avec des mots. On comprend alors le calvaire que peuvent être les longues séances de dédicace. À moins d’être complètement mégalo, cela doit être insupportable.
Il faut beaucoup de choses pour rendre un écrivain heureux : la reconnaissance du public, la reconnaissance des milieux littéraires et, j’imagine, la satisfaction de progresser. Peut-être qu’il y a aussi l’angoisse de ne plus pouvoir produire que l’on appelle vulgairement « l’angoisse de la page blanche », image un peu caricaturale à mon goût. Peut être qu’il y a aussi le sentiment de produire mieux, mais avec moins de plaisir. Peut-être aussi qu’à un moment, on sent que l’on ne progressera plus et que le tout est de se maintenir au niveau. Même si l’on est reconnu, il y a la peur de ne pas être reconnu pour les raisons que l’on aurait souhaitées. Et puis, il y a la peur de ne plus écrire par plaisir, mais uniquement pour satisfaire un besoin devenu obsessionnel.
Devenir écrivain n’est pas la recette du bonheur, j’en suis certain. C’est à mon sens un métier de fou qui ne peut être exercé que par des fous. Un métier qui mène plus facilement à la dépression et à l’alcoolisme qu’à la gloire et à la richesse. Ont peut rêver de le devenir, mais on ne le devient à mon avis que par nécessité, comme on attrape une maladie.

Edouard

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Simenon

Longtemps, j’ai pensé que Simenon se limitait à Maigret et comme pour moi, Maigret se limitait à Bruno Cremer, Simenon était une sorte de Cremer. Longtemps, je n’ai pas essayé de chercher plus loin, car pour tout dire, je trouvais la série un peu chiante, préférant largement les Nestor Burma avec Guy Marchand tournés à la même époque.
Jusqu’au jour où, au milieu des années 1990, dans une brocante du sud de la France, je suis tombé sur « la fuite de monsieur Monde » : un livre signé Simenon qui m’a fasciné et qui n’avait rien de policier. Je me suis alors mis à m’intéresser à l’auteur et j’ai réalisé que je le connaissais beaucoup plus que je me l’imaginais à travers deux films tirés de ses romans qui m’avaient eux aussi beaucoup marqué: « Monsieur Hire » avec Michel Blanc et « Les fantômes du Chapelier » avec Michel Serrault et Charles Aznavour. Dernièrement, j’ai été une fois de plus émerveillé en voyant « Le train » sur une chaîne de la TNT : film de 73 avec Jean Louis Trintignant et Romy Shneider. Il fallait que je perce ce mystère et je me suis mis en quête d’une biographie. Internet m’a proposé son autobiographie, mais comme je me méfie de ce genre d’écrits, j’ai choisi l’ouvrage de Pierre Assouline.
Aucune référence à Bruno Cremer : la série a débuté en 1991 et la biographie se termine le 4 septembre 1989, date de la mort de l’écrivain.
Georges Simenon est né à Liège en 1903. A 19 ans, il quitte sa province et son pays, bien décidé à conquérir Paris. Il va d’abord écrire pour vivre avant de vivre pour écrire. Grâce à une capacité phénoménale de production littéraire, il y parviendra sans trop de difficulté. Au début des années 30, il crée le personnage du commissaire Maigret qui lui assurera le gîte et le couvert jusqu’à la fin de ses jours. Peu avant la guerre, il rêve de devenir écrivain, d’écrire ce qu’il appelle des « romans durs », et il trouve un Mentor en la personne d’André Gide qui l’aidera effectivement à en écrire de très beaux. Peu après le début du conflit mondial, il devient à son tour le Mentor d’un petit jeune qui deviendra lui aussi un grand nom du polar industriel français : Frédéric Dard.
Notoirement antisémite, il se comportera avec l’occupant moins en affreux collabo qu’en homme d’affaires à la morale douteuse et passera comme tant d’autres entre les mailles de l’épuration.
Dans les années 50, il dira à qui voudra l’entendre qu’il refuserait un prix Nobel de littérature qui, pour son grand malheur, ne lui sera jamais proposé. Il souffrira ainsi jusqu’à la fin de ses jours du dédain des milieux littéraires qui le verront toujours plus comme une curiosité littéraire que comme un écrivain.
A la fin des années 60, il décide d’arrêter d’écrire et à partir de 1978, année du suicide de sa fille, il commence à s’éteindre.
Comme ses romans et comme les films qui en sont tirés, Georges Simenon est un écrivain trouble qui, à mon sens, laissera dans l’histoire de la littérature et du cinéma ce « froid et lucide désespoir » dont il parle à Gide dans une lettre de 1948 en évoquant « La fuite de monsieur Monde ».
Comme le dit Assouline, ses romans seront tous des histoires d’hommes qui passent sans le savoir vraiment à côté de leur vie…peut-être une clef du mystère.
Edouard

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Edition et début

Ce billet se veut un billet « débat » et je serai à ce titre intéressé par l’avis des lecteurs de ce blog.
« Ils n’ont même pas lu la totalité de mon livre et ils se permettent de le juger ». Voilà une phrase souvent entendue dans la bouche d’auteurs refusés par des maisons d’édition.
Pourquoi les éditeurs ne lisent-ils pas tout ? Mon guide fétiche étant peu loquace à ce sujet, je dois me contenter d’hypothèses. « Parce qu’ils n’ont pas le temps » est la réponse qui vient le plus simplement à l’esprit. Effectivement, ils ne doivent pas avoir le temps de tout lire, c’est mathématique.
Mais est-ce la seule raison ? A-t-on besoin de lire la totalité d’un roman pour apprécier sa qualité ?
De mon propre point de vue, la réponse a été très longtemps positive : il est extrêmement rare que je ne lise pas un roman de bout en bout et je continue à penser qu’il y a de très bons romans qui ont un commencement de moindre qualité. Je me suis rendu compte il y a peu qu’il n’en était pas de même pour tous les lecteurs et que beaucoup d’entre eux ne prennent pas la peine d’aller au-delà des premiers chapitres s’ils estiment que le livre est d’une qualité médiocre.
Le lecteur étant in fine le client de l’éditeur, même s’il y a entre les deux une foule d’acteurs, il semble normal que l’éditeur ne se risque pas à publier un roman auquel le lecteur n’accrochera pas dès le départ, surtout si l’auteur est un inconnu.
Lorsque j’avais fait relire la première mouture de mon roman à un écrivain, celui si m’avait « cassé » (je ne trouve pas de mot qui corresponde mieux) tout en me disant qu’il n’avait lu que les trente premières pages. Le souvenir aidant, je prends aujourd’hui ces remarques comme un coup de pied au cul viril et salutaire, mais sur le moment, j’avais eu un peu de mal à l’encaisser.
Je pense aujourd’hui, en tout cas en ce qui me concerne, que le début d’un roman est la partie la plus difficile à écrire. Tout le décor doit être posé sans ennuyer le lecteur. Impossible de se reposer sur le déroulement de l’intrigue pour maintenir son attention.
Comment faire ? Une question de feeling ? Un feeling qui ne peut s’acquérir qu’avec le temps, en écoutant les relecteurs. Seul le temps permet de prendre le recul nécessaire.
Et l’éditeur ? Le feeling joue aussi…et le hasard, c’est certain : comment expliquer sinon que sur les huit éditeurs, un seul a pris la peine de me faire des remarques un peu constructives ? Je pense tout de même qu’il y a une certaine objectivité dans le feeling. Comme j’ai entendu dire : « si ton roman est éditable, il sera édité ».

Edouard

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Les grilles du parc Monceau

Un auteur renseigné par une charmante correspondante. Patrick Virelles (1939-2010), auteur belge, est mort dans l’indifférence et l’alcool (ou le contraire), suite à une vie mouvementée.
Le livre, qui me laisse un peu perplexe, raconte la vie d’un verbicruciste (celui qui imagine les mots croisés). Le cruciverbiste, c’est vous et (parfois) moi. L’auteur est fou de mots, le sujet lui va comme un gant. Mais il en remet une couche. On parle en Belgique d’un zwanzeur, que je traduirais par déconneur. Les scènes avec l’accent parigot m’ont semblé plutôt pénibles.

Je me suis par contre bien amusé avec certaines définitions, comme:

Définition: une scie à ranger avec le marteau et la faucille
Réponse: l’ Internationale (pardon aux nostalgiques)

Déf. : Sa route fait des vagues
Rép. : rhum

Déf. : Ne fut pas embarrassé par le complexe d’ Oedipe
Rép. : Adam

Pour ceux qui aiment chercher un peu:
Déf. : Couvre feu
Réponse en 7 lettres.

Amitiés tordues,

Guy.
Patrick Virelles – Verticales – 381 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Portrait de classe

« Pour un garçon d’origine très modeste qui se retrouve dans un pensionnat ultrachic de la Nouvelle- Angleterre, comment s’en sortir ? Mentir sur son passé. »

Et se créer un personnage, superficiel, égoïste qui vole au-dessus de tout.

Comme beaucoup de ses camarades, le héros rêve de devenir écrivain.

Tous les trimestres, l’école invite un écrivain célèbre et les élèves doivent présenter un texte pour concourir à l’honneur de passer un petit moment avec l’invité qui l’aura sélectionné sur son texte parmi tous les autres.

Quand le tour d’Hemingway arrive, le narrateur veut la place, mais n’arrive pas à écrire. Il trouve une histoire, écrite 5 ans plus tôt, par une fille d’un autre collège ; il se reconnaît et se contente de changer les noms. Il est l’élu, mais ne profite pas longtemps de sa gloire. Le directeur reconnaît le plagiat et il est renvoyé sur-le-champ chez son père. Il s’arrête à New York et fait des petits boulots puis s’engage dans l’armée. Nous le retrouvons quelques années plus tard, écrivain et invité par son ancien collège. Lâche, il n’ira pas. S’ensuit l’histoire de deux des profs. Je n’ai pas compris pourquoi.

Tout est en non-dit. Comment devient-il écrivain ? Mystère !

Tout est en mensonge, mépris pour les autres et quand le narrateur s’en rend compte, il pense ce qu’il devrait faire, dire, mais ne le dis pas.

C’est ce que l’on appelle « Un lumineux chef-d’oeuvre contemporain. Aucun lecteur sérieux ne doit l’ignorer. – Le Tchekhov américain. – Un conte magnifiquement ouvragé. Ce livre magnifique, dans lequel chaque mot est choisi méticuleusement. »

Oui, il est bien écrit, mais m’a laissé sur ma faim.

La Martine hermétique aux chefs-d’oeuvre ennuyeux.

WOLFF Tobias R Juin.-12
Plon, 2005 (2003), 203 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Edition et Tanguy

« On ne publie pas un premier roman » m’avait dit l’écrivain Hervé Mestron qui animait un atelier d’écriture auquel je participais il y a deux ans et demi, alors même que j’étais très loin de m’imaginer que j’allais pouvoir un jour terminer le mien.
Il avait prononcé cette phrase avec un sourire énigmatique, les yeux dans le vague comme si cette phrase avait matérialisé un hologramme visible de lui seul, surgi du plus profond de sa mémoire.
Je comprends aujourd’hui un peu mieux ce regard et sans doute le comprendrais je encore mieux dans quelques années.
Un premier roman, même s’il n’a rien d’autobiographique, est un chalutier qui prend la mer pour la première fois, faisant remonter à la surface les poissons de l’inconscient : des poissons magnifiques, des poissons comiques, des poissons sans panache, des poissons qu’on aurait voulu oublier, des poissons effrayants, des poissons non identifiables.
Difficile de prendre du recul dans ces conditions. Ce que je cherche dans l’édition, c’est peut-être le moyen de figer cette pêche…pour passer à autre chose.
Il est vrai qu’Hergé corrigeait ses albums à chaque nouvelle réédition, mais bon, quand c’est publié, il est quand même plus difficile de retoucher.
En septembre 2010, j’avais un peu peur de laisser mes premiers relecteurs poser leurs yeux sur mon roman. Aujourd’hui, j’ai envie qu’il vive sa vie sans moi.
Y arriverai-je? Serais-je comme ces vieux flics qui, dans les polars, refusent d’oublier une enquête qu’ils n’ont pas su résoudre ?
Je ne sais pas. Je vais en tout cas faire le nécessaire pour qu’il trouve une maison qui veuille bien s’en occuper et si je n’y arrive pas, je ne vais pas le laisser me pourrir la vie. Il restera à la maison et, s’il a des frères et sœurs qui eux, trouvent une maison, je lui apprendrai à ne pas être jaloux.

Edouard

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Les voisins d’à côté

Les Langley partent pour une semaine de vacances. Dereck vient dire au revoir à son copain Adam et fait semblant de partir tout en se laissant enfermer dans la maison. Pendant une semaine, il sera tranquille avec sa petite amie. Las ! Les Langley reviennent dans l’heure ; la maman avait mal au ventre. Même pas le temps de décharger la voiture et ils se font tous tuer. Si Dereck n’a pas tout vu, il a tout entendu. Pas question d’en parler à la police, il se ferait enguirlander par son père.

Si personne n’a rien vu, rien entendu, ils ont tous un indice qui pourrait amener la police plus directement au criminel. Mais bien sûr, ils ne le font pas et s’enlisent dans un tas d’imbroglio.

Dereck est arrêté et son père mène son enquête. Son épouse (à gifler) prend le contre-pied de tout ce qu’il fait et lui met des bâtons dans les roues. Et pour cause, elle aussi à son petit secret.

De rebondissements en agressions diverses, de personnages nouveaux en nouveaux meurtres (fallait ben les remplir ces 520 p. !) nous arrivons au meurtre final et à l’arrestation de l’assassin. Uffa !!!

Je n’ai rien sauté et j’ai été jusqu’au bout.

Ce n’est pas un si mauvais polar que ça ! 2 ou 3 rebondissements m’ont même surprise. Je crois qu’à force de lire des polars je finis par avoir une impression de « déjà vu ». Je me demande si trop d’action ne nuit pas à l’histoire racontée.

La Martine

BARCLAY Lindwood
Les voisins d’à côté
J’ai lu, 2012, (2008), 520 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Leporello

Comment peut-on, diantre, « MASSACRER » de façon aussi éhontée le sublime opéra, Don Giovanni de M. Amédée Mozart !!!??? Un de mes préférés ! La puriste s’étouffe.

. Oui, mais de rire !

Beppo Rello qui fut le serviteur de M. Giovanni pendant 14 ans remet les choses au point. Ce Da Ponte n’y connaissait rien. En premier lieu il a fait un raccourci sur le nom du serviteur en l’appelant Leporello.

Ensuite, dans l’air du catalogue il lui fait dire : « E in Spania, mille e tre »

Si vous calculez bien, la chose n’est pas possible. A raison de 2 h par femme, compte tenu du temps passé en voyage ou les semaines au lit à soigner « les glorieuses blessures de Vénus » (tréponème) ce n’est pas possible. Tout a été exagéré.

Le Commandeur, un vieil imbécile, n’était pas une statue. L’épée de M. Giovanni l’avait bien transpercé de part en part, mais il s’en était remis et jouait depuis les fantômes. Un fantôme ayant un bon appétit qui s’empiffre au fameux dîner et s’aide de 2 bouteilles de Tokay pour le faire descendre. Quant à Melle Elvire c’était une « redoutable pécore », complètement dérangée par son besoin absolu de vengeance. Elle fera tuer par 2 assassins de métier Don Giovanni qui l’avait déflorée . Bien entendu, personne ne l’a su puisque pour ne pas aller en prison, Leporello l’a lavé et habillé de frais en laissant croire à une crise cardiaque, mais en mourant il a poussé le même cri que dans l’opéra. Aaaaaaaaah !

Au fil des pages, nous rencontrerons d’autres personnages célèbres dont le fameux M. Maisonneuve, autrement dit, en italien, Casanova.

M. Jean Dutourd, de l’Académie française, est un fameux écrivain qui a oublié d’être ennuyeux tout en pratiquant le français du XVIIIe siècle.

Relisez le livret de Don Giovanni après ça. !!!

La Martine chantante… « La ci darem la mano »

Tiens, j’entends le crapaud ! Il va pleuvoir !

DUTOURD Jean
Plon, 2007

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.