Lecture et cinéma

Cela aurait pu être aujourd’hui le nom du blog. En 2010, lors de sa création, j’avais des préoccupations volumétriques. La question n’était pas « quel sens je vais pouvoir lui donner ? », mais plutôt « qu’est ce que je vais bien pouvoir mettre dedans ? ». Les critiques de livres et de cinéma m’avaient alors semblées des posts entrant dans mes cordes. Aujourd’hui, l’écriture et la lecture ont largement pris le dessus.

Je me souviens avoir écouté enfant des « grandes personnes » qui débattaient des valeurs respectives de la lecture et du cinéma. Pour ma part, je n’ai jamais hiérarchisé ces deux modes d’expression artistiques. Il y a des chefs d’œuvre dans les deux camps et des livres qui ne méritaient pas d’être lus tout comme des films qui ne méritaient pas d’être vus.

Aujourd’hui, de nombreux films sont des adaptations de romans et l’on pourrait se demander si le cinéma n’est pas en fait un prolongement du livre. Je ne le pense pas, car tous les films ne sont pas extraits de romans et aussi parce que je pense que, d’une certaine manière, le cinéma influence aussi la littérature.

Je me souviens avoir eu un éclair il y a peut-être 20 ans, peut-être un peu moins, à l’occasion d’une exposition sur Georges Méliès. J’avais alors été frappé par le fait que son art avait été très peu influencé par la littérature et beaucoup plus par le cirque, le cabaret et la prestidigitation. Plus récemment, en lisant les mémoires de Raoul Walsh , j’ai compris combien le Wild West Show de Buffalo Bill avait pu compter dans la genèse du cinéma américain.

Tout ça pour introduire les évolutions de la rubrique cinéma sur le blog. J’ai enfin réussi à virer le fameux menu déroulant au physique si peu sexy dans lequel personne ne s’aventurait jamais. Les critiques de films ont été raccrochées aux catégories de livres lorsqu’elles en étaient l’adaptation directe et au nuage d’étiquettes pour les autres.

Le devenir des « critiques de cinéma » sur ce blog, est similaire à celui des histoires de « Georges » : un fort rayonnement puis une extinction pour laisser place à autre chose. Pourquoi ? Je ne sais pas, c’est le sens de l’Histoire, une sorte de e-darwinisme.

Ceci dit, je suis le genre de mec qui a du mal à couper complètement les ponts. J’ai hésité, j’étais disposé à faire disparaître toute référence à une rubrique cinéma quand je suis tombé sur les westerns. J’adore les westerns et ne plus savoir où sont les critiques, ne plus pouvoir les retrouver quand j’aurai oublié leur nom…vraiment, ce n’était pas possible. Donc, à l’instar de ce que j’avais fait pour « Georges », j’ai créé une page « mes films » avec les critiques de films que les habitués pourront retrouver dans le pavé de droite juste au-dessus de ma photo. Le classement est toujours inspiré de celui d’Allociné.

Je pense beaucoup au visiteur qui va passer ses journées sur mon blog. Google Analytics a achevé de me convaincre qu’il n’existait pas, mais plus les preuves de son inexistence s’accumulent, plus je pense à lui.

Edou@rd

La rentrée « jet d’encre »

Je ne sais pas pourquoi, je sens que j’ai été bien inspiré en rebaptisant mon blog l’année dernière. Tout le monde sait aujourd’hui qui était le général Lee historique et de moins en moins de personnes se souviennent de la voiture des frères Duke.

Comme expliqué dans un précédent post, la découverte de Google Analytics m’a non seulement permis de retrouver une visibilité sur les articles consultés, mais m’a aussi permis de faire la part des choses entre les simples clics et les vraies lectures.

Il m’a permis de voir aussi d’autres activités sur le Blog dont je ne soupçonnais pas l’existence. Ainsi, j’ai eu la surprise de voir que la rubrique « histoire d’un blog » était lue, ce qui m’a incité à la toiletter un peu.  Je continuerai bien entendu à l’entretenir . J’ai vu qu’il y avait beaucoup de nouveaux arrivants sur le blog et qu’il fallait que je fasse un effort pour le rendre lisible.

J’ai vu aussi avec émotion que des visiteurs avaient entré le mot « Georges » dans le moteur de recherche en haut à droite. C’est vrai que je l’ai beaucoup délaissé ces derniers temps, le pauvre. Ces aventures étaient noyées dans les différentes rubriques. Pour ceux qui voudraient retrouver ses aventures et ceux qui voudraient les découvrir. J’ai créé une page juste au-dessus de « blog à part » (ex « histoire d’un blog ») intitulé « du côté de chez Georges » qui permet d’y accéder plus facilement.

J’ai réalisé que la dichotomie entre « coin de l’auteur »et « coin du critique » était un peu compliquée et largement faussée par le fait qu’il y avait beaucoup de critiques de livres dans le « coin de l’auteur ». Il devient « Raconter l’humain, l’espace et le temps » : l’objectif poursuivi par les différentes sous-rubriques.

« Le coin du critique » est maintenant bien séparé entre « Livres » et « ciné critiques ».

Cela faisait longtemps que je souhaitais que « jet d’encre » soit aussi pour le visiteur une petite bibliothèque dans laquelle il pouvait trouver des idées de lecture. Le fait que les critiques de livres soient noyées tout au fond d’un menu déroulant n’aidait pas le visiteur à trouver son bonheur et même à savoir qu’il pouvait le trouver. L’arborescence des livres sur la colonne de droite est maintenant bien visible.

Les critiques de cinéma sont toujours accessibles par un menu déroulant. Dans la mesure où cette rubrique n’est quasiment plus nourrie, je la fais discrète en attendant de trouver un contributeur (une contributrice) qui voudra bien reprendre le bébé. Moi, ça me prend trop de temps de faire en plus le ciné. Avant, je ne sais pas où je trouvais le temps.

Certains aventuriers découvriront peut-être qu’en allant tout au fond des critiques de ciné, on retrouve aussi les livres. Pour être franc, je n’ai pas encore trouvé le moyen de les faire disparaître sans affecter l’arborescence des livres placée au-dessus. Je cherche…si quelqu’un sait comment je peux faire, je suis preneur.

Edou@rd

Une illusion Facebook

Sur Facebook, nombreuses sont les personnes qui publient leur production littéraire et artistique, espérant y trouver une forme de reconnaissance.

Moi-même, j’ai pensé, certainement comme beaucoup d’autres, qu’en augmentant le nombre d’ « amis FB », j’augmenterai le nombre de lecteurs de posts publiés sur mon blog et diffusés sur FB, d’autant plus que je ne suis en mesure de maintenir la cadence de production que j’avais il y a encore deux ans.  C’est comme ça qu’en acceptant très largement les demandes d’ « amitiés » que je me suis retrouvé avec 2054 amis FB. À noter tout de même que j’ai perdu 17 « amis » en un mois, soit un ou deux qui partent à chaque fois que je m’insurge contre les fachos et les islamistes.

Assez rapidement, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas une corrélation exacte entre le nombre d’amis FB et le nombre de lecteurs pour chaque article publié sur FB. Tout de même, il y avait une correspondance qui n’était pas nulle, en témoignaient les « like », les réactions sur mon mur et un certain nombre d’échanges sympathiques avec des inconnus. Bref, avec le temps, j’ai eu tendance à imaginer FB comme le principal organe de diffusion de ma production blogueuse et que sans Marc Zuckerberg, je n’étais plus personne.

J’aurais pu en rester là longtemps, d’autant plus que mon profil administrateur sur « le monde » ne me donnait aucune indication sur l’origine des connexions. Toutefois, la semaine dernière, mon profil « administrateur » m’invitait sans équivoque à relier mon blog à Google Analytics. J’ai eu un peu de mal à trouver, mais j’ai fini par y arriver (aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de vivre sans compte GMAIL).

C’est en effet un très bel outil qui permet en particulier d’avoir une visibilité sur les articles consultés, sur l’origine informatique des connexions (connexions directes, réseaux sociaux, recherche google…), sur les supports informatiques utilisés par les visiteurs (ordinateur, tablette, téléphone portable) ainsi que sur l’origine géographique (pays, villes) des personnes connectées. Enfin, cette application permet d’avoir une visibilité en direct des connexions.

Il se trouve que j’ai eu 124 connexions hier depuis une dizaine de pays répartis sur plusieurs continents (ça ne m’arrive pas tous les jours) suite à la publication d’un article hier matin. 90 connexions étaient relatives à l’article publié. Sur ces 124 connexions, 2 seulement provenaient de FB dont une, je pense, correspondait au « like » de ma cousine Mathilde que j’embrasse à l’occasion. Rendons à Facebook ce qui appartient à Facebook.

Je précise que je n’ai pas d’action « Google » et que je n’ai rien contre Marc Zuckerberg ni contre Facebook où je continuerai à diffuser mes posts de blog.

Édouard

Religion et obscurantisme en France

Bon, au début c’est simple, il y a eu les Lumières qui ont annoncé la Révolution française et qui dit lumière, dit obscurité. L’obscurité, c’est ce que croyait tout le monde à l’époque, la religion catholique.

– Mais dis-moi, grand-père, les juifs, les musulmans…

– Les juifs, ils n’étaient pas nombreux. Les musulmans, tout le monde les avait oubliés. Il y a bien eu « les lettres persanes »,  mais ça restait une croyance lointaine, un peu magique.  Au XIXe, pour que la république s’installe, il a fallu valoriser la révolution et rien de plus efficace que de noircir l’obscurité. C’est comme ça qu’on est arrivé à la séparation de l’Église et de l’État en 1905. Au XIXe, on a aussi retrouvé les musulmans dans les colonies. On parlait surtout d’ « indigènes » à l’époque et on se préoccupait pas trop de leurs croyances. Il fallait les civiliser de toute façon. Et puis, dans les années 30, il y a eu le nazisme.

– L’idéologie nazie, c’était bien une idéologie athée ?

– Oui, mais comme  c’était des ennemis, on a un peu noyé le poisson. Pétain était catholique et le pape a eu une position un peu ambigüe alors, en chargeant la face démoniaque du petit moustachu pour faire oublier l’idéologie, ça pouvait le faire. Après la guerre, beaucoup de Français ont tourné le dos à l’Église catholique en particulier sous l’influence du communisme.

– Une idéologie athée aussi le communisme ?

– Oui, les intellectuels français les aimaient bien, ils y voyaient du vrai bon athéisme. Marx était d’ailleurs un grand admirateur de la Révolution française et de la Commune de Paris. Alors, quand Staline et Mao ont commencé leurs massacres, ils étaient gênés, ils ont préféré se voiler la face. C’est en partie sous l’influence du communisme aussi que les colonies ont pris leur indépendance. C’est comme ça que beaucoup d’indigènes des peuples libérés sont arrivés en France avec leur religion. On les a appelé « les immigrés ».

– Et leur religion, elle était obscurantiste comme celle des catholiques ?

– Euh…la France avait surtout besoin de bras à l’époque, on reconstruisait le pays. Leur religion, on n’y pensait pas. Après la guerre, la France s’est beaucoup modernisée, est devenue dépendante du pétrole et par là même, de pays producteurs musulmans. Avec la guerre froide, les Occidentaux ont fait des alliances avec des groupes musulmans radicaux pour s’opposer aux communistes qui étaient devenus nos ennemis. Ce sont ces groupes radicaux qui sont venus endoctriner les arrière-petits-enfants de nos indigènes avec l’argent du pétrole. Certains sont aujourd’hui devenu des terroristes.

– Ah, et c’est la raison pour laquelle on ne sait plus très bien dire aujourd’hui en France ce qui est obscur et ce qui ne l’est pas. Comment combattre l’obscurantisme religieux quand on ne sait pas faire la distinction entre religion et obscurantisme ?

– Ça, mon petit, c’est à ta génération de trouver la réponse. Good luck !

Édouard

Guernica

Il y a 5 ans, je m’engageais sur ce blog dans une recherche de l’identité culturelle européenne et me demandais ce qui pouvait faire le lien entre de grandes villes européennes telles que Paris, Londres, Berlin ou Barcelone. DAESH aura donné une réponse. Ce qui a fait le lien entre les Européens lors de la création de la CEE, c’était le souvenir de la Deuxième guerre mondiale. Ce sera le sentiment d’appartenance au bloc de l’ouest pendant la guerre froide pour la génération suivante. C’est aujourd’hui le terrorisme islamiste.
Plus précisément, c’est la revendication par DAESH de différents actes terroristes perpétrés sur le continent qui crée cette unité. Quand on regarde les attentats catalans, on se dit que la revendication par DAESH est le seul élément qui permet aujourd’hui d’attribuer la qualité d’ « islamistes » à ces actions.
On est loin du barbu salafiste brandissant un Coran et hurlant « allahu akbar » avant de se faire sauter en activant une ceinture d’explosifs. Aujourd’hui, le conducteur de la camionnette qui fonce dans la foule à Barcelone se barre (incroyable, j’aimerais bien qu’on m’explique…) et les terroristes de Cambrils avaient de fausses ceintures d’explosifs. Les médias parlent à juste titre de terrorisme « low cost ». Y a-t-il une crise budgétaire chez DAESH ? En est-elle réduite à un régime « bout de ficelle » ?
Seule la simultanéité des attaques laisse penser que ces actions ne sont probablement pas le fait de déséquilibrés isolés et qu’il y a une organisation derrière, un réseau à combattre sans relâche et qui ne peut être mené à bien qu’en accentuant la collaboration entre les forces de l’ordre européennes.
Je ne comprends pas ce qu’attend DAESH avec ces attentats. La résistance à la violence guerrière est au cœur de l’identité européenne. L’attaquer ne fera que renforcer cette identité, ne fera aussi que renforcer les institutions policières et militaires de l’Europe. Elles renforceront aussi la compassion internationale et ne pourront avoir un effet que ponctuellement dommageable sur le tourisme. Alors, une fois de plus, « arrêtez, non pas seulement parce qu’il s’agit d’innocents massacrés, mais parce que ces actions ne servent à rien ». Un gestionnaire de chez DAESH pourra me dire qu’elles ne coûtent plus très cher et que le ratio coût/investissement est préservé. Je ne pense pas, car ces actions qui semblent aujourd’hui désespérées ne font qu’accroître l’isolement de DAESH au sein même du monde musulman.
À côté de la violence guerrière, l’art est bien entendu un élément fondamental dans l’identité européenne. Certainement plus que le drapeau bleu aux douze étoiles, le tableau peint par Picasso en 1937 pourrait résumer l’identité européenne. Cet effroi général, ces hurlements, ces corps mutilés sont dans notre ADN et si nous faisons la fête, c’est bien pour essayer de ne pas y penser. J’invite tous les dirigeants de DAESH à regarder cette œuvre. Peut-être leur fera-t-elle comprendre la vacuité de leur action.
Édouard

L’enfance du sexe

Avoir beaucoup d’ « amis FB » a plusieurs intérêts. Cela permet en particulier d’avoir accès à des échanges que l’on n’aurait jamais eus si on avait limité la liste aux intimes. C’est comme ça que j’ai pu avoir connaissance d’une conversation qui fleurait bon le Houellebecq.

Le protagoniste principal relatait une expérience dans un camp naturiste qu’il jugeait peu concluante. Il faisait aussi part de sa gêne à se promener dans le plus simple appareil devant des enfants. Un commentateur qui, visiblement, le connaissait bien s’indignait que des mineurs puissent avoir accès à ce genre d’endroits.

Le « jouir sans entraves » des années 70, fondé sur une hétérosexualité libre encore très phallocrate ne considérait pas la pédophilie comme un réel problème. Nous sommes entrés aujourd’hui dans l’acceptation totale de la diversité des pratiques sexuelles entre adultes consentants, l’égalité des sexes et la prohibition de toute interférence entre la sexualité des adultes et celle des enfants. S’agissant de l’égalité des sexes, la loi Veil au milieu des années 70 aura été décisive. Concernant la pédophilie, de nombreux phénomènes peuvent expliquer ce revirement, mais l’horreur de l’affaire Dutroux dans les années 90 aura certainement servi d’accélérateur.

Dans ce contexte, la position de l’Église catholique, s’immisçant historiquement dans les pratiques sexuelles des adultes est fortement critiquée et cela d’autant plus quand s’y ajoutent des scandales pédophiles. La pédophilie n’est pas l’apanage de l’Église catholique et se rencontre dans tous les cercles dans lesquels des adultes sont amenés à côtoyer des enfants, y compris au sein des familles. Seulement, l’Église, comme toute religion, parle de morale sexuelle. Pour ce qui concerne l’islam, c’est la flagrante inégalité entre homme et femme dans les pays musulmans et l’intolérance de celle-ci vis-à-vis de l’homosexualité qui est décriée.

Ce qui reste aujourd’hui de l’esprit de 68, c’est peut-être cette volonté populaire de s’affranchir du religieux pour édicter sa propre morale sexuelle.

Dans ce contexte, l’homoparentalité reste un sujet complexe puisqu’il conjugue la liberté et l’égalité des droits des couples homosexuels et ceux de l’enfant. Y a-t-il un droit de l’enfant à avoir des parents de sexes opposés ? Certains l’affirment, d’autres soutiennent que le fait d’être élevé par deux parents de même sexe n’a pas d’impact sur le développement de l’enfant…on manque de recul. Ce qui est certain, c’est que l’homoparentalité bouscule le schéma traditionnel du couple prévu par les religions, mais aussi par l’Œdipe Freudien à la base de la psychanalyse qui, au regard de l’Histoire, aura été la première grande tentative de sécularisation sexuelle. Ceci dit, Freud a lui aussi été confronté au problème de l’homoparentalité puisque sa fille, Anna, élevait les enfants de sa compagne Dorothy Burlingam. Si Freud avait vécu 160 ans, il aurait certainement revu son Œdipe.

Une affaire à suivre…

Édouard

Pékin

– Rien n’est écrit en anglais ;

– C’est pas vrai autour des sites touristiques, dans les aéroports, dans les distributeurs automatiques… ;

– Les taxis ne parlent pas anglais ;

– C’est vrai quoique je pense que les jeunes chauffeurs parleront tous anglais d’ici quelques années. Pour prendre un taxi, il faut avoir un papier sur lequel l’adresse est écrite en mandarin ;

– Il est impossible de se déplacer dans Pékin pour un Occidental.

– Faux. Le métro de Pékin est très facile d’utilisation. Les noms des stations sont tous écrits en chinois et en Alphabet latin. Les écrans pour prendre les tickets ont aussi tous une interface en anglais. Ce dont il faut avoir conscience, c’est que Pékin est une ville immense et que l’écart entre deux stations de métro est dans le meilleur des cas comparable à celui existant à Paris entre deux stations de RER. Les métros sont très sûrs. On fait passer les sacs aux rayons X et si vous avez une bouteille d’eau, on vous fait signe d’en boire pour être certain que c’est bien de l’eau (si vous n’avez pas soif, buvez quand même).

On ne peut tout de même pas aller partout en métro et pour « la grande muraille », il faudra s’immiscer dans un groupe. Ensuite, c’est tout de même un autre univers culturel et il est bien de faire au moins une visite guidée : la cité interdite par exemple (il y a des guides francophones à Pékin qu’on peut prendre pour une ou plusieurs visites ponctuelles).

– Il est impossible de conduire.

– Vrai, à moins que vous soyez habitué à la conduite chinoise. La difficulté ne vient pas seulement du fait que tous les panneaux sont écrits en chinois, mais surtout que la conduite est « sportive » : on double par la droite, par la gauche…tout le monde veut être le premier. En observant en France le comportement des Chinois à la caisse dans les supérettes, vous aurez une idée de leur manière de conduire.

Bref, si vous êtes allergiques aux visites groupées et que vous faites le choix de visiter la ville seul, attendez-vous à avoir à surmonter un peu plus d’obstacles que dans une ville occidentale. Choisissez bien votre guide : très satisfait du « lonely planet » pour ma part, qui vous donnera des conseils précieux :

– Il y a beaucoup de toilettes publiques à Pékin, mais jamais de PQ à l’intérieur.

– Vrai !

Édouard

Patchword

L’écrivain est-il réellement le démiurge tout-puissant fantasmé par l’imaginaire collectif ?

À côté de l’auteur, il y a parfois un ou plusieurs nègres, un mentor, des relecteurs qui donnent des conseils plus ou moins avisés. Ensuite, il y a le dialogue avec l’éditeur qui entrave encore un peu plus la liberté de l’auteur. Enfin, il y a les lecteurs et les critiques qui s’approprient à leur façon l’ouvrage.

Bref, l’auteur démiurge prendra beaucoup de coups lorsqu’il sort de l’ombre et qu’un livre a par définition vocation à échapper à son auteur.

Le « patchword » va beaucoup plus loin. Vous ne trouverez pas le mot dans le dictionnaire puisqu’il a été adopté à l’unanimité par mon atelier d’écriture il y a quelques mois. Avec le « patchword », la multipaternité du roman est revendiquée d’emblée. Ce n’est pas un recueil de nouvelles, mais bien une intrigue unique avec des scènes rédigées par différents auteurs (une scène peut être elle aussi rédigée par plusieurs auteurs). La difficulté, vous l’aurez deviné, est de préserver la cohérence de l’ensemble tout en respectant le style et la spontanéité de chacun. Ce n’est pas forcément facile et c’est là tout l’intérêt de l’exercice. Merci aussi à l’informatique. Sans adresse collective gmail, sans « drive » et sans fichier Excel tenant à jour l’avancée du plan détaillé, l’entreprise n’aurait peut-être pas été possible.

Partis à 9, nous avons terminé à 6. Il faut aussi tenir compte d’un 7e élément indispensable : le modérateur (en l’occurrence, l’animatrice de l’atelier). Pas besoin d’être tous des Victor Hugo : tout le monde doit trouver sa place. Cependant, il est bon qu’un ou deux membres de l’atelier aient quelques connaissances techniques concernant la construction de l’intrigue.

Bref, l’objet final intitulé « meurtres cousus main » (le choix du titre n’a pas été une mince affaire et nous avons finalement opté pour le consensus mou) me semble pas trop mal, mais nous attendons avec impatience le retour des lecteurs. Nous ne sommes pas passés par un processus éditorial. Seulement une centaine d’exemplaires ont été tirés à compte d’auteur.

Si le concept vous intéresse, une lecture publique partielle de l’ouvrage sera effectuée

Le 13 juin à 19h00 à la librairie « la 25e heure », 8 place du général Beuret, Mo Vaugirard (ligne 12), Paris XVe

Édouard

L’énigme du chaos

90%, c’est le chiffre que je veux retenir pour ces élections. 90% des Parisiens ont voté Macron. La ville de France la plus meurtrie par les attentats islamistes n’a une fois de plus pas cédé au repli sur soi et la xénophobie. Loin de se laisser séduire par les sirènes de DEASH, la capitale a une fois de plus fait le choix de l’ouverture au monde. L’endoctrinement de jeunes paumés  pour les mener au suicide, les meurtres barbares de Parisiens et de touristes innocents, le coût de l’entretien des réseaux, du matériel, de l’endoctrinement…tout ça pour quels résultats ? Franchement, on se demande.

Pourquoi certaines initiatives humaines prospèrent alors que d’autres périclitent inexorablement ? Pourquoi Emmanuel Macron, inconnu il y a encore quatre ans, est devenu président de la République sans parti et sans jamais avoir été élu ?

C’est de la magie, c’est fascinant.

De même, on peut se demander pourquoi le Brexit n’a pas pris sur le continent, pourquoi il n’a pas entraîné un effondrement de l’Union européenne, tout comme la Révolution française qui avait en son temps boulversé l’Europe du XIXe. On peut toujours avancer des explications, dire que l’Angleterre est une île, que sa position au sein de l’institution était déjà tellement marginale qu’elle ne pouvait contaminer personne en décidant de quitter l’Union. On pourrait dire aussi que sa blessure d’empire d’échu  s’est moins bien cicatrisée que celle d’autres États continentaux comme la France, l’Autriche, l’Espagne et bien entendu l’Allemagne. On pourrait ajouter que les Anglais devaient quitter l’Union européenne pour prendre conscience que cette dernière, contrairement à ce que voulaient leur faire croire leurs dirigeants, n’était pas la cause de tous leurs maux, pour qu’ils prennent vraiment conscience de leur identité et de leur place dans Le Monde. Mais bon, il restera toujours une part de mystère.

Dans 100 ans, l’être humain sera gouverné par des machines qui auront traduit en logarithme  toutes ses pensées, tous ses actes, et satisferont tous ses désirs sans même qu’il prenne le temps de les exprimer. Tout acte aura un effet certain et le mot « surprise » disparaîtra du langage commun. L’homme perdra son humanité à mesure qu’il montera dans l’échelle sociale et sombrera dans l’ennui découlant de l’accès aux très hautes technologies. Ce sera la fin du monde puisque ce que nous appelons ainsi n’aura jamais rien été d’autre que la fin de l’être humain.

En attendant….

Édouard

Les blancs préfèrent la blonde

Aujourd’hui, en parcourant ma page Facebook, je comprends comment Hitler a pu arriver au pouvoir dans une Allemagne exsangue, gangrénée par un taux de chômage ahurissant, humiliée par la défaite de 1918 et par le dictat du traité de Versailles. Une victime expiatoire symbolisant la finance internationale de l’époque fût désignée : le juif.

Les nazis ont misé sur la détresse des plus démunis, de tous ceux qui n’avaient plus rien à perdre, de ceux dont ils feignaient de s’occuper, à qui ils souriaient, qu’ils rassuraient. C’était ça aussi le nazisme, pas seulement les chambres à gaz.

Les responsables de la montée du nazisme, c’est aussi l’arrogance des gagnants du 11 novembre dans une mondialisation en cours de construction que tout le monde subissait sans comprendre et que les nazis associèrent à un bouc émissaire bien connu. Son identification n’était pas simple : qu’à cela ne tienne, on lui mit une étoile jaune.

La situation n’est bien entendu pas tout à fait la même, mais il y a des similitudes. L’idéologie du FN tout d’abord qui reste originellement proche des thèses du National socialisme malgré tous les efforts de Florien Philippot pour le masquer. Ensuite, un chômage de masse qui ne dégonfle pas. Pas de guerre perdue pour la France, mais une rigueur Européenne que beaucoup voient comme un traité de Versailles. Et aussi, une finance internationale de plus en plus puissante dans une mondialisation emballée. Un personnage, jeune et brillant tel qu’Emmanuel Macron, ne peut que susciter la haine et la jalousie des laissés pour compte. La bataille ne se gagnera pas sur l’intelligence et la raison, mais sur la capacité des candidats à parler au cœur des Français. Marine Le Pen à une longueur d’avance, parce que cela fait des décennies que le FN peaufine ses armes et aussi parce que c’est une femme. Emmanuel Macron devra aller la chercher sur son terrain. Il est jeune et moins expérimenté en politique, mais heureusement très entouré. Et puis, le nom de la candidate et sa ressemblance physique avec une icône de tout ce que la France rejette ne joueront pas pour elle.

En attendant, tous les partisans du vote blanc, nul ou de l’abstention, contribuent aux intérêts de Marine Le Pen. J’espère qu’il y a encore assez de personnes sensées dans ce pays pour faire barrage au FN. Beaucoup d’abstentionnistes comptent sur eux, comme des enfants qui pensent qu’il y aura toujours des grandes personnes pour réparer les bêtises. Chaque vote blanc, nul et chaque abstention du FN creuseront l’écart entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, car s’il y a une chose qui est certaine, c’est que les électeurs du Front National ne s’abstiendront pas et glisseront bien un bulletin « Marine Le Pen » dans l’urne.

Une victoire 70/30 de Macron ne serait pas du tout la même chose qu’une victoire 55/45, qui permettrait au FN d’aborder avec le sourire les législatives. Une marrée bleue-marine à l’assemblée ferait une fois de plus penser à l’arrivée de la marée brune au Reichstag.

Il est encore temps…

Édouard