L’ami Bernard s’est un peu fourvoyé dans cette pseudo-autobiographie.
Il a ingurgité des milliers de livres, il a posé des dizaines de milliers de questions.
Ici, il raconte sa maladie qu’il appelle ‘questionnite’.
Sous le pseudonyme de Adam Hitch, il évoque son enfance, ses études, ses débuts dans le journalisme, ses succès à la télévision (l’émission Apartés), ses amours multiples, ses défaites, son vieillissement.
J’ai trouvé plutôt agaçante sa manière de taper sur le clou, surtout avec ses nombreuses conquêtes féminines.
D’accord, il ‘agit d’un roman. Dans un roman, on peut raconter ses fantasmes. Mais pour la profondeur psychologique, le lecteur reste sur sa faim.
Comme tel autre académicien (un immortel aux yeux bleus), Bernard Pivot semble mal vieillir.
Il nous doit une revanche.
Amitiés radoteuses,
Guy
Bernard Pivot – Pocket – 249 p.
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Jean Servettaz a été foudroyé aux Drus. Son fils, Pierre, part le chercher, se casse la figure et le crâne, survit, mais ne pourra jamais refaire de l’alpinisme, car il a des vertiges. Il sombre d’abord dans la mauvaise humeur et l’alcoolisme, fini par se confier à ses amis qui le requinquent (à coup de blanc) et avec un autre (celui qui avait ramené le client du père lors de l’orage) qui est estropié des pieds réussi à vaincre sa peur, son vertige et « la Verte par la face nord ». Entre temps, le corps du père avait été ramené par une autre cordée de sauveteurs. Une belle histoire de courage qui se finit bien. Mais que de drames avant d’arriver à la fin !
Ce livre m’avait enthousiasmée… il y a 50 ans. J’ai dû mal vieillir, car cette fois j’ai vu toutes les ficelles des bons sentiments, la morale castratrice et les décors plus enluminés que nécessaire. Tous les sommets nous sont cités un par un avec leur nom et leurs caractéristiques. Un vrai dépliant touristique ! Tout le matériel, toutes les escarmouches et autres pièges des ascensions, aussi. Quelle corrida !
Comme tous les passionnés par son sujet, M. Frison Roche nous saoule de mots et ne sait pas se mettre à la portée du lecteur commun. Il est vrai, aussi, que son livre est devenu une lecture pour la jeunesse.
J’ai bien aimé (quand même…) la transhumance des petites vaches de montagne qui m’a rappelé les petites vaches catalanes, nerveuses et au mauvais caractère, tenant plus du taurillon que de la pisseuse de lait confortable. Elles aussi s’élisent une « miss » pour les guider après un combat épique que j’ai suivi sans sauter une ligne et où j’ai souffert à chaque coup de corne. Dur, dur d’être la Reine du troupeau !
Pas étonnant que je refuse d’être le « chef de la meute ». J’ai horreur des efforts inutiles et de la neige.
La Martine essoufflée
FRISON ROCHE Roger
Arthaud, 1963, 319 p.
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On lit à la page 61 ‘Où l’on vient enfin à la première des scènes pour lesquelles tu as acheté ce livre, cher et hypocrite lecteur’. Il déclarait à la première page ‘Je n’ai rien contre les catholiques. Au contraire’.
Il présente son opuscule (non, ce n’est pas un gros mot) comme une réaction contre une pensée totalitaire qui asservit les humains. En foi de quoi il séduit tout ce qui porte une jupe et/ou une petite culotte.
Son pèlerinage tient du marathon sexuel.
C’est totalement et volontairement amoral et irrespectueux et par moments hilarant.
Ces dames et demoiselles en ont, si j’ose dire, sous la pédale.
J’ai une affection particulière pour Muriel, abandonnée par son vétérinaire de mari, qui retrouve Étienne à Bazas.
Elle arrive à lui faire promettre de faire le pèlerinage ‘pour de vrai’. Nom de dieu, c’est lui qui l’écrit.
Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Quoi que…
Amitiés fricoteuses,
Guy.
Etiennne Liebig – La Musardine – 224 p.
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« La foudre m’a frappée toute ma vie. Mais une seule fois pour de vrai. »
« Dans les années 1810, à Lume Regis, sur la côte du Dorser battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » qui remettent en question les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte à la communauté scientifique, exclusivement composée d’hommes. Elle trouve une alliée en Elizabeth Philpot, vieille fille intelligente et acerbe qui l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double de rivalité, elle reste, face à l’hostilité générale, leur meilleure arme. »
Avant d’écrire un livre, cette auteur part d’un fait réel et se documente à fond sur son sujet. C’est ce que j’aime en plus de son écriture fluide, dynamique, avec quelques mots savants ou techniques, mais toujours expliqués. L’auteur ne nous saoule jamais de paroles ou de mots inutiles.
Les deux premiers livres que j’ai lus abordaient des sujets que j’aimais. Je ne peux en dire autant pour les fossiles, ces vieilles choses plus ou moins uniformes, voire informes et souvent tronquées. Difficile pour moi d’imaginer que ce furent ces êtres vivants. Et pourtant cette histoire m’a encore passionnée. Il faut dire que la vie des femmes au XIXe siècle, les castes, les préceptes, la religion très peu éclairée par le « siècle des Lumières » meublent aussi richement l’histoire que celle des fossiles.
Un livre à lire jusqu’à la page des remerciements.
La Martine
CHEVALIER Tracy
Folio, 2013 (2009), 419 p.
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« Ce roman-là, tous les Japonais le connaissent par cœur. Dans l’œuvre abondante de Yasushi Inoué, c’est sans doute le plus frais, le plus charmeur. Très largement autobiographique, il raconte l’enfance au début du siècle d’un petit garçon qui s’appelait Kôsaku. Comme Inoué, lui-même, il grandit non pas auprès de ses parents, mais de la maîtresse de son arrière-grand-père, une ancienne geisha. Entre le petit garçon et la vieille femme se tisse une relation toute de tendresse, une complicité un peu féerique, présentée sous forme d’une série d’exquis petits tableaux naïfs aux couleurs vives. »
Où sont passées les lucioles (Shirobamba) de mon enfance !
Bien sûr qu’il y a des différences entre un petit Japonais et un petit français. Ils ne mangent pas les mêmes sucreries, n’ont pas les mêmes mœurs, croyances, habitudes, etc. Mais il n’en reste pas moins qu’un enfant gâté par sa grand-mère est un enfant capricieux, boudeur, geignard, têtu, naïf, mais si attendrissant où qu’il vive.
Dans ce roman j’ai retrouvé ma prime jeunesse dans les années 50/60. Nous aussi nous jouions dehors, un rien nous amusait, nous étions plus prés de la nature et nous n’hésitions pas à faire des kilomètres à pieds pour aller nous baigner ou, tout simplement, pour aller à l’école, seulement accompagnés par les copains et les copines. Tout le monde se connaissait, ce qui fait que nos parents étaient prévenus de nos bêtises avant notre retour.
Autres temps, autres mœurs !
Je n’ai, bien entendu, pas fait la différence entre les noms des gens ou des villages, mais j’ai reconnu l’ambiance. Quant aux noms des aliments, ils étaient traduits et expliqués. N’est-ce pas le principal ?
Un livre qui m’a rendue nostalgique, mais il est si bien écrit que j’en ai souri tendrement.
La Martine émue
YASUSHI Inoué
Denoël Folio, 1991 (1962), 249 p.
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La jeunesse du narrateur chez ses grands-parents en Normandie rythmée par les promenades allant pour l’une d’elles du côté de chez Swann et pour l’autre du côté de Guermantes.
Il est recommandé, comme pour la Bible, de ne pas commencer la lecture d’«A la recherche du temps perdu » sans connaître un minimum l’histoire. Les 300 pages introductives de la collection bouquin en rebuteront plus d’un, mais je ne regrette pas leur lecture.
Je vois deux raisons qui justifient ce travail préparatoire. La première vient du fait que le déroulement de l’intrigue est tellement lent qu’on s’amuse à relever les minuscules indices qui nous font comprendre qu’au milieu de l’immuable, il y a quand même des choses qui bougent. La seconde raison s’inscrit en miroir de la première. Comme chacun sait, la force de la Recherche ne vient pas de l’intrigue, mais de la puissance évocatrice de l’auteur et la plupart du temps, on se laisse bercer par les phrases. Connaître l’histoire, c’est permettre aux warnings de notre inconscient de s’éclairer au bon moment.
Le décor est planté : le baiser du soir; la madeleine; l’extrême sensibilité du narrateur; sa fascination pour sa mère; ses interrogations sur Charles Swann et sur sa mystérieuse épouse dont le prénom n’est même pas cité; l’attirance de l’auteur pour Gilberte Swann, la fille de Charles. Les grands thèmes autour desquels l’œuvre se structurera se mettent en place autour de personnages qui prendront de l’importance par la suite : la musique avec Vinteuil ; l’écriture avec Bergotte; le snobisme avec Legrandin; l’homosexualité avec la fille de Vinteuil; le Monde avec l’ombre des Guermantes.
C’est l’accès à ce Monde qui, peut-être encore plus qu’à celui de l’écriture, fait rêver le narrateur. La vision de la duchesse de Guermantes à l’église est pour lui l’apparition quasi divine d’un univers qu’il n’avait jusque-là imaginé que par le biais d’un vitrail, de sa Lanterne magique et d’un Nom auquel il attribuait des pouvoirs magiques. Les Guermantes sont pour lui l’incarnation d’un idéal médiéval et chevaleresque fantasmé, celui-là même qu’on peint les préraphaélites et qui s’épanouit aujourd’hui dans l’héroïc fantasy.
Le fil conducteur de la Recherche est une réflexion de l’auteur sur la naissance de sa vocation d’écrivain. Combray, qui ouvre cette quête, n’est pas tant un recueil de souvenirs d’enfance qu’un regard rétrospectif de l’auteur sur ses jeunes années. Ainsi, certaines scènes semblent teintées d’impressions que l’on imagine plus dans la tête d’un adulte que dans celle d’un enfant. Les dernières pages de Combray sont à cet effet d’une extraordinaire beauté. La tranche de vie se referme, sa vision s’estompe, se brouille, comme si la magie de la boule de cristal à travers laquelle le narrateur regardait son passé perdait petit à petit de sa puissance.
Que vont devenir ses émerveillements d’enfant lorsque le narrateur vieillira ? Nous le saurons en lisant les autres volumes d’« A la recherche du temps perdu ».
2-Un amour de Swann
Si Charles Swann est devenu un habitué du salon de madame Verdurin, ce n’est pas parce que cet univers étriqué et hypocrite lui plaît, mais parce qu’il peut y rencontrer la sulfureuse Odette de Crécy.
Je ne relirai pas tout de suite « un amour de Swann » lu il y a déjà 5 ou 6 ans. À l’époque, je ne faisais pas encore de critiques, mais je faisais déjà mes trajets quotidiens en RER. Comme j’étais généralement au milieu d’une des interminables phrases proustiennes au moment de l’arrivée en gare, je m’asseyais quelques instants sur le quai pour pouvoir la terminer.
Un amour de Swann, deuxième partie de « du côté de chez Swann », annoncé à la fin de « Combray », décrit une période antérieure à celle de la naissance du narrateur.
Odette de Crécy, la fameuse épouse de Charles Swann, honnie par la famille du narrateur, dont il était question dans le premier volume, est aussi la mère de Gilberte vers laquelle le narrateur est attiré, en particulier du fait des relations qu’elle entretient avec l’écrivain Bergotte.
Ce que je retiens d’ « un amour de Swann », c’est donc tout d’abord un très bon souvenir, une finesse dans la description intérieure des personnages, beaucoup d’humour et une satire de la mesquinerie des petits cercles mondains.
J’ai oublié la trame précise des aventures amoureuses de Charles et d’Odette, mais je me souviens qu’elle lui en faisait baver. C’est avec « un amour de Swann » que j’ai découvert le qualificatif de « demi-mondaine » attribué à Odette et qu’on pourrait aujourd’hui traduire par « poule de luxe ». Je me souviens de l’expression « faire Catleya » qu’ils utilisaient pour dire « faire l’amour » ainsi que de la sonate de Vinteuil qui avait une signification particulière pour eux, mais je ne sais plus laquelle.
Je me souviens aussi de l’adjectif « ennuyeux » utilisé par madame Verdurin pour parler des happy few qui avaient accès au cercle plus huppé des Guermantes et dont elle ne faisait bien entendu pas partie.
Mais le personnage qui m’avait le plus marqué et auquel je continue à penser souvent, c’est le docteur Cottard, ce sombre Crétin qui cache sa stupidité derrière un masque énigmatique et des sourires entendus. Ah, j’en ai rencontré un certain nombre de docteurs Cottard depuis six ans, et quelque chose me dit que je n’ai pas fini d’en rencontrer.
Bref, je garde une image précise, presque photographique du petit cercle même si j’ai presque tout oublié. Mais l’essentiel, n’est-ce pas ce qui reste quand on a tout oublié ?
3- Nom de pays : Le nom
Le narrateur tente de conquérir le cœur de Gilberte Swann.
Troisième et dernier volet de « du côté de chez Swann ». Partie très courte qui s’apparente à une grande nouvelle. Celle-ci s’ouvre sur Balbec, un lieu incertain comme dirait Fred Fargas, battu par la mère et par les vents que Proust situe à la fois dans le Finistère et en Normandie. De deux choses l’une, soit il brouille volontairement les cartes, soit il a une vision très extensive de la Normandie. Je ne me souviens plus de ce qui était dit dans l’introduction à son sujet, toujours est-il que la tempête finit par se calmer et les nuages s’écartent sur le quotidien parisien du narrateur qui réussi à approcher Gilberte et avec laquelle il joue tous les jours aux Champs-Élysées avec un groupe d’amies. Le narrateur se fait beaucoup de nœuds au cerveau et on sent que Gilberte va en faire ce qu’elle veut. Quel âge a-t-il ? Je lui donnerai 12, 13 ans, mais avec Marcel, allez savoir…peut être qu’il en a 8, peut être qu’il en a 25. Ce passage m’a en tout cas beaucoup fait penser au court métrage « l’amour à 20 ans » de Truffaut avec Jean-Pierre Léaud.
On retrouve aussi Charles Swann. Une certaine distance semble s’être installée avec la famille du narrateur. On ne sait pas exactement pourquoi, mais l’une des causes, si ce n’est la cause principale est Odette, son épouse. C’est d’ailleurs sur elle que commence à se refermer la nouvelle. La lecture d’ « à l’ombre des jeunes filles en fleurs » me donnera certainement les éclairages qui vont bien.
Tout ça laisse une impression étrange, une impression de distorsion entre l’espace et le temps. Ce n’est pas pour rien que certains ont comparé Proust à Einstein.
Edouard
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Il y avait un film de Chabrol qui s’appelait Betty, d’après le roman de Simenon avec Marie Trintignant dont je ne me souviens plus très bien, mais j’avais bien aimé. Cette Bettý n’a rien à voir, elle est Islandaise (d’où le « ý » que j’ai eu un peu de mal à trouver sur Word) et sort de l’imagination d’Arnaldur Indridason.
J’avais voulu voir ce qu’il était capable de faire en dehors des enquêtes d’Erlendur et je n’ai pas été déçu du voyage. J’ai été aussi attiré par la photo de couverture en noir et blanc chez points. Une femme allongée sur le dos, vue en contre-plongée, une cigarette allumée dans la bouche. La chemise est ouverte et ses bras sont relevés au-dessus de sa tête. Sous un de ses yeux clos, une tâche étrange. En dehors de la chemise, elle ne porte rien, mais son corps n’est qu’une esquisse vaporeuse de laquelle se dégage à peine la courbe des seins.
Que les fans d’Indridason se rassurent, on retrouve les dadas de l’auteur et même une référence à Erlendur au détour d’une phrase. Toujours cette obsession pour les disparitions et les accidents maquillés. Il faut dire qu’avec tous ces volcans et ses gorges tapissées d’aiguilles de lave refroidies, il doit être tentant pour un tueur d’y pousser ni vu ni connu sa victime.
Le texte est beau et l’écriture très noire, assez chaude aussi. En même temps, une histoire de femme fatale sans érotisme, c’est un peu euh…comme un lapin sans oreilles.
Une femme fatale, c’est une femme qui dispose d’un pouvoir de séduction démesuré, un pouvoir quasi surnaturel sur les hommes et souvent aussi sur les femmes. Un pouvoir avec lequel elle dévore le monde, mais un pouvoir qui la dévore aussi. Souvent, les pouvoirs de la femme fatale sont trop grands pour elle, elle n’arrive à les maîtriser que par intermittence. Le reste du temps, ils la dépassent. Bettý se débrouille pas trop mal. Comme dans la bouche de toutes les femmes fatales, le mot « vérité » n’a aucun sens dans la bouche de Bettý. Ses paroles, comme tout le reste, ne sont que des charmes évanescents, un chaos sans autre logique que celle de l’instant. Ses victimes, lorsqu’elles ne meurent pas, sont, comme il se doit, tellement fascinées par son aura qu’elles ne peuvent la haïr. Jusqu’à leur dernier souffle, elles se persuaderont que derrière ce masque maléfique, se cache un petit animal effarouché et prisonnier d’une méchante sorcière qu’ils sont seuls à pouvoir libérer. Et moi, pauvre diable, je tombe toujours dans le panneau . Je ne peux me résoudre à l’existence de la méchanceté pure, je me dis que ce n’est pas possible, qu’il doit forcément y avoir une explication.
Les sirènes, Circé, Lilith, Salomé, Morgane, Mata Hari , Jessica Rabbit, Bettý…Indridason se pose en digne maillon de cette chaîne qui prend sa source dans les tréfonds de l’humanité et qui, espérons-le, ne cessera jamais de s’allonger.
Edouard
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Un agent littéraire londonien reçoit un beau jour un manuscrit intitulé ‘Pitié, ô hommes, pour la vierge’.
Le contenu, scabreux, raconte les amours d’un tout jeune homme avec une vieille dame.
L’auteur veut à tout prix rester anonyme. Qu’à cela ne tienne, on lui trouve un prête-nom, dénommé Peter Piper. Cet écrivain médiocre, vieux garçon refoulé, se fait un peu prier, mais finit par accepter la tournée de promotion aux États-Unis de ‘son’ livre.
Arnaques, embrouilles, mensonges, incendies, destructions diverses, l’auteur tire au bazooka sur tout ce qui bouge.
J’ai rarement autant ri, livre en main.
Une bonne pinte de folie.
Amitiés déjantées,
Guy.
Tom Sharpe – Folio – 377 p.
Tom Sharpe est décédé récemment.
Grâces lui soient rendues.
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Comme dirait notre ami Guy : « Les tranches de vie, en apparence anodine, donnent au lecteur un sentiment de bien-être. »
C’est ce que j’ai ressenti tout au long du livre
Un paragraphe pour Franck, un paragraphe pour Louise. Nous apprenons par petites touches ce qu’il leur est arrivé. Et puis les paragraphes se rejoignent, tout à fait par hasard, dans la ferme familiale.
Franck n’avait pas vu ses parents depuis 10 ans et avait à peine entraperçu sa belle sœur à l’enterrement de son frère, Alexandre.
Louise est belle, mais Franck ne peut pas « tromper » son frère, omniprésent.
« Ne pas pouvoir s’aimer, c’est peut-être plus fort que s’aimer vraiment. »
La nature tient aussi beaucoup de place et puis… il y a le petit Alexandre, le fils de Louise…
Ces deux-là se sont reconnus tout de suite par leur mal-être et se jurent de ne pas se faire du mal. Ils s’apprivoisent petit à petit. Ils renouent avec leur passé et nous disent ce qu’ils ont loupé.
La fin du roman nous laisse un espoir. Il n’est jamais trop tard pour réinventer sa vie.
Un livre très reposant, une bouffée d’oxygène… Ouf !!!
La Martine
JONCOUR Serge
Flammarion, 2012, 320 p.
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Dell, le narrateur, et Berner, sa sœur jumelle, sont âgés de 15 ans quand leur père se met en tête de braquer une banque, accompagné par leur mère.
Dans une famille sans histoire, où l’amour circule plutôt positivement, l’arrestation des parents donnera un coup d’arrêt à l’insouciance des deux adolescents.
Elle fugue, et lui passe la frontière canadienne en compagnie d’une amie de leur mère.
Il entrera au service d’un certain Arthur, dont le passé américain est pour le moins nébuleux.
Un roman américain exceptionnel, dans la veine des touts grands. Plus velouté que Jim Harrisson, moins cynique que Philip Roth, moins baroque que John Irving ,Richard Ford traîne un passé de semi-délinquant qui lui donne la lucidité nécessaire pour décrire le passage vers la vie adulte.
Un travail d’orfèvre, dans un livre où tout sonne vrai.
Amitiés passionnées,
Guy
Éditions de l’Olivier – 478 p.
Richard Ford
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